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Trois titres, un podcast et un 93 tout en poésie pour le dernier EP de Catastrophe

Cat­a­stro­phe nous prend la main et nous entraîne en Seine-Saint-Denis avec 9 + 3, un pod­casts en 9 par­ties et 3 morceaux. Une balade humaine, sen­sorielle et poétique.

Cat­a­stro­phe revient “plus fort·es et plus haut·es” avec un pro­jet digne d’un épisode des Racines et des ailes. Un pod­cast en neuf par­ties et trois nou­veaux titres inti­t­ulés 9 + 3. 9 + 3,  comme et pour le 93, départe­ment dans lequel le trio a séjourné et surtout s’est bal­adé depuis 2020. Un pro­jet qui s’in­scrit dans le cadre de leur rési­dence de créa­tion avec le MAAD 93 (le réseau des musiques actuelles de la Seine-Saint-Denis). Dans leur pod­cast, Pierre, Blan­dine Car­ol et Arthur, nous parta­gent leurs péré­gri­na­tions et leur quête d’in­spi­ra­tion dans le 93. Finale­ment, ils nous révè­lent sous un regard rafraichissant, musi­cal et humain le départe­ment de la Seine-Saint-Denis.

On croise d’abord le chemin de Délivrance, tailleur de pierre à la cathé­drale, mal­heureuse­ment mécon­nue, de Saint-Denis. Il partage au groupe son rap­port aux pier­res et son obses­sion de laiss­er des let­tres, mes­sages, objets entre celles-ci. Finale­ment, n’est-ce pas un des besoins pri­mor­diaux de l’e­spèce humaine : laiss­er un sou­venir de soi aux généra­tions futures ? Vivre après la mort ? Le groupe en a bien com­pris toute la sym­bol­ique, qu’il retran­scrit dans le titre instru­men­tal “La mémoire des pierres”.

Dans sa quête, Cat­a­stophe s’ar­rête égale­ment à la chorale de la mai­son pop­u­laire de Mon­treuil avec l’idée d’en­reg­istr­er un morceau avec des enfants. De cette col­lab­o­ra­tion naît le titre “Plus fort plus haut”. Les enfants ne sont pas les seul·es invité·es : face aux voix de cette jeune généra­tion résonne celle d’un rési­dent de l’EH­PAD Émile Zola de Rosny-sous-Bois. L’homme se sou­vient de son enfance, et nous nous sou­venons avec lui. Enfin il y a “Avant la nuit”, douce bal­lade piano-voix qui fait écho aux témoignages recueil­lis auprès des résident·es de cet EHPAD.

Avec 9 + 3, Cat­a­stro­phe démon­tre de manière poé­tique et touchante — mag­nifique, disons-le — l’in­flu­ence d’un ter­ri­toire sur l’art.

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