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26 mars 2020

Vitalic : « Le vrai talent c’est prendre des risques, rechercher la créativité »

par Patrice BARDOT

Après Arnaud Rebotini en 2019, c’est Vitalic, qu’on ne présente plus, qui endosse le rôle de parrain pour la nouvelle édition du réputé tremplin, le BPM Contest 2020. Du 30 mars au 11 avril, les 12 projets finalistes seront diffusés chaque jour via Clubbing Tv et sur la page Facebook du tremplin en live session de 30 minutes. Après délibération du jury, le ou la gagnant·e qui succédera à Mila Dietrich, couronnée l’an dernier, sera désigné.e le 29 avril.

Pourquoi avoir accepté d’être le parrain du BPM Contest ?

Ce n’est pas le genre de choses que je fais très souvent, même si j’ai déjà été le parrain de tremplins à la recherche de nouveaux talents, comme à Caen pour le Cargö, où on avait repéré des musiciens qui depuis ont eu un beau succès. J’ai trouvé que c’était une bonne expérience et cela permettait de rencontrer de jeunes artistes.

Est-ce que c’est important ce rôle de transmission ?

Il faut accepter le côté un peu “papa” qui ne veut pas pas dire “momie”. Je ne suis plus le minot des années 2000 (rires). Mais c’est aussi bénéfique, on peut en tirer des choses intéressantes. Je suis encore là, j’ai des choses à dire en musique, même si je me situe à part des mouvements et des modes.

« Il faut expérimenter, c’est ce qui manque aujourd’hui. Mais ceux qui sortent du lot se font d’autant plus remarquer. »

Est ce qu’il y a des personnes qui au début de ta carrière, ont joué pour toi ce rôle de parrain ?

Je ne sais pas si on peut le qualifier de parrain, mais Laurent Garnier a eu un rôle important pour moi, depuis ses passages à L’An-fer (club mythique de Dijon dans les années 90, ndr). A l’époque, je lui envoyais des cassettes de démo. Il y a eu beaucoup d’échanges et de conseils avec lui et aussi Eric Morand (le co-fondateur du label FCOM, ndr). Quelque part, je me sens dans le sillage de Laurent, même s’il est beaucoup plus techno et moi plus électro. Il y a un lien, une connexion.

 

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Comment un jeune artiste peut-il percer en 2020 ?

Avant Internet, on passait par les labels. Maintenant les nouveaux arrivants peuvent zapper cette étape. Surtout dans le rap où les percées sont fulgurantes. Un artiste comme Gambi, il s’est fait un nom énorme en quelques semaines avec deux morceaux postés sur les réseaux. Le tuyau entre le musicien et le public est très court aujourd’hui. Avant, le processus était très long.

© Jeremie Blancfene

Le challenge c’est de durer pour un artiste…

Il y a toujours eu de la musique jetable mais c’est vrai que le rythme s’est accéléré. Le vrai talent, c’est prendre des risques, chercher de la créativité.

Tu crois que c’est plus facile ou plus difficile de réussir aujourd’hui qu’à tes débuts ?

Je n’ai pas la réponse. Mais je suis quand même content d’avoir percé au début des années 2000 où il y avait moins de musiques. On sortait plus facilement. Maintenant les producteurs sont très nombreux. Donc c’est forcément plus compliqué. Mais ceux qui doivent ressortir du lot y arrivent toujours. Quand on a quelque chose à dire, on trouve toujours le moyen de se faire entendre.

Quel regard portes tu sur les nouveaux producteurs ?

Je trouve que la scène française est super. Il y a toute une jeune génération très créative comme Laake. Il ose établir des ponts incroyables entre piano et hardcore et ça marche. Cela a peut être déjà été réalisé par le passé, mais lui y arrive avec beaucoup de dextérité. C’est fluide, à la fois violent et joli. Shlømo également possède une patte très personnelle, Zimmer aussi a déjà son propre vocabulaire avec une élégance que je trouve remarquable.

 

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Est-ce que l’on te demande souvent des conseils ?

Pas vraiment des conseils mais j’échange beaucoup avec cette génération qui a découverte les machines, on a du grain à moudre, parce que l’on aime beaucoup ça.

Quels conseils donnerais-tu aux douze finalistes du BPM Contest 2020 ?

De ne pas avoir la paresse de vouloir absolument entrer dans le moule et de faire de la musique d’assemblage comme on en entend beaucoup en soirée. Ça marche bien à 5h du mat’ avec beaucoup de strob’, mais il faut se donner les moyens de sortir des rails. Il faut expérimenter, c’est ce qui manque aujourd’hui. Mais ceux qui sortent du lot se font d’autant plus remarquer.

Sinon le confinement ça se passe bien ?

Je travaille sur une musique de film. Et puis je devais sortir un premier single en janvier et un album un peu plus tard. J’étais un peu en panique sur les délais mais je pense qu’il n’y a plus de problèmes maintenant. Bien sûr c’est très flippant ce virus, mais je n’ai jamais pu me poser comme ça sur une longue période pendant un mois à la campagne au soleil avec personne autour. Je suis dans un état d’esprit un peu spécial. Je me réveille, je vais courir, et après je fais de la musique jusqu’au soir.

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