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7 juin 2019

Plongez dans les sous-sols de São Paulo avec la techno sombre de RHR

par Elie Chanteclair

Une version technoïde de La Cité de Dieu ? Cette description pourrait paraître un brin stéréotypée et réductrice, mais peu importe. Ce qui est sûr, c’est que Noctural Fear, tout nouvel EP du producteur brésilien RHR (alias Roniere Santos), est aussi bon qu’il est sombre, baignant dans une violence crue et profonde. Influencée par les scènes funk brésiliennes et old-school, biberonnée au rap de rue, sa musique inspire et transpire la chaleur moite des favelas où il a grandi.

En découlent quatre excellents morceaux véhiculant une ambiance nocturne, anxiogène voire miteuse portée par des grooves et des textures qui synthétisent tout l’esprit de l’EP. Le son est taillé pour le club, mais conjugue avec une grande précision le grain des machines analogiques et le grondement de voix souterraines, méchamment triturées par de démoniaques vocodeurs. Le tout s’appuie sur des rythmiques saturées, écorchées (on pensera par exemple au clap du premier morceau, Colapso), souillées à dessein par une myriade de minuscules expérimentations sonores qui flottent dans l’air étouffant.

Après une performance remarquée au Dekmantel Festival de Sāo Paulo l’année dernière et une collaboration avec le boss Danny Daze, les quatre titres de Nocturnal Fear constituent la première sortie de RHR sur Omnidisc. Pour marquer le coup, une tournée du label au Brésil a d’ailleurs été annoncée,  comprenant notamment un Boiler Room et en amont, une escale à Miami. De quoi exporter la musique du Brésilien à travers le Nouveau Continent. Et, on l’espère, même au-delà.

On vous invite à checker le Soundcloud du talentueux RHR : 


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