© "Naughty Boy" album cover

Qui était le groupe Yellow Magic Orchestra, le “Kraftwerk japonais” ?

Précurseur de l’élec­tro, Yel­low Mag­ic Orches­tra a par­ticipé à révo­lu­tion­ner le monde de la musique. Le bat­teur et chanteur prin­ci­pal du trio japon­ais, Yuk­i­hi­ro Taka­hashi, vient de s’étein­dre à l’âge de 70 ans. La triste occa­sion de revenir sur ce groupe, expéri­men­ta­teur d’une musique qui, à l’époque, était d’un nou­veau genre.

En 1978, Claude François était en tête des charts, “Y.M.C.A.” restait blo­quée dans nos mémoires et les Bee Gees fai­saient bouger nos hanch­es sur le dance­floor, même si on sen­tait déjà les prémices d’un nou­veau style de musique. De l’autre côté du globe, c’est au cours cette fameuse année qu’est apparu un groupe japon­ais : Yel­low Mag­ic Orches­tra. Pro­jet ini­tial de Haruo­mi Hosono, Yuk­i­hi­ro Taka­hashi et Ryuichi Sakamo­to l’ont rejoint pour for­mer ce trio d’une musique en avance sur son temps.

Avant YMO, chaque mem­bre avait déjà une belle car­rière. Haruo­mi Hosono (à la basse) fai­sait par­tie de Hap­py end­ing, groupe de folk rock con­sid­éré comme l’un des plus influ­ents pour la musique japon­aise. Ryuichi Sakamo­to (aux claviers de Yel­low Mag­ic Orches­tra) sor­tait de l’U­ni­ver­sité des Arts de Tokyo en ayant étudié la com­po­si­tion ain­si que la musique élec­tron­ique et eth­nique. Yuk­i­hi­ro Taka­hashi (à la bat­terie) était mem­bre de Sadis­tic Mika, un groupe de rock japonais.

Der­rière la nais­sance de Yel­low Mag­ic Orches­tra, l’idée était de faire fusion­ner l’ex­o­tisme ori­en­tal­iste avec toutes les nou­velles tech­nolo­gies qui venaient de voir le jour. Chose faite dans l’un de leurs pre­miers morceaux : “Fire­crack­er”, reprise du titre de Mar­tin Den­ny. Puis l’in­spi­ra­tion a fusé et les morceaux se sont enchaînés. Adepte des syn­thé­tiseurs, sam­pleurs et ordi­na­teurs en tout genre, le groupe crée alors une musique pop élec­tron­ique, qui fera de lui l’un des pio­nniers de ce nou­veau genre.

Très vite, l’in­flu­ence de Yel­low Mag­ic Orches­tra s’é­tend au-delà du Japon. Dès jan­vi­er 1980 et avec la chute du dis­co aux États-Unis, le groupe entre dans le Bill­board Hot Soul avec “Com­put­er Game”, rival­isant ain­si avec des poids lourds du RnB mondial.

Les mem­bres de YMO ont cessé de tra­vailler ensem­ble à plusieurs repris­es, sans jamais utilis­er de terme défini­tif comme ‘sépa­ra­tion’ et en se regroupant ‑parfois- sous le nom d’Hu­man Audio Sponge. Et en réal­isant des com­po­si­tions com­munes, des pro­jets ou des inter­pré­ta­tions tous les trois, sans jamais aban­don­ner leurs car­rières solo. Musiques de films pour Sakamo­to qui a reçu un Oscar pour sa pro­duc­tion pour Le Dernier Empereur, un peu d’act­ing pour Taka­hashi et pour les 50 ans de car­rière de Haruo­mi Hosono, un film doc­u­men­taire No Smok­ing a été réalisé.

Sou­vent asso­ciés à Kraftwerk en tant que pio­nniers, Yel­low Mag­ic Orches­tra ‑en groupe ou non- et sa musique ont inspiré de nom­breuses généra­tions et plusieurs de leurs titres ont été sam­plés. Leur chan­son “Behind the Mask” a par exem­ple été reprise par Michael Jack­son. Rien que ça. Le bat­teur de Yel­low Mag­ic Orches­tra, Yuk­i­hi­ro Taka­hashi, vient de s’étein­dre des suites d’une pneu­monie, à l’âge de 70 ans. Après plusieurs pro­jets au sein du groupe Metafive et la sor­tie d’un sin­gle “Envi­ron­men­tal” en 2020, il s’é­tait retiré, tem­po­raire­ment, du monde de la musique pour subir une opéra­tion du cerveau à cause d’une tumeur. À l’an­nonce de sa mort, son cama­rade de YMO, Ryuichi Sakamo­to a posté un car­ré gris en son hom­mage. Une funeste nou­velle dans l’his­toire de la musique électronique.

 

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