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© "Naughty Boy" album cover
16 janvier 2023

Qui était le groupe Yellow Magic Orchestra, le « Kraftwerk japonais » ?

par Emma Grandjean

Précurseur de l’électro, Yellow Magic Orchestra a participé à révolutionner le monde de la musique. Le batteur et chanteur principal du trio japonais, Yukihiro Takahashi, vient de s’éteindre à l’âge de 70 ans. La triste occasion de revenir sur ce groupe, expérimentateur d’une musique qui, à l’époque, était d’un nouveau genre.

En 1978, Claude François était en tête des charts, « Y.M.C.A. » restait bloquée dans nos mémoires et les Bee Gees faisaient bouger nos hanches sur le dancefloor, même si on sentait déjà les prémices d’un nouveau style de musique. De l’autre côté du globe, c’est au cours cette fameuse année qu’est apparu un groupe japonais : Yellow Magic Orchestra. Projet initial de Haruomi Hosono, Yukihiro Takahashi et Ryuichi Sakamoto l’ont rejoint pour former ce trio d’une musique en avance sur son temps.

Avant YMO, chaque membre avait déjà une belle carrière. Haruomi Hosono (à la basse) faisait partie de Happy ending, groupe de folk rock considéré comme l’un des plus influents pour la musique japonaise. Ryuichi Sakamoto (aux claviers de Yellow Magic Orchestra) sortait de l’Université des Arts de Tokyo en ayant étudié la composition ainsi que la musique électronique et ethnique. Yukihiro Takahashi (à la batterie) était membre de Sadistic Mika, un groupe de rock japonais.

Derrière la naissance de Yellow Magic Orchestra, l’idée était de faire fusionner l’exotisme orientaliste avec toutes les nouvelles technologies qui venaient de voir le jour. Chose faite dans l’un de leurs premiers morceaux : « Firecracker« , reprise du titre de Martin Denny. Puis l’inspiration a fusé et les morceaux se sont enchaînés. Adepte des synthétiseurs, sampleurs et ordinateurs en tout genre, le groupe crée alors une musique pop électronique, qui fera de lui l’un des pionniers de ce nouveau genre.

Très vite, l’influence de Yellow Magic Orchestra s’étend au-delà du Japon. Dès janvier 1980 et avec la chute du disco aux États-Unis, le groupe entre dans le Billboard Hot Soul avec « Computer Game », rivalisant ainsi avec des poids lourds du RnB mondial.

Les membres de YMO ont cessé de travailler ensemble à plusieurs reprises, sans jamais utiliser de terme définitif comme ‘séparation’ et en se regroupant -parfois- sous le nom d’Human Audio Sponge. Et en réalisant des compositions communes, des projets ou des interprétations tous les trois, sans jamais abandonner leurs carrières solo. Musiques de films pour Sakamoto qui a reçu un Oscar pour sa production pour Le Dernier Empereur, un peu d’acting pour Takahashi et pour les 50 ans de carrière de Haruomi Hosono, un film documentaire No Smoking a été réalisé.

Souvent associés à Kraftwerk en tant que pionniers, Yellow Magic Orchestra -en groupe ou non- et sa musique ont inspiré de nombreuses générations et plusieurs de leurs titres ont été samplés. Leur chanson « Behind the Mask » a par exemple été reprise par Michael Jackson. Rien que ça. Le batteur de Yellow Magic Orchestra, Yukihiro Takahashi, vient de s’éteindre des suites d’une pneumonie, à l’âge de 70 ans. Après plusieurs projets au sein du groupe Metafive et la sortie d’un single « Environmental » en 2020, il s’était retiré, temporairement, du monde de la musique pour subir une opération du cerveau à cause d’une tumeur. À l’annonce de sa mort, son camarade de YMO, Ryuichi Sakamoto a posté un carré gris en son hommage. Une funeste nouvelle dans l’histoire de la musique électronique.

 

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