Overdoses en club : des acteurs de la nuit publient dans Libération une lettre ouverte à Emmanuel Macron

Eric Lab­bé, DJ et activiste de la nuit adresse aujour­d’hui une let­tre ouverte à Emmanuel Macron et son gou­verne­ment. Pub­liée ce matin par Libéra­tion, la tri­bune et la péti­tion dénon­cent les poli­tiques du gou­verne­ment quant à la sécu­rité et la réduc­tion des risques liés à la drogue dans les lieux de nuit. Celles-ci sont d’au­tant plus remis­es en cause par la fer­me­ture admin­is­tra­tive (et injuste) de Dehors Brut suite au décès d’un jeune homme causé par une over­dose d’ec­sta­sy, le lende­main d’une soirée au nou­veau lieu de Con­crete.

Ce n’est pas en optant pour la répres­sion que les prob­lèmes liés aux drogues dans les lieux de nuit s’at­ténueront. Poli­tiques et acteurs du monde de la nuit appel­lent à chang­er ces mesures de répres­sion en mesures de préven­tion. Ils pointent du doigt trois con­séquences prin­ci­pales de la fer­me­ture admin­is­tra­tive d’un club : celà con­tribue à “aggraver le prob­lème — la con­som­ma­tion de stupé­fi­ants n’est jamais si dan­gereuse que lorsqu’elle se pro­duit en dehors de tout encadrement -, met­tre en dan­ger une entre­prise et ses salariés (50 dans le cas de cet étab­lisse­ment), ren­forcer la fragilité de l’ensemble du secteur”.

Effec­tive­ment, fer­mer les clubs n’empêchera pas les over­dos­es ni la con­som­ma­tion de drogue. C’est sim­ple­ment fer­mer les yeux sur le prob­lème et rejeter la respon­s­abil­ité sur le lieu (en l’oc­cur­rence Dehors Brut), qu’on sanc­tionne alors que l’over­dose aurait pu se pro­duire n’im­porte où. “C’est totale­ment hyp­ocrite : aucune pal­pa­tion n’empêchera quelqu’un de cacher cinq cachets au fond d’une chaus­sette” explique la tri­bune. La fer­me­ture d’un club n’en­traîn­era en aucun cas une réduc­tion de con­som­ma­tion de stupé­fi­ants de leurs publics. Comme le rap­pelle Dehors Brut dans le com­mu­niqué de presse pub­lié suite à l’over­dose : “mal­gré nos efforts (…) nous avons égale­ment besoin de vous pour ne pas vous met­tre en dan­ger comme pour pren­dre soin de celles et ceux qui vous entourent pour que jamais ne se repro­duise un tel drame”.

Il en va de la san­té du pub­lic, de l’épanouissement artis­tique et de la diver­sité cul­turelle de nos villes”. Comme la let­tre ouverte le laisse bien enten­dre, il n’est pas seule­ment ques­tion de lib­erté artis­tique : il s’ag­it de sauver des vies, et c’est bien pour repenser ces cadres lég­is­lat­ifs que la péti­tion a été lancée.

On retrou­ve par­mi les pre­miers sig­nataires de la péti­tion des per­son­nal­ités telles que l’an­cien min­istre de la Cul­ture Jack Lang, Frédéric Hoc­quard (adjoint au maire de Paris en charge de la vie noc­turne et de la diver­sité de l’é­conomie cul­turelle), l’artiste Chloé, la DJ AZF. Les respon­s­ables d’étab­lisse­ments sig­nent égale­ment (Arnaud le Vot et Alex­is Bernier pour le Tra­ben­do, Bruno Blanck­aert et Fab­rice Gadeau pour le Rex Club, Arnaud Per­rine pour le Glazart), ain­si que les médias (Jean-Paul Deni­aud et Lucien Rieul pour Trax, Ben­jamin Charvet et Mazen Nas­ri pour Dure Vie et Patrice Bar­dot pour Tsu­gi) et les organ­i­sa­tions (Col­lec­tif Action Nuit, Technopol, Freeform, l’As­so­ci­a­tion Française des Exploitants de Dis­cothèques et Danc­ings, Tech­no +).

Retrou­vez la péti­tion ici.

(Vis­ité 2 318 fois)