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©Julian Lozano
19 avril 2021

Pour réduire leur empreinte carbone, les festivals repensent leur façon de programmer

par Antoine Barsacq

L’union des acteurs électroniques français La Sphère électronique ainsi que Le Collectif des festivals lancent un cercle de réflexion sur la manière des festivals de programmer ses artistes, afin de réduire leur empreinte carbone. Vers des programmations en circuit court ?

Après Music Declares Emergency, voici une initiative musicale de plus qui fait part de l’urgence climatique. Le talon d’Achille de la scène électronique depuis une vingtaine d’années est son bilan carbone catastrophique. En effet, selon une étude récente, l’impact collectif du transport des 1 000 DJs les plus bookés du monde est de 35 000 tonnes de CO2 dégagés dans l’atmosphère sur une année, soit ce que produisent plus de 20 000 foyers. Devant ce triste constat, les acteurs de la musique électronique en France réagissent, en proposant un cercle de réflexion sur le thème de la programmation des artistes qui devrait faciliter la communication entre acteurs culturels et mutualiser la programmation des artistes internationaux (et donc d’éviter les voyages dans tous les sens) et de favoriser l’émergence des talents locaux. Comme pour les produits en magasins, on veut privilégier le circuit court.

 

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Concrètement, il s’agirait :

  • Pour les organisateurs, de programmer des artistes internationaux de manière groupée, avec un cachet commun et un partage des frais de déplacement.
  • Pour les artistes étrangers, d’augmenter leur durée de séjour en France, leur permettant d’aller à la rencontre d’artistes locaux, de faire d’autres dates dans les régions avoisinantes en se déplaçant en train plutôt qu’en avion.
  • Pour les artistes locaux, de rencontrer des artistes étrangers via des temps dédiés, de profiter du réseau constitué pour faire des dates à l’échelle des régions en privilégiant les déplacements en train.
  • Pour les lieux, d’accueillir des temps de rencontres, de création, d’ateliers et de diffusion avec les différentes parties prenantes (artistes, médias, publics…).

Si l’initiative est une très bonne nouvelle pour l’écologie, on peut en revanche se questionner sur l’impact artistique que ces nouveaux procédés, plus contraignants, pourraient engendrer. Mais il est encore bien trop tôt pour le dire.

Les structures et personnes intéressées à collaborer sur ce projet avec la Sphère Electronique et Le Collectif des festivals sont invités à s’inscrire sur ce formulaire. L’Astropolis, le Château Perché ou encore l’Electro Alternativ entre autres font d’ores et déjà partie du projet. Les participants seront conviés à une première visioconférence fin avril pour déterminer ensemble les modalités concrètes de cette expérimentation. Un groupe de travail pionnier sera ensuite créé pour développer cet outil.

Ont déjà rejoint le cercle de réflexion : Astropolis, Bordeaux Open Air, Cabaret Aléatoire, Château Perché, Don Jigi Fest, Electro Alternativ, Family Piknik, Le Socle, Monticule, Octofolies, Panorama, Sarcus, Texture, WART, 3672*Techno…

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