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Un producteur de musique a été roué de coups par 3 policiers dans son studio

Alors que la loi “sécu­rité glob­ale”, qui pénalise notam­ment la dif­fu­sion “malveil­lante” d’im­ages de policiers, est au cœur de la polémique en France, une vidéo de caméra de sur­veil­lance mon­trant le pas­sage à tabac d’un pro­duc­teur de musique par des policiers dans son stu­dio a été dif­fusée jeu­di par le média Loop­sider. Le min­istre de l’In­térieur Gérald Dar­manin a demandé la sus­pen­sion des policiers impliqués.

L’évène­ment s’est pro­duit same­di dernier à Paris, dans le 17e arrondisse­ment. Michel, pro­duc­teur de musique à la tête de la société de pro­duc­tion Black Gold Stu­dios, arrive devant ses locaux pro­fes­sion­nels mais ne porte pas de masque. Il croise une voiture de police et décide alors de ren­tr­er à l’in­térieur de son stu­dio pour échap­per à une éventuelle amende, selon son réc­it des faits. Mais les policiers le suiv­ent et pénètrent dans ses locaux, illé­gale­ment, où ils rouent l’homme de coups et d’in­sultes racistes pen­dant treize min­utes. Ils ne le savent pas, mais ils sont filmés par la caméra de sur­veil­lance du lieu.

Sans ces images-là, moi, je serais en prison aujourd’hui.

Ils arrê­tent les coups quand les artistes qui enreg­is­traient au sous-sol finis­sent par enten­dre les cries de Michel et vien­nent inter­venir, avec dif­fi­culté. Repoussés à l’extérieur, les policiers bal­an­cent une grenade lacry­mogène à tra­vers la vit­rine. Michel est ensuite placé en garde à vue pen­dant 48 heures pour “vio­lences sur per­son­ne déposi­taire de l’au­torité publique” et “rébel­lion”. Dans leur déc­la­ra­tion, les policiers dis­ent que Michel a essayé de les frap­per et de pren­dre les armes, ce que Michel nie et que la vidéo ne sem­ble pas montrer.

Jeu­di, le média Loop­sider dif­fuse sur les réseaux soci­aux la séquence inté­grale qui mon­tre la vio­lence inouïe de la scène. Ils pub­lient égale­ment une vidéo avec le témoignage de Michel, qui com­mente : “Sans ces images-là, moi, je serais en prison aujourd’hui”.

Update 27/11/20 : une nou­velle vidéo filmée par un voisin apporte un autre éclairage sur cette inter­ven­tion à la vio­lence inouïe.

Enquête ouverte pour “violence”

Gérald Dar­manin a demandé au préfet de police de “sus­pendre à titre con­ser­va­toire les policiers con­cernés”, comme il l’a écrit dans un tweet. Il a pré­cisé que l’IG­PN a été saisie dès mar­di, un jour avant que la vidéo sorte sur les réseaux soci­aux. Les policiers font l’ob­jet d’une enquête du par­quet de Paris pour “vio­lences par per­son­nes déposi­taires de l’au­torité publique” et “faux en écri­t­ure publique”.

Il faut com­pren­dre que si la loi “sécu­rité glob­ale” était en vigueur, il aurait été illé­gal de dif­fuser cette vidéo aujour­d’hui. Une “Marche des lib­ertés con­tre les lois lib­er­ti­cides” est organ­isée same­di à 14h dans toute la France.

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