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Laurent Garnier au festival Pias Nites en 2012 / ©Kmeron
27 octobre 2020

Lire : la lettre ouverte de Laurent Garnier à la ministre de la Culture

par Théo Poddevin

Jeudi 22 octobre, Roselyne Bachelot annonçait que son ministère allait consacrer 115 millions d’euros au spectacle vivant et au secteur cinématographique. Seul oublié de la liste : le monde de la nuit, à l’agonie depuis bientôt huit mois. Dans une lettre ouverte publiée hier soir, Laurent Garnier lui répond. 

« Chère madame la ministre de la Culture, c’est étrange, mais à la fin de votre discours le 22 octobre dernier sur France 2, j’ai eu la fâcheuse impression de ne pas avoir été concerné par vos annonces.”

Dans une lettre ouverte publiée sur son site, Laurent Garnier, l’ambassadeur de la musique électronique française qui est aussi Officier des Arts et des Lettres et Chevalier de la Légion d’honneur, partage avant tout son incompréhension. Car si la ministre semble vouloir sauver l’économie de la culture, il lui rappelle alors que le secteur de la nuit, au même titre que les spectacles vivants et les cinémas, fait vivre cette économie : « comme les théâtres, les cinémas et les salles de spectacle, les clubs emploient (hormis les artistes et DJs qui s’y produisent) la même pléiade de personnels divers et variés que dans le reste du paysage culturel.”

 

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Cette incompréhension se transforme vite en triste déception, doublée d’une profonde lassitude du “manque flagrant de considération, de l’ignorance émanant de votre ministère envers le secteur de la nuit”. « Je ne reviens pas sur la répartition de ces moyens [ceux annoncés le 22 octobre] qui assument comme toujours des déséquilibres flagrants entre patrimoine et culture d’aujourd’hui, entre Paris et régions, entre culture classique et émergence, entre les « grandes maisons de la capitale » et le maillage territorial des indépendants…”

« Pour nous la fête est terminée, et ce depuis maintenant huit longs mois. »

Car il le rappelle : “que vous le vouliez ou non, les clubs et les lieux de cette culture nocturne étaient (quand ils étaient ouverts) des endroits bouillonnant de création, d’imagination et de partage”. « Mais j’avoue qu’aujourd’hui, ne sachant plus très bien si je suis un « artiste du spectacle mort » un « artiste de l’intérieur », ou « pas un artiste du tout » je commence à avoir de sérieux doutes.”

Cette lettre suit de quelques heures la tribune publiée par Vincent Carry, directeur d’Arty Farty (Nuits sonores, European Lab, Le Sucre) et initiateur de l’Appel des indépendants, dans laquelle lui aussi rappelle que “aujourd’hui, le dancefloor est redevenu un ring politique, un terrain où le débat, de MeToo à Black Lives Matter, déborde largement le cadre des enjeux artistiques et esthétiques.” Les acteurs ont parlé.

 

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Retrouvez l’intégralité de la lettre sur son site ici

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