Dutty Dior au by:Larm Festival d'Oslo / ©Agri Soltan

Les 5 artistes qu’on retiendra de l’excellent festival by:Larm en Norvège

La 23ème édi­tion du fes­ti­val by:Larm se tenait du 27 au 29 févri­er à Oslo, cap­i­tale de la Norvège. Les groupes les plus promet­teurs du moment ont su réchauf­fer les courageux qui ont bravé l’hiv­er scan­di­nave. Dont Tsu­gi fai­sait par­tie.

C’est fou comme ça paraît loin : il y a trois gross­es semaines, nous nous ren­dions pour Tsu­gi à Oslo pour cou­vrir le by:Larm, espérant ramen­er dans nos car­nets les noms des prochains groupes-à-découvrir-absolument repérés pen­dant ce fes­ti­val de show­cas­es. À l’époque, pas mal de masques sur les nez des touristes à Charles-de-Gaulle et déjà une pénurie de gel hydroal­coolique, mais pas ques­tion d’annuler le rendez-vous. Et alors que démarre cette nou­velle vie con­finée, où on a tout le temps du monde pour écouter de la musique, cette dernière pêche à la next big thing rock, jazz, élec­tron­ique et pop expéri­men­tale s’avère finale­ment prov­i­den­tielle. Alors restez chez vous et écoutez donc ça !

© Ingrid Svel­land

Squid

Quand la sai­son bénie des fes­ti­vals arrivera enfin (si tout se passe bien), attendez-vous à voir ce nom, Squid, le cala­mar en VF, éten­dre ses ten­tac­ules un peu partout sur les affich­es. À Euroson­ic, l’équivalent néer­landais du by:Larm, où des cohort­es de pro­gram­ma­teurs européens vien­nent faire leur marché, le con­cert du groupe anglais a attiré telle­ment de monde qu’une bonne par­tie du pub­lic (dont Tsu­gi) a dû rester à la porte. Séance de rat­tra­page à Oslo donc, au Blå, un club du centre-ville plutôt porté vers le rock. Et du rock, il y en avait pen­dant ce con­cert de Squid. Le quin­tette de Brighton vogue entre psy­ché et post-punk, fait se ren­con­tr­er trompettes hal­lu­cinées, un chanteur-batteur plus proche du spoken-word de Jason Williamson de Sleaford Mods que de Phil Collins (dieu mer­ci), et une rage qui suinte comme un fish and chips. Le meilleur con­cert du fes­ti­val.

© Sil­je Ryen

Jockstrap

Il est aux machines, elle joue du vio­lon et chante en s’inspirant de Björk ou autres miaule­ments à la Joan­na New­som, et par­fois ils échangent les rôles : le duo anglais Jock­strap (oui oui, c’est aus­si le nom d’un célèbre sous-vêtement mas­culin, ne vous éton­nez pas en fouinant sur Google) s’est ren­con­tré à la pres­tigieuse école de musique lon­doni­enne Guild­hall et s’amuse aujourd’hui avec la large éti­quette “pop expéri­men­tale”. Le début de leur con­cert au Revolver, micro sous-sol voûté où la grande taille des Norvégiens posera prob­lème à tous les autres Européens (mais qu’est-ce qu’il y a dans leur soupe pour qu’ils gran­dis­sent autant ?!), était aérien, doux, éthéré… Avant qu’un gros pied tech­no ou des bip-bips 8‑bits ne vien­nent per­turber tout ça. C’est par­fois de mau­vais goût, mais peu importe, on les suit dans leur délire.

Porridge Radio

Le nom est tout pour­ri et annonce un gloubi-boulga musi­cal. Mais Por­ridge Radio est loin d’être un amas informe d’influences au goût de gru­au. Le quatuor (trois filles, un garçon à la bat­terie) est surtout porté par la chanteuse Dana Mar­golin, sorte de prêtresse aux yeux XXL qui expie autant ses peines et péchés qu’elle nous exhorte à vivre en meilleure intel­li­gence : “I don’t want to get bit­ter, I want us to get bet­ter, I want us to be kinder to our­selves and to each oth­er”, mantra répété sur l’enivrant “Lilac”. Des mantras, il y en a beau­coup dans les textes de Por­ridge Radio, dis­sec­tions indie rock aux accents à la Lou Reed de la vie sen­ti­men­tale et ami­cale d’une jeune femme un peu paumée. La manière dont Dana Mar­golin incar­ne ces incan­ta­tions qui défor­ment sa bouche et révulsent ses yeux est tout bon­nement fasci­nante.

© Sel­ma Haa­land

Lara Palmer

Lara Palmer nous intriguait rien qu’avec son pseu­do. Mais il serait injuste de résumer cette Norvégi­en­ne instal­lée à Berlin à de seules références made in Twin Peaks. Ses DJ-sets, unique­ment sur vinyles, oscil­lent entre tech­no ultra men­tale et atmo­sphères dark. Ça n’a pas coupé dans le Sweat­shop, la micro-salle en pierre du club Vil­la : les corps ondu­laient les bras en l’air comme autant d’apprentis chamans — a pri­ori rel­a­tive­ment sobres, vu le prix des bois­sons en Norvège. En gros, une sélec­tion per­chée, enchaînée avec doigté, pour embar­quer cette salle intimiste dans un voy­age psy­ché quoique tech­no. Le mélange des gen­res par­fait avant d’affronter le bliz­zard d’Oslo en hiv­er de la part d’une DJ (et jour­nal­iste musi­cale pour la plate­forme web et les soirées Mon­u­ment) ayant joué pour la pre­mière fois au mythique club alle­mand Tre­sor quelques semaines avant le by:Larm.

© Eirik Hor­gen

Athletic Progression

Ils sont trois, Danois, et font du jazz : pas for­cé­ment la for­mule habituelle au club Blå, qu’on a vu plutôt porté sur les gui­tares anglais­es. Mais peu importe, ce trio instru­men­tal batterie-basse-claviers arrive à rap­pel­er le Fly­ing Lotus des débuts (rien que ça !) en mêlant influ­ences jazz et hip-hop. Un con­cert lumineux, chill, influ­encé par J Dil­la, avec la dose par­faite de breaks pour s’amuser tout en écoutant de vraies chan­sons écrites comme pour la pop. Tak !

© Sel­ma Haa­land

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