Skip to main content
© Jacob Khrist
22 octobre 2018

Tonton raconte 20 ans de Nördik Impakt

par Simon Brazeilles

C’est l’un des événements électroniques majeurs de l’hiver. Tous les ans, au mois d’octobre, le festival Nördik Impakt s’impose en réunissant le meilleur du genre à Caen. Et cette année, encore plus que les autres ! Du 24 au 27 octobre, Laurent Garnier, Daniel Avery, Maceo Plex, Charlotte de Witte, BLOW, Madben, Rebeka Warrior et des dizaines d’autres artistes viendront souffler la vingtième bougie du festival. A l’occasion de cette édition anniversaire, Tonton, le programmateur de Nördik Impakt – tête pensante derrière tous ces beaux noms – nous a livré ses plus beaux souvenirs du festival et ce qui attend les spectateurs de cette édition.

La vingtième édition approche. Qu’avez-vous prévu de spécial, tout simplement ?

Au final, on reste sur un format plutôt classique. On va commencer au Cargö le mercredi et continuer dans des appartements le jeudi, dans une ambiance plus intimiste. Enfin, les vendredi et samedi, ce sera au tour des soirées au Parc des Expositions avec des artistes plus conséquents mais aussi des artistes locaux qu’on avait envie de voir. Par exemple, Laurent Garnier et Maceo Plex qu’on attend depuis plusieurs années, Honey Dijon ou encore Fakear, désormais reconnu internationalement, qui a fait ses premières armes au festival.

Donc il n’y a pas d’énorme tête d’affiche pour marquer le coup, comme on a pu le voir avec Muse pour les 20 ans de Garorock par exemple, c’est plutôt un bel ensemble d’artistes locaux et internationaux.

On est déjà dans un format où on envisage environ 10 000 personnes les vendredi et samedi. Aller chercher plus grand, ça voudrait dire un plus gros cachet et donc un prix du billet plus élevé. On veut rester dans des raisonnables, de la même manière que la plupart des festivals électro. Notre réflexion s’est plutôt portée sur ce melting-pot d’artistes qu’on voulait faire venir, ou revenir, et ce petit clin d’oeil à la scène locale.

Vous avez quand même choisi Jennifer Cardini et Vitalic pour faire office de marraine et parrain de cette édition. Pourquoi ?

C’est un autre clin d’oeil, c’est presque venu d’un micro-gag. Jennifer Cardini est venue sur le festival de nombreuses fois. Pareil pour Vitalic qui est venu présenter chacun de ses nouveaux albums. Ce sont deux artistes avec qui un lien affectif s’est créé. On s’est dit : « Tiens, ce serait drôle d’affirmer cette amitié avec ces deux artistes, qu’on voit régulièrement à Caen, qu’on aime et qui nous le rendent bien. » Jennifer Cardini va jouer et Vitalic va venir en tant qu’invité.

En l’espace de vingt ans, le festival a énormément évolué. Vous êtes passés de 1 500 spectateurs en 1999 à 22 500 l’année dernière. Même si tu n’es arrivé qu’en 2005, qu’est-ce que ça fait en tant que programmateur ?

En temps que programmateur, il y a un énorme plaisir à programmer d’énormes artistes comme Laurent Garnier ou Maceo Plex mais la joie est aussi d’aller chercher des artistes un peu moins connus. Cette année, nous sommes très contents d’accueillir Nicole Moudaber, très rare en France, ou l’Italien Ilario Alicante, qui a encore peu joué mais a tout d’un « artiste de demain ». En évoluant de 1 500 à 22 500 personnes, nous sommes arrivés à un format conséquent qu’on n’a plus forcément envie de voir grandir. On a envie de rester sur ce côté indépendant, direct et accessible. On n’a pas envie d’arriver sur des formats énormes où on a 50 000 personnes par jour. De toute façon, je pense que le propos musical ne le permettrait pas. Il faudrait être plus populaire, ce n’est pas notre envie. 20 ans, c’est l’âge de la maturité.

Si tu devais comparer ta première édition en 2005 et la dernière en 2017, qu’est-ce que tu retiendrais ?

Très honnêtement, c’est toujours le même plaisir. Cette excitation pré-festival, cette envie d’y être, cette magie des différentes soirées proposées. Voir les gens sourire, s’amuser, profiter, ça procure un vrai plaisir. De ce côté, rien n’a changé entre 2005 et aujourd’hui.

En treize éditions, tu as eu l’occasion de vivre plein de choses. Quel est ton meilleur souvenir ?

Il y a eu des sets assez mémorables. Voilà pourquoi Laurent Garnier revient pour cette vingtième édition : quand il a joué il y a treize ans, on devait terminer à 9 heures du matin mais la soirée était belle, ça s’est fini à 11 heures 30. On a complètement débordé. Je cite celui de Laurent Garnier mais le dernier set du festival est toujours mémorable. Dans l’organisation, tout passe tellement vite qu’on ne voit pas grand chose mais lors de ce dernier set, l’équipe arrive enfin à profiter de la musique.

Et ton pire souvenir ?

On a vécu l’annulation conséquente de Kaytranada en 2013 à cause d’un problème de transport. C’est compliqué d’aller vers le public et d’essayer d’expliquer qu’un artiste, majeur sur ce coup, ne sera pas présent. C’est un moment assez dur pour l’ensemble de l’équipe.

Y a-t-il un nom que tu rêvais d’avoir, as essayé d’avoir pendant des années et as enfin réussi à avoir ?

J’ai peur de me répéter mais je vais encore citer Laurent Garnier. Je suis arrivé il y a treize ans et cette année, c’était ma treizième demande pour Laurent Garnier. Vu le côté magique de son set, il y avait une énorme envie de le revoir. Pendant toutes ces années, les dates ne collaient pas car il était à l’autre bout du monde ou jouait en même temps à l’Amsterdam Dance Event. Au final, ça tombe bien car ça tombe sur les 20 ans. Dans les autres têtes d’affiche, il y a aussi Maceo Plex que je voulais depuis plusieurs années. Le travail de programmateur, c’est aussi la récurrence : « Si ce n’est pas cette année, ce sera l’année prochaine ! » Il y a toujours quelque chose de mieux en face. Dans notre cas, c’est souvent l’ADE mais à force de persistance, on y arrive.

Plus personnellement, y a-t-il un artiste que tu rêverais de programmer mais que tu n’as jamais réussi ?

Je ne réussirai jamais à les avoir mais j’ai pris une telle claque avec leur show en 2007 : ce sont les Daft Punk ! C’est sûrement l’ultime de la musique électronique. J’ai aussi pu voir Kraftwerk aux Trans Musicales, ce serait un rêve de les voir jouer à Nördik Impakt mais ils ne tournent malheureusement plus. C’est un tas de paramètres : ce sont des artistes trop gros, qui ne jouent plus, qui ne sont pas accessibles. A l’époque, on avait pu proposer Justice mais ils sont devenus tellement grands, ce n’est plus possible dans le format actuel. Tant mieux pour eux !

Plus d’informations sur le site du festival

Visited 24 times, 1 visit(s) today