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Pour réduire leur empreinte carbone, les festivals repensent leur façon de programmer

L’u­nion des acteurs élec­tron­iques français La Sphère élec­tron­ique ain­si que Le Col­lec­tif des fes­ti­vals lan­cent un cer­cle de réflex­ion sur la manière des fes­ti­vals de pro­gram­mer ses artistes, afin de réduire leur empreinte car­bone. Vers des pro­gram­ma­tions en cir­cuit court ?

Après Music Declares Emer­gency, voici une ini­tia­tive musi­cale de plus qui fait part de l’ur­gence cli­ma­tique. Le talon d’Achille de la scène élec­tron­ique depuis une ving­taine d’an­nées est son bilan car­bone cat­a­strophique. En effet, selon une étude récente, l’im­pact col­lec­tif du trans­port des 1 000 DJs les plus bookés du monde est de 35 000 tonnes de CO2 dégagés dans l’at­mo­sphère sur une année, soit ce que pro­duisent plus de 20 000 foy­ers. Devant ce triste con­stat, les acteurs de la musique élec­tron­ique en France réagis­sent, en pro­posant un cer­cle de réflex­ion sur le thème de la pro­gram­ma­tion des artistes qui devrait faciliter la com­mu­ni­ca­tion entre acteurs cul­turels et mutu­alis­er la pro­gram­ma­tion des artistes inter­na­tionaux (et donc d’éviter les voy­ages dans tous les sens) et de favoris­er l’émer­gence des tal­ents locaux. Comme pour les pro­duits en mag­a­sins, on veut priv­ilégi­er le cir­cuit court.

 

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Con­crète­ment, il s’agirait :

  • Pour les organ­isa­teurs, de pro­gram­mer des artistes inter­na­tionaux de manière groupée, avec un cachet com­mun et un partage des frais de déplacement.
  • Pour les artistes étrangers, d’aug­menter leur durée de séjour en France, leur per­me­t­tant d’aller à la ren­con­tre d’artistes locaux, de faire d’autres dates dans les régions avoisi­nantes en se déplaçant en train plutôt qu’en avion.
  • Pour les artistes locaux, de ren­con­tr­er des artistes étrangers via des temps dédiés, de prof­iter du réseau con­sti­tué pour faire des dates à l’échelle des régions en priv­ilé­giant les déplace­ments en train.
  • Pour les lieux, d’ac­cueil­lir des temps de ren­con­tres, de créa­tion, d’ateliers et de dif­fu­sion avec les dif­férentes par­ties prenantes (artistes, médias, publics…).

Si l’ini­tia­tive est une très bonne nou­velle pour l’é­colo­gie, on peut en revanche se ques­tion­ner sur l’im­pact artis­tique que ces nou­veaux procédés, plus con­traig­nants, pour­raient engen­dr­er. Mais il est encore bien trop tôt pour le dire.

Les struc­tures et per­son­nes intéressées à col­la­bor­er sur ce pro­jet avec la Sphère Elec­tron­ique et Le Col­lec­tif des fes­ti­vals sont invités à s’in­scrire sur ce for­mu­laire. L’Astrop­o­lis, le Château Per­ché ou encore l’Elec­tro Alter­na­tiv entre autres font d’ores et déjà par­tie du pro­jet. Les par­tic­i­pants seront con­viés à une pre­mière visio­con­férence fin avril pour déter­min­er ensem­ble les modal­ités con­crètes de cette expéri­men­ta­tion. Un groupe de tra­vail pio­nnier sera ensuite créé pour dévelop­per cet outil.

Ont déjà rejoint le cer­cle de réflex­ion : Astrop­o­lis, Bor­deaux Open Air, Cabaret Aléa­toire, Château Per­ché, Don Jigi Fest, Elec­tro Alter­na­tiv, Fam­i­ly Piknik, Le Socle, Mon­tic­ule, Octo­folies, Panora­ma, Sar­cus, Tex­ture, WART, 3672*Techno…

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