©J. Ratrique

🔊 Onelight sort l’un des meilleurs disques R&B de l’année mais trop peu le remarqueront

L’artiste niçois One­light sort aujour­d’hui son deux­ième album : Empo­ri­um, un beau mélange entre musique élec­tron­ique et R&B.

Chronique issue du Tsu­gi 141 : Ed Banger 18 ans et tou­jours per­chĂ©, disponible en kiosque et en ligne.

On a pu croire Ă  une Ă©poque qu’avec l’arrivĂ©e d’Internet, c’en serait fini des cas­es musi­cales, des bar­rières et des Ĺ“il­lères, des caté­gori­sa­tions par gen­res, divisĂ©s pour mieux rĂ©gn­er dans les bacs Ă  dis­ques et sur les radios. C’était sans compter sur l’avènement des plate­formes de stream­ing et de leurs algo­rithmes, dont les sug­ges­tions et clas­si­fi­ca­tions ne man­quent pas d’une cer­taine logique, mais amè­nent Ă  des rĂ©sul­tats par­fois obtus et absur­des. Il est ain­si atten­du que le sec­ond album de One­light ne se retrou­vera pas dans les playlists pro­posĂ©es aux ama­teurs de R&B, lesquels auront donc peu de chances de dĂ©cou­vrir l’un des meilleurs dis­ques de R&B de l’annĂ©e en cours. Certes, pas le plus acadĂ©mique, mais les bons dis­ques doivent-ils ĂŞtre acadĂ©miques ?

Son hand­i­cap : avoir été pro­duit par un artiste qui coche trop de cas­es entre rap, R&B et musique élec­tron­ique. Il pour­ra éventuelle­ment être accueil­li dans cette dernière caté­gorie, mais pour les deux pre­mières, plus con­ser­va­tri­ces, ce sera com­pliqué. Un sort qu’a con­nu le dernier album de Jim­my Edgar, il y a quelques mois, avec lequel le disque de One­light ne manque pas de simil­i­tudes, dans sa façon de don­ner une teinte élec­tron­ique européenne à un R&B de tra­di­tion améri­caine, notam­ment, et de pro­pos­er des morceaux aus­si pop que poin­tus. La com­para­i­son entre les deux artistes n’a rien de sur­prenant. Jim­my Edgar est l’une des prin­ci­pales influ­ences de One­light, DJ et pro­duc­teur orig­i­naire de Nice, qui fut de la bande du label Musique Large avant de devenir rési­dent sur Rinse FR ces qua­tre dernières années, livrant tous les mois d’impeccables mix­es rem­plis de nou­veautés rap et R&B, entre­coupées de future bass, d’électro-funk, d’un soupçon de house et d’une pointe de jazz. Un amal­game qu’il avait ten­té de repro­duire sur son pre­mier album il y a trois ans, sans dépass­er le stade des promess­es. C’est cette fois-ci remar­quable­ment maîtrisé.

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