Mort de Steve Maia Caniço : que dit le rapport de l’IGPN ?

Là où il y a de la musique, il n’y a pas de place pour le mal.” Cette cita­tion de Miguel Cer­vantes nous fait réfléchir à l’heure de la mort de Steve Maia Caniço. Le jeune homme est tombé dans la Loire après une inter­ven­tion mus­clée des forces de l’or­dre. Les policiers étaient venus étein­dre le dernier sound sys­tem de la Fête de la musique à Nantes, aux alen­tours de 4h30. Le corps a été retrou­vé lun­di et iden­ti­fié hier, soit plus d’un mois après les événe­ments.

Aucun lien n’est établi entre l’intervention de la police et la chute de Steve

Le rap­port de l’In­spec­tion Générale de la Police Nationale (IGPN) a été ren­du pub­lic hier soir. Le Pre­mier Min­istre affirme qu’au­cun lien ne peut être établi entre la chute du jeune homme et l’in­ter­ven­tion de la police, la goutte d’eau pour les proches qui attendaient des répons­es depuis plus d’un mois. Un cadre de l’IG­PN inter­rogé par l’AFP a estimé ceci : “On ne peut pas dire que Steve serait tombé à l’eau du fait de l’in­ter­ven­tion de la police. On ne peut pas dire qu’il est tombé en dehors de l’in­ter­ven­tion non plus.” Lors de son dis­cours hier aux côtés de Christophe Cas­tan­er, Edouard Philippe recon­naît que “le déroule­ment de cette soirée et l’en­chaîne­ment des faits reste con­fus”. Le Pre­mier Min­istre annonce donc saisir l’In­spec­tion Générale de l’ad­min­is­tra­tion (IGA) pour appro­fondir l’en­quête.

Une intervention policière entièrement justifiée

Dans ce rap­port, l’IG­PN jus­ti­fie l’in­ter­ven­tion des policiers : “Cet usage de la force, en riposte à des voies de fait per­pétrées par une foule de per­son­nes rassem­blées sur un ter­rain pub­lic qui trou­blaient l’ordre pub­lic et devaient dès lors être con­sid­érées comme un attroupe­ment, était jus­ti­fié et n’est pas apparu dis­pro­por­tion­né.” Suite à la volon­té d’in­ter­rompre la musique, les policiers ont dû essuy­er des jets de pro­jec­tiles. C’est là que les affron­te­ment ont com­mencé. La syn­thèse de dix pages énumère le nom­bre de muni­tions util­isées par les policiers : 33 grenades fumigènes, 12 balles de défens­es (LBD) et 10 grenades de désencer­clement, le tout en vingt min­utes d’in­ter­ven­tion.

Par la même occa­sion, le rap­port tente de dédouan­er la respon­s­abil­ité des forces de l’or­dre en jetant la pierre à la mairie qui n’au­rait pas mis en place un sys­tème de bar­riérage assez éten­du le long des quais, notam­ment au Quai Wil­son, où se sont déroulés les faits. Toute­fois, le rap­port recon­naît que le fait d’avoir éteint les neuf pre­miers sound sys­tems a engen­dré “un déplace­ment des fêtards vers le dernier de ces points d’émis­sion de musique situé au bout du quai, en zone non cou­verte par des bar­riérages”.

Huit à quatorze personnes sont tombées dans la Loire

Aucun chiffre ne se dégage vrai­ment, seule­ment une esti­ma­tion. Selon le rap­port de l’IG­PN, qui tient compte des pro­pos des pom­piers et de l’as­so­ci­a­tion Sécu­rité Nau­tique Atlan­tique, il y aurait eu entre huit à qua­torze chutes. Trois d’en­tre elles ont eu lieu avant l’in­ter­ven­tion, mais pour les autres ? Tou­jours la même ren­gaine, aucun lien ne peut être établi entre l’in­ter­ven­tion et ces chutes : “Aucune des per­son­nes repêchées par les sauveteurs n’avait déclaré avoir été poussée par l’action de la police à se jeter à l’eau.” Le tout est jus­ti­fié par des témoignages qui ne sont pas pub­liés. En bref, le rap­port n’ap­porte aucune réponse sur les caus­es de la mort de Steve. L’IGPN tente plus de dédouan­er la police que d’en­doss­er quelque respon­s­abil­ité que ce soit. Le sort de cette affaire est désor­mais entre les mains de l’I­GA.

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