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Précarité des médias : le Collectif des Editeurs de la Presse Musicale est créé

Face aux divers­es dif­fi­cultés struc­turelles ren­con­trées par les médias de presse mag­a­zine dans la musique, six titres majeurs du secteur, dont Tsu­gi, ont décidé de créer le Col­lec­tif des Edi­teurs de la Presse Musi­cale (CEPM). À tra­vers un plan d’ac­tion réfléchi en six points pour le moment, le but est de soutenir ces médias aus­si acteurs à part entière de la cul­ture, notam­ment de la musique. 

Le Col­lec­tif des Edi­teurs de la Presse Musi­cale (CEPM) a notam­ment été créé en réac­tion à la dif­férence de traite­ment du gou­verne­ment entre les médias “IGP” ‑soit de presse d’in­for­ma­tion poli­tique et générale- et les titres de la presse cul­turelle durant la crise du Covid-19. Con­sid­érés comme néces­saire, les médias IGP béné­fi­cient d’aides struc­turelles ver­sées par l’É­tat, là où les médias d’ac­tu­al­ités musi­cales, rouage du secteur cul­turel de la musique, n’ont pas béné­fi­cié de ces sub­ven­tions. Pour enfon­cer le clou, ces entre­pris­es de presse cul­turelle ne sont pas non plus éli­gi­bles aux aides spé­ci­fiques du sou­tien aux acteurs de la musique (salles de spec­ta­cle, pro­duc­teurs, tourneurs…). Deux absences d’aides, qui ont mis à mal l’é­conomie de ces entre­pris­es de presse durant la fer­me­ture des lieux cul­turels liés aux spec­ta­cles. C’est en réac­tion que la CPEM a été créée sous l’im­pul­sion de six médias : Jazz Mag­a­zine, KR home-studio, La Let­tre du Musi­cien, MyRock, Rolling Stone, et Tsu­gi, représen­tés respec­tive­ment par Edouard Renck­er, Thier­ry Demou­g­in, Marie Hedin-Christophe, Pierre Veil­let, Alma Rota et Alex­is Bernier.

 

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Six actions en cours

Désor­mais, le CPEM mise sur six actions. À celles-ci s’a­jouteront d’autres, dont cer­taines visent à mieux saisir les enjeux autour de la presse musi­cale. Le col­lec­tif souhaite ini­ti­er une étude sur le poids économique du secteur. D’autres enten­dent don­ner aux entre­pris­es médi­a­tiques la place qu’elles méri­tent dans l’é­conomie de la musique. Dans ce cadre, le CPEM incite les titres de presse musi­caux à adhér­er à la société des Droits Voisins de la Presse, et ain­si per­me­t­tre d’ou­vrir des dis­cus­sions avec les GAFAM con­cer­nant la rémunéra­tion des con­tenus, d’une part. Et pour rené­goci­er le statut IPG pour la presse cul­turelle musi­cale, d’autre part.

À tra­vers ces pre­mières actions menées, le col­lec­tif vise à répon­dre aux défis économiques et financiers aux­quels se con­fron­tent les médias musi­caux. L’un des enjeux majeurs demeure le statut et l’im­age émanant de la presse musi­cale. Elle sem­blerait aujour­d’hui vue comme un secteur du jour­nal­isme “non-essentiel”. Alors le CPEM veut fédér­er les entre­pris­es. L’ob­jec­tif ? “Faire inté­gr­er par le Min­istère de la Cul­ture que la presse cul­turelle est essen­tielle”. Finale­ment, il en va de la péren­nité des titres de presse musicale.

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