Plongez dans les sous-sols de São Paulo avec la techno sombre de RHR

Une ver­sion tech­noïde de La Cité de Dieu ? Cette descrip­tion pour­rait paraître un brin stéréo­typée et réduc­trice, mais peu importe. Ce qui est sûr, c’est que Noc­tur­al Fear, tout nou­v­el EP du pro­duc­teur brésilien RHR (alias Roniere San­tos), est aus­si bon qu’il est som­bre, baig­nant dans une vio­lence crue et pro­fonde. Influ­encée par les scènes funk brésili­ennes et old-school, biberon­née au rap de rue, sa musique inspire et tran­spire la chaleur moite des fave­las où il a gran­di.

En découlent qua­tre excel­lents morceaux véhic­u­lant une ambiance noc­turne, anx­iogène voire miteuse portée par des grooves et des tex­tures qui syn­thé­tisent tout l’e­sprit de l’EP. Le son est tail­lé pour le club, mais con­jugue avec une grande pré­ci­sion le grain des machines analogiques et le gron­de­ment de voix souter­raines, mécham­ment trit­urées par de démo­ni­aques vocodeurs. Le tout s’ap­puie sur des ryth­miques sat­urées, écorchées (on pensera par exem­ple au clap du pre­mier morceau, Colap­so), souil­lées à des­sein par une myr­i­ade de minus­cules expéri­men­ta­tions sonores qui flot­tent dans l’air étouf­fant.

Après une per­for­mance remar­quée au Dek­man­tel Fes­ti­val de Sāo Paulo l’an­née dernière et une col­lab­o­ra­tion avec le boss Dan­ny Daze, les qua­tre titres de Noc­tur­nal Fear con­stituent la pre­mière sor­tie de RHR sur Omni­disc. Pour mar­quer le coup, une tournée du label au Brésil a d’ailleurs été annon­cée,  com­prenant notam­ment un Boil­er Room et en amont, une escale à Mia­mi. De quoi exporter la musique du Brésilien à tra­vers le Nou­veau Con­ti­nent. Et, on l’e­spère, même au-delà.

On vous invite à check­er le Sound­cloud du tal­entueux RHR


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