Les “Confessions” déjantées de Philippe Katerine

Il nous dit tout. Avec son dernier album, Philippe Kater­ine livre ses Con­fes­sions. Il n’a pas per­du une once d’hu­mour et de bonne humeur. Après avoir sor­ti le déli­rant “Stone Avec Toi” et un seul maxi clip pour trois de ses titres, il livre enfin son LP au com­plet. Véri­ta­ble touche-à-tout, il s’es­saie aus­si bien à la trap qu’à la pop et invite des artistes de tous hori­zons à ses côtés. Il bat d’ailleurs tous ses records : d’Angèle à Léa Sey­doux en pas­sant par Oxmo Puc­ci­no, presque la moitié des vingt morceaux sont des fea­tur­ings.

Sur ce dix­ième album, sa loufo­querie est plus que jamais au rendez-vous. Même les noms de ses titres, comme “KesKesséKçetruc ?”, avec des paroles tou­jours aus­si drôles et insen­sées : “Imag­ine ma voix sans le son”, chante Camille  alors que Kater­ine lui répond “Je n’aime pas penser que j’ai sept trous dans la tête” sur de jolis choeurs féminins. Sur “Malaise”, il par­le sur une prod de rap chill-out de tous ses malais­es, dont ceux avec une cer­taine Dorothée, son “amante” quand il avait huit ans… Si les paroles peu­vent être très légères, explicites et insen­sées, elles sont aus­si poli­tiques. Dès le pre­mier morceau, on entend la voix de Macron  : “Le jour où tu veux faire la révo­lu­tion, tu apprends d’abord à avoir un diplôme”. C’est ce que le prési­dent avait répon­du au jeune qui l’avait appelé Manu. L’ex­trait est suivi d’un bruit de gif­fle, puis Philippe Kater­ine reprend tran­quille­ment : “Arrêtez de par­ler”. Sur une mélodie enjouée au syn­thé et des sons perçants à la flûte, il chan­tonne “Si c’était moi a l’Elysee je deman­derai qu’on m’interne, qu’on me mater­ne”. C’est cette ambiva­lence qui fait tout le charme des lyrics.

Kater­ine s’ap­pro­prie de tous nou­veaux gen­res. La légende du rap français Oxmo Puc­ci­no s’im­pro­vise ser­ruri­er sur le planant titre “La Clef”, fea­tur­ing des plus improb­a­bles. Et quand il s’es­saie à la trap, ça donne “Rêve affreux”, et con­tre toute attente, ça lui va très bien. Le quin­quagé­naire n’a pas de lim­ites et on aime ça.

Et pour ceux qui sont plus Deez­er… 

(Vis­ité 647 fois)