©Paul Sanders

Le chef-d’œuvre de 1982 Blade Runner en ciné-concert à Paris

Le 21 mars prochain à 20h, le Palais des Con­grès de Paris dif­fusera Blade Run­ner en ciné-concert. Réal­isé par Rid­ley Scott en 1982, ce clas­sique de la science-fiction doit notam­ment son titre de chef-d’œuvre au com­pos­i­teur de sa bande orig­i­nale : Van­ge­lis. Pour l’oc­ca­sion, elle sera inter­prétée par les douze musi­ciens aus­traliens du Avex Ensem­ble sur la ver­sion final cut de 2007 (restau­rée) et sous-titrée du film. Adap­té du livre de Philip K. Dick inti­t­ulé Do Androids Dream Of Elec­tric Sheep, le film Blade Run­ner racon­te l’his­toire de Rick Deckard (Har­ri­son Ford), homme engagé pour tra­quer les Repli­cants, esclaves androïdes dont l’ap­parence est sim­i­laire à celle des humains. Il erre alors dans les rues lugubres et inquié­tantes d’un Los Ange­les cyber­punk vivant les dernières heures du XXe siè­cle.

Le défit est de taille puisque le tra­vail de com­po­si­tion de Van­ge­lis reste iné­galé. Mêlant instru­men­ta­tions élec­tron­iques rétro-futuristes à des codes musi­caux tra­di­tion­nels emprun­tés au rock pro­gres­sif, au jazz et à la musique clas­sique, on pour­rait presque com­pren­dre le film rien qu’en écoutant sa BO. Cette rela­tion inquié­tante, présente aus­si bien dans le film que dans sa musique, vis-à-vis des machines à la fois char­mantes et effrayantes, est une sorte d’ex­ten­sion du sen­ti­ment de Van­ge­lis à l’é­gard des instru­ments élec­tron­iques. Dans le Dic­tio­n­naire du Rock de Mich­ka Assayas, il con­fie vouloir tou­jours se situer au-dessus du monde élec­tron­ique “pour ne pas en devenir l’esclave car [ce monde] con­stitue la plus grande men­ace pour l’hu­man­ité.” C’est comme si l’in­trigue s’ap­pli­quait au tra­vail de com­po­si­tion de l’artiste. Selon Rid­ley Scott, dans le doc­u­men­taire On The Edge of Blade Run­ner, “il s’asseyait et regar­dait chaque image, obser­vait chaque expres­sion des acteurs”, puis com­po­sait et enreg­is­trait d’une traite sans rien pro­gram­mer.

Dans une chronique de la bande-son de Blade Run­ner, issue de la très belle revue trans­mé­dia Car­bone Ink, on apprend que la légèreté dis­ten­due et coton­neuse de cette BO provient de deux instru­ments élec­tron­iques prin­ci­paux : le syn­thé­tiseur Yama­ha CS-80 et le processeur de réver­béra­tion dig­i­tale Lex­i­con 224 XL. Le pre­mier per­met une cer­taine sen­si­bil­ité de la mélodie dont le son chaud se rap­porte à l’hu­man­ité frag­ilisée. L’autre par­ticipe à la créa­tion de nappes sonores aéri­ennes et étirées, dont l’é­cho con­stitue le ter­rain prop­ice à la para­noïa ambiante. Précurseur en la matière, la com­po­si­tion instru­men­tale de Van­ge­lis mon­tre com­ment la musique élec­tron­ique et l’emploi de syn­thé­tiseurs, très prisés dans les années 80 par des artistes comme Gior­gio Moroder ou encore Tan­ger­ine Dream, ouvre des pos­si­bil­ités sonores inédites.

La maîtrise de cette BO con­stitue donc un pili­er cen­tral pour la com­préhen­sion et le suc­cès du film. Ce ciné-concert sera donc l’oc­ca­sion pour l’ensem­ble aus­tralien de ren­dre hom­mage à l’au­ra instinc­tive et inquié­tante de l’œu­vre col­lec­tive de Van­ge­lis et Scott. Wel­come to the machine.

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