Triller, la plateforme de vidéos que les artistes préfèrent à TikTok

Rival en puis­sance de Tik­Tok, l’ap­pli­ca­tion Triller pos­sède quelques avan­tages indé­ni­ables qui pour­raient lui per­me­t­tre non pas de rat­trap­er le géant chi­nois, mais d’at­tir­er plus d’artistes sur sa plate­forme.

L’ap­pli­ca­tion Tik­Tok, très pop­u­laire chez les moins de 18 ans, offre des clés pour com­pren­dre l’im­pact et l’ap­port des réseaux soci­aux sur les artistes et l’in­dus­trie musi­cale. La cor­réla­tion entre les titres les plus util­isés sur l’app et l’ex­plo­sion de cer­tains tubes est indé­ni­able. Pour Lil Nas X, cela a lancé sa car­rière. Grâce au buzz sus­cité par le titre “Old Town Road”, le jeune util­isa­teur de l’app est devenu une star plané­taire. Cer­tains tubes per­me­t­tent égale­ment de replac­er un artiste dans les charts. C’est le cas d’Ari­zona Zer­vas avec le tube “ROXANNE” ou de Rod­dy Ricch avec “The Box”. Grâce aux memes générés par cer­taines vidéos, l’ap­pli­ca­tion est devenu un moyen de pro­mo­tion pou­vant se révéler bien plus effi­cace que n’im­porte quel autre réseau social. L’ex­pli­ca­tion de ce phénomène qui n’est plus isolé, réside dans le fait que l’app met tout en oeu­vre pour que les musiques puis­sent gag­n­er forte­ment en pop­u­lar­ité, prof­i­tant ain­si autant à l’ap­pli­ca­tion, qui génère du traf­ic, qu’à l’artiste.

Mais hormis Tik­Tok, dont le suc­cès n’est plus à prou­ver, une autre appli­ca­tion est en train de s’im­pos­er auprès des artistes grâce à la flu­id­ité et la sim­plic­ité de sa plate­forme : Triller. Gam­bi, NBA Youn­goy Da Baby ou Lil Tec­ca, des noms fam­i­liers pour ceux qui s’in­téressent aux plus gros vendeurs de sin­gle de rap sur ces derniers mois. Ces nou­velles stars améri­caines ou français­es ont un point com­mun : ils sont des util­isa­teurs assidus de Triller. Comme Tik­Tok, cette appli­ca­tion pro­pose de se filmer en play­back en pas­sant une musique. Elle se sert de l’in­tel­li­gence arti­fi­cielle afin de per­me­t­tre aux util­isa­teurs d’avoir un mon­tage automa­tisé et syn­chro­nisé avec le rythme de chaque musique pour leurs clips vidéos de 15 sec­on­des. Le for­mat est idéal pour poster des snip­pets, courts extraits de morceaux qui ne sont pas encore sor­tis, et faire saliv­er leurs fans dans l’at­tente du titre inté­gral.

C’est une banal­ité de dire que le stream­ing a ren­ver­sé le mod­èle financier de l’é­conomie de la musique. Mais lorsque l’on s’in­téresse aux appli­ca­tions de créa­tions vidéos telles que Tik­Tok ou Triller, il est essen­tiel de com­pren­dre que ce boule­verse­ment a notam­ment eu pour con­séquence de lui don­ner accès à une cible beau­coup plus jeune. Cible qui est la prin­ci­pale util­isatrice de ces deux appli­ca­tions. Et si Triller, ses 26,5 mil­lions d’u­til­isa­teurs par mois, ne représente encore rien face au géant chi­nois qui en affiche 800 mil­lions, l’ap­pli­ca­tion est dev­enue la plate­forme priv­ilégiée par les artistes, labels et ser­vices de stream­ing.

En effet, pour le choix des musiques de leurs vidéos, les util­isa­teurs peu­vent télécharg­er leurs pro­pres audios ou des chan­sons du cat­a­logue Triller. Et con­traire­ment à Tik­Tok, les chan­sons du cat­a­logue ne sont pas des repris­es ou remix, mais vien­nent directe­ment des labels. Le mythique label de rap Def Jam, Capi­tol Records ou encore Sony Music ont signé un parte­nar­i­at con­cer­nant les droits d’u­til­i­sa­tion de leurs cat­a­logue. Spo­ti­fy et Apple Music sont égale­ment asso­ciés à la firme franco-américaine.

Les artistes améri­cains ont mas­sive­ment investi la plate­forme

L’application per­met d’é­couter légale­ment des titres dans leur inté­gral­ité, générant à chaque écoute un revenu pour le label et l’artiste en ques­tion. Un avan­tage non nég­lige­able pour les labels et artistes, qui n’hési­tent plus à réalis­er des play­backs de leurs nou­veaux titres sur la plate­forme. Hormis Tik­Tok, l’ap­pli­ca­tion Triller pour­rait alors devenir aus­si un con­cur­rent pour YouTube, en per­me­t­tant une pro­mo­tion assurée à moin­dre coût. Selon Yann-Mael Larher, expert en trans­for­ma­tion dig­i­tale au Figaro, « l’atout de Triller est le fait qu’il val­orise d’abord la musique, con­traire­ment à Tik­Tok, où la musique sert la vidéo ».

Pour se dévelop­per à l’in­ter­na­tion­al, l’application franco-américaine a levé 28 mil­lions de dol­lars en octo­bre dernier. Triller a égale­ment reçu le sou­tien de stars comme The Week­nd ou Snoop Dogg, ce qui leur per­me­t­tra d’obtenir des con­tenus exclusifs de ces artistes. Pour l’in­stant majori­taire­ment cen­tré sur le hip-hop, genre le plus pop­u­laire sur la tranche d’âge ciblée, l’ap­pli­ca­tion a la volon­té de se diver­si­fi­er, à com­mencer par l’EDM. Il sem­ble qu’on n’ait pas fini d’en­ten­dre par­ler de Triller.

Comme sur Tik­Tok, les util­isa­teurs sont invités à repro­duire des chal­lenges, dont les artistes peu­vent être à l’o­rig­ine.

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