Juliette A. ©Joffrey Wingroove

On y était : le festival Avec le temps à Marseille

par Tsugi

Alors c’é­tait com­ment la dernière édi­tion du fes­ti­val Avec le temps à Mar­seille ? Notre envoyé spé­cial dans la cité phocéenne nous raconte…

Par Jean Fro­mageau

En 2010, j’étais à la fac Aix-Marseille et une par­tie de la France rigo­lait un peu trop fort lors de l’annonce de Mar­seille, cap­i­tale de la cul­ture 2013. « Par­don ? Mais cul­ture de quoi, de la MJC aha­ha­ha ? », c’est glob­ale­ment ce qu’on pou­vait enten­dre dans toutes les chau­mières rel­a­tive­ment mal lunées en capricorne.

La crainte n’était pas de savoir si Mar­seille serait cap­i­tale, mais si Mar­seille resterait capitale.

Parce que Mar­seille est déjà cap­i­tale, les derniers l’ont com­pris ces 2 dernières années en sautant, les deux pieds joints, dans un apparte­ment aux allures de par­adis vers Notre Dame du Mont. D’autres en sont con­va­in­cus depuis qu’ils ont expéri­men­té leurs pre­miers pas de danse sur un cer­tain air qui ne craint dégun.

Quelques expo et des belles infra­struc­tures plus tard, Mas­sil­ia con­va­in­cra donc celles et ceux qui ne l’étaient pas déjà que : oui c’est une cap­i­tale cul­turelle, et pas seule­ment pour 365 jours.

Mais que reste-t-il de cet amour ? Une fois passée la vague des inau­gu­ra­tions, des rubans coupés, des cos­tumes bien tail­lés. D’aucun diront qu’il ne reste vague­ment qu’un MUCEM trop pro­pre et une friche avec beau­coup d’étages. Les autres par­lerons de prospec­tus volants dans la rue, sales, trop pleins de soleil où on dis­tingue légère­ment un « ce soir, en con­cert » délavé.

Il s’avère qu’il aura fal­lu atten­dre un peu- 2016 soyons pré­cis — pour voir émerg­er des têtes de la coopéra­tive Grand Bon­heur, tou­jours pleines de bonnes idées et de rêves en couleurs, le fes­ti­val Avec le Temps.

Fes­ti­val qui prend son temps, c’est le moins qu’on puisse dire puisque pen­dant 10 jours répar­tis sur Mar­seille ses alen­tours et une petite date échap­pée du nid vers une des plus belles salles de paris : La Maro­quiner­ie.

Pour les plus iden­ti­fiés : Fils Cara, Juli­ette Armanet, La Femme, Feu !Chat­ter­ton, L’Impératrice, Léonie Per­net, Mélis­sa Laveaux, .. j’en passe et des meilleur.e.s ont frôlé une plage, un pratos, une rue, ces 10 derniers jours.

Franky Fade jouait du piano debout ©Jof­frey Wingroove

Des fes­ti­vals lecteurs et lec­tri­ces je me doute que vous en tenez une bonne couche de sou­venir, et que, sans men­tir ça serait un peu facile, presque ringard de vous dire à quel point les lives étaient beaux, le pub­lic au rendez-vous, les artistes ravi.e.s, et l’ambiance au max­i­mum. Des lignes que vous avez déjà trop sou­vent lu, dans beau­coup de papiers et tout ça sans réelle saveur.

Même si tout ceci est vrai, la force d’Avec le Temps c’est surtout qu’il en faut peu pour se ren­dre compte que c’est une évi­dence d’être ici à suiv­re cette équipe organ­isatrice tou­jours bien apprêtée de sa veste d’un bleu bien plus pro­fond que le temps (franche­ment pour­ri) que  la cité phocéenne a offert à ces 2 semaines de festival.

Une évi­dence parce qu’après une péri­ode isolée chez nous, se retrou­ver dans un fes­ti­val qui tran­spire l’hu­main (et on ne par­le pas des 50°C au sor­tir du con­cert de Mans­field. TYA le ven­dre­di à l’E­space Julien), c’est une saveur qu’on avait presque oublié. La sim­plic­ité avec laque­lle on peut tra­vers­er la ville pour pren­dre un Pac à l’eau cours ju’, suiv­re une balade sonore, finir autour d’un café plutôt bien dosé au Mon­tévidéo en pas­sant quand même par un shot gin­gem­bre au Make­da, salle au charme fou.

Mans­field. TYA ©Jof­frey Wingroove

L’humain de l’équipe donc mais surtout de toute la pro­gram­ma­tion qui, quoiqu’un peu grand écart quand on passe de Klon à Lon­ny, pour­rait avoir en com­mun ce sourire assez déroutant en mon­tée de scène. Loin d’eux le trac boule au ven­tre, la non­cha­lance artis­tique et le fausse­ment réservé.

Meilleur moment : Franky Fade qui, mine de rien, nous avoue avoir 26 ans de piano dans les doigts et qu’on aurait aimé l’entendre en jouer plus de 2min

Pire moment : Un Wall of Death un peu chao­tique devant Mans­field. TYA, il faut revoir les copies les gars, le con­cept est sim­ple : cha­cun d’un coté du  ravin et au pre­mier kick on se ren­tre dedans.

 

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