Que vaut ‘Playgirl’, le dernier album de Lolo Zouaï ?

Par Loli­ta Mang (extrait du Tsu­gi 154)

Con­nue pour ses influ­ences plurielles et son atti­tude imprégnée d’une sen­su­al­ité farouche, la Franco-Algérienne Lolo Zouaï nous offre un deux­ième album entre pop, rap et r’n’b, à l’in­tro­spec­tion plus pronon­cée. Et ce n’est pas pour nous déplaire. 

«Wan­na get lucky? Keep singing my song / Need a lit­tle game, you bet­ter log on / Stuck in your head, you bet­ter play on / Lolo presents playgirl.com.» L’air est fam­i­li­er ? C’est nor­mal, il est emprun­té au titre «Pimpandho.com» du rappeur Too $hort (orig­i­naire, comme Lolo Zouaï, de la baie de San Fran­cis­co). Avec «pl4yg1rl », morceau lim­i­naire de son deux­ième album, ou encore le très réus­si «Gum­my Bear », Lolo Zouaï assume pleine­ment ses influ­ences rap. Elle s’applique toute­fois à se les appro­prier dans les règles de l’art, avec des pro­duc­tions qui tran­spirent la nos­tal­gie des années 2000 – la fameuse péri­ode y2k, âge d’or des strass, de Paris Hilton et des jog­gings de la mar­que Juicy. À ce titre, les audi­teurs nés dans les années 1990 souriront à l’écoute de «VHS» ou encore de «Tam­agotchi (Inter­mis­sion) », qui font l’effet de véri­ta­bles madeleines de Proust des années MTV. Trois ans après son pre­mier album High Highs To Low Lows, Lolo Zouaï a bien évolué. Il faut dire que la pandémie est passée par là, ain­si qu’une tournée avec la pop star Dua Lipa aux États-Unis. Com­ment ne pas en sor­tir grandie? Dans ce nou­v­el opus, exit la bad bitch au cœur de pierre. Lolo est allée chez le psy, comme le prou­vent des morceaux plus intro­spec­tifs où les émo­tions de la chanteuse sont livrées à cœur ouvert, de «Room» (influ­encé par The Week­nd?) à «Give Me A Kiss ». Avec le pro­duc­teur Ste­lios à ses côtés, la Franco-Algérienne a trou­vé la for­mule qui lui con­vient, et on est tou­jours aus­si accros.

 

 

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