Laurent Garnier au festival Pias Nites en 2012 / ©Kmeron

Lire : la lettre ouverte de Laurent Garnier à la ministre de la Culture

Jeu­di 22 octo­bre, Rose­lyne Bach­e­lot annonçait que son min­istère allait con­sacr­er 115 mil­lions d’eu­ros au spec­ta­cle vivant et au secteur ciné­matographique. Seul oublié de la liste : le monde de la nuit, à l’ag­o­nie depuis bien­tôt huit mois. Dans une let­tre ouverte pub­liée hier soir, Lau­rent Gar­nier lui répond. 

Chère madame la min­istre de la Cul­ture, c’est étrange, mais à la fin de votre dis­cours le 22 octo­bre dernier sur France 2, j’ai eu la fâcheuse impres­sion de ne pas avoir été con­cerné par vos annonces.”

Dans une let­tre ouverte pub­liée sur son site, Lau­rent Gar­nier, l’am­bas­sadeur de la musique élec­tron­ique française qui est aus­si Offici­er des Arts et des Let­tres et Cheva­lier de la Légion d’honneur, partage avant tout son incom­préhen­sion. Car si la min­istre sem­ble vouloir sauver l’é­conomie de la cul­ture, il lui rap­pelle alors que le secteur de la nuit, au même titre que les spec­ta­cles vivants et les ciné­mas, fait vivre cette économie : comme les théâtres, les ciné­mas et les salles de spec­ta­cle, les clubs emploient (hormis les artistes et DJs qui s’y pro­duisent) la même pléi­ade de per­son­nels divers et var­iés que dans le reste du paysage culturel.”

 

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Cette incom­préhen­sion se trans­forme vite en triste décep­tion, dou­blée d’une pro­fonde las­si­tude du “manque fla­grant de con­sid­éra­tion, de l’ignorance émanant de votre min­istère envers le secteur de la nuit”. “Je ne reviens pas sur la répar­ti­tion de ces moyens [ceux annon­cés le 22 octo­bre] qui assu­ment comme tou­jours des déséquili­bres fla­grants entre pat­ri­moine et cul­ture d’aujourd’hui, entre Paris et régions, entre cul­ture clas­sique et émer­gence, entre les « grandes maisons de la cap­i­tale » et le mail­lage ter­ri­to­r­i­al des indépendants…”

Pour nous la fête est ter­minée, et ce depuis main­tenant huit longs mois.”

Car il le rap­pelle : “que vous le vouliez ou non, les clubs et les lieux de cette cul­ture noc­turne étaient (quand ils étaient ouverts) des endroits bouil­lon­nant de créa­tion, d’imagination et de partage”. “Mais j’avoue qu’aujourd’hui, ne sachant plus très bien si je suis un « artiste du spec­ta­cle mort » un « artiste de l’intérieur », ou « pas un artiste du tout » je com­mence à avoir de sérieux doutes.”

Cette let­tre suit de quelques heures la tri­bune pub­liée par Vin­cent Car­ry, directeur d’Arty Far­ty (Nuits sonores, Euro­pean Lab, Le Sucre) et ini­ti­a­teur de l’Appel des indépen­dants, dans laque­lle lui aus­si rap­pelle que “aujourd’hui, le dance­floor est rede­venu un ring poli­tique, un ter­rain où le débat, de MeToo à Black Lives Mat­ter, débor­de large­ment le cadre des enjeux artis­tiques et esthé­tiques.” Les acteurs ont parlé.

 

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Retrou­vez l’intégralité de la let­tre sur son site ici

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