Vers la fin de l’élitisme de Boiler Room ?

La légende de la tech­no de Détroit, Carl Craig, sem­ble s’être réap­pro­prié, non sans ironie, le con­cept de Boil­er Room. C’é­tait le 29 novem­bre dernier, au fes­ti­val Polaris en Suisse. Carl Craig devait faire revivre son pseu­do­nyme Paper­clip Peo­ple, joué une seule fois en 1999 à San Fran­cis­co. Mais entre génie ou malaise, notre cœur bal­ance. Masque de ski sur le nez, énorme man­teau en four­rure sur le dos, micro à portée de bouche façon club de vil­lage, ser­vice cham­pagne et surtout harem de filles en key­tars qui nous ren­voie immé­di­ate­ment au clip de Robert Palmer, “Addict­ed To Love”, bref, tout ça sent la farce à plein nez.

Sup­primée des réseaux soci­aux de la chaîne, une copie de la vidéo a quand même été mise en ligne. Les réac­tions des inter­nautes oscil­lent entre amuse­ment et insur­rec­tion. Pour­tant, tech­nique­ment, le set n’est pas si mau­vais et la musique de bonne fac­ture. Alors quel mes­sage faudrait-il y voir ? Une forme de dénon­ci­a­tion de la star­i­fi­ca­tion du DJ ? Ou de l’élitisme de Boil­er Room et de cer­tains clubs qui cul­tivent l’entre-soi plutôt que l’e­sprit fédéra­teur de la fête ? Peut-être que tout ce cirque serait pour désacralis­er Boil­er Room et désamorcer le sérieux qu’en­toure les sets des artistes qui y jouent (sinon, pourquoi l’avoir sup­primé ?) Ou bien tout sim­ple­ment un énorme délire de l’artiste ? Vous avez deux heures.

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