© Laurine Payet (@zombtory)

Quand le crooner Alex Cameron séduit et électrise La Boule Noire

En ce mer­cre­di soir de juil­let, l’ex­trav­a­gant Alex Cameron a offert un show brûlant et drôle pour la pre­mière soirée de ses deux con­certs parisiens à La Boule Noire. On y était, on vous raconte.

Depuis quelques jours, l’Aus­tralien Alex Cameron bom­bar­dait ses réseaux soci­aux à coups de sto­ries Insta­gram, afin d’an­non­cer sa venue à Paris pour deux con­certs et une after­par­ty. Et voilà enfin le grand soir arrivé. Le croon­er a pris pos­ses­sion de de La Boule Noire pour son pre­mier show. Cheveux gom­inés, cos­tume noir, débardeur léopard moulant… On n’en attendait pas moins de son alter égo séduc­teur et dérangeant. Dès les pre­miers titres, il nous a trans­porté dans son univers kitsch, de rock alter­natif et de bal­lades 1980’ où clavier et sax­o­phone résonnent.

Le con­cert s’est ouvert sur “Studmuffin96”, un titre provenant de son sec­ond album Force Wit­ness où l’artiste se met dans la peau d’un groomer. C’est à dire ‑selon Urban Dictionnary- “une per­son­ne qui établit une rela­tion, une con­fi­ance et un lien émo­tion­nel avec un·e enfant ou un·e jeune afin de pou­voir le manip­uler, l’ex­ploiter et en abuser”. Et on a pléthore d’ex­em­ples dans l’his­toire de la musique rock, a com­mencer par le “king” him­self, Elvis Pres­ley avec son épouse Priscil­la Beaulieu.

Un show chaud

Alex Cameron a ensuite enchaîné avec “Hap­py End­ing”, de son pre­mier album Jump­ing the Shark, “Coun­try Figs”, “Far From Born Again” et “Divorce” de Mia­mi Mem­o­ry, “Can­dy May”- titre à par­tir duquel le pub­lic a com­mencé à être vrai­ment bouil­lant — “Sarah Jo” de son dernier album Oxy Music et l’élec­trique “Mia­mi Mem­o­ry”. À ce stade, Cameron ne por­tait plus que son mar­cel kitsch. “Il fait chaud ou c’est juste moi ?” demandait-il à ses musicien•nes et à la foule. Non Alex, on était tous est toutes dégoulinant·es de sueur. Il faut dire que depuis le début du con­cert et jusqu’à la fin Cameron a char­mé son pub­lic, l’a regardé comme s’il souhaitait l’in­viter plus tard dans un endroit plus intime pour ter­min­er la soirée. On ne savait plus dis­tinguer l’al­ter de l’é­go. Il fai­sait bouger tous les mem­bres et — surtout les hanch­es — de sa longue fig­ure androg­y­ne. Autant dire que la tem­péra­ture de la petite salle en forme de ball room — pleine à cra­quer une fois la pre­mière par­tie ter­minée — est rapi­de­ment montée.

 

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Out­re ce jeu de séduc­tion, Cameron s’est amusé avec ses muscien·nes et son pub­lic. Il n’a cessé de faire acclamer ses cama­rades de scène — il jouait d’ailleurs pour la pre­mière fois avec sa nou­velle bat­teuse — et surtout son fidèle sax­o­phon­iste et “busi­ness part­ner” Roy Mol­loy, qui nous a offert quelques beaux solos : sur “Hap­py End­ing”, “Coun­try Figs” ou encore “Stranger’s Kiss”. Et puis de deman­der à la salle quels titres elle souhaitait écouter. “Stranger’s Kiss !” “Sara Jo !” “Step Dad! “,“Can­dy May !”, pouvait-on dis­tinguer dans la cacoph­o­nie ambiante que le croon­er venait de créer. Finale­ment pour le plus grand plaisir des fans, “Stranger’s Kiss” gagna la bataille. C’est en duo avec sa clav­iériste que Cameron a inter­prété le morceau. Enfin plutôt en trio. Lui, la clav­iériste et le pub­lic qui n’a cessé de chanter tout au long de l’une heure trente de show.

Tripadvisor et chaise IKEA

Pour le rap­pel, Alex et sa troupe n’ont pas fait les choses comme les autres. “Mon ami et busi­ness part­ner, Roy, a un hob­by par­ti­c­uli­er. Il aime not­er les objets. Il le fait telle­ment qu’il a été ban­ni de Google parce qu’il dis­tribuait trop de cinq étoiles. Est-ce que vous voulez qu’il note quelque chose pour vous ?”, inter­ro­geait Cameron. Quelle ques­tion, évidem­ment que le pub­lic est chaud ! Roy a donc ramené sur scène son humour et un tabouret, sim­ple d’apparence mais en réal­ité plutôt remar­quable. Fab­riqué en Chine, métal peint en noir bril­lant, ouver­ture au cen­tre pour pou­voir facile­ment l’attraper et laiss­er pass­er n’importe quel flu­ide, con­fort­able . Est-ce que tout est vrai ? Pas sûr. En tout cas, le sax­o­phon­iste lui a accordé la jolie note de 4 sur 5. Et le pub­lic sem­blait en accord avec ce verdict.

C’est donc sous les applaud­isse­ments de la foule que le show reprit pour se con­clure avec le titre “Mar­lon Bran­do”. Et Alex de pass­er la main dans ses cheveux, pour recoif­fer sa coupe de rock star d’une autre époque. Les dernières sueurs de la soirée. Ou pas. Car la fête con­tin­u­ait avec un after par­ty plus ou moins réus­si au Pigalle Coun­try Club où Cameron partageait les sons de sa playlist Spo­ti­fy. Ambiance post-concert dans un tour bus. Mais bon, au moins les fans pou­vaient partager leurs impres­sions du con­cert avec l’artiste et son groupe.

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