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Vitalic : “Le vrai talent c’est prendre des risques, rechercher la créativité”

Après Arnaud Rebo­ti­ni en 2019, c’est Vital­ic, qu’on ne présente plus, qui endosse le rôle de par­rain pour la nou­velle édi­tion du réputé trem­plin, le BPM Con­test 2020. Du 30 mars au 11 avril, les 12 pro­jets final­istes seront dif­fusés chaque jour via Club­bing Tv et sur la page Face­book du trem­plin en live ses­sion de 30 min­utes. Après délibéra­tion du jury, le ou la gagnant·e qui suc­cédera à Mila Diet­rich, couron­née l’an dernier, sera désigné.e le 29 avril.

Pourquoi avoir accep­té d’être le par­rain du BPM Con­test ?

Ce n’est pas le genre de choses que je fais très sou­vent, même si j’ai déjà été le par­rain de trem­plins à la recherche de nou­veaux tal­ents, comme à Caen pour le Cargö, où on avait repéré des musi­ciens qui depuis ont eu un beau suc­cès. J’ai trou­vé que c’était une bonne expéri­ence et cela per­me­t­tait de ren­con­tr­er de jeunes artistes.

Est-ce que c’est impor­tant ce rôle de trans­mis­sion ?

Il faut accepter le côté un peu “papa” qui ne veut pas pas dire “momie”. Je ne suis plus le minot des années 2000 (rires). Mais c’est aus­si béné­fique, on peut en tir­er des choses intéres­santes. Je suis encore là, j’ai des choses à dire en musique, même si je me situe à part des mou­ve­ments et des modes.

Il faut expéri­menter, c’est ce qui manque aujourd’hui. Mais ceux qui sor­tent du lot se font d’autant plus remar­quer.”

Est ce qu’il y a des per­son­nes qui au début de ta car­rière, ont joué pour toi ce rôle de par­rain ?

Je ne sais pas si on peut le qual­i­fi­er de par­rain, mais Lau­rent Gar­nier a eu un rôle impor­tant pour moi, depuis ses pas­sages à L’An-fer (club mythique de Dijon dans les années 90, ndr). A l’époque, je lui envoy­ais des cas­settes de démo. Il y a eu beau­coup d’échanges et de con­seils avec lui et aus­si Eric Morand (le co-fondateur du label FCOM, ndr). Quelque part, je me sens dans le sil­lage de Lau­rent, même s’il est beau­coup plus tech­no et moi plus élec­tro. Il y a un lien, une con­nex­ion.

 

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Com­ment un jeune artiste peut-il percer en 2020 ?

Avant Inter­net, on pas­sait par les labels. Main­tenant les nou­veaux arrivants peu­vent zap­per cette étape. Surtout dans le rap où les per­cées sont ful­gu­rantes. Un artiste comme Gam­bi, il s’est fait un nom énorme en quelques semaines avec deux morceaux postés sur les réseaux. Le tuyau entre le musi­cien et le pub­lic est très court aujourd’hui. Avant, le proces­sus était très long.

© Jere­mie Blancfene

Le chal­lenge c’est de dur­er pour un artiste…

Il y a tou­jours eu de la musique jetable mais c’est vrai que le rythme s’est accéléré. Le vrai tal­ent, c’est pren­dre des risques, chercher de la créa­tiv­ité.

Tu crois que c’est plus facile ou plus dif­fi­cile de réus­sir aujour­d’hui qu’à tes débuts ?

Je n’ai pas la réponse. Mais je suis quand même con­tent d’avoir per­cé au début des années 2000 où il y avait moins de musiques. On sor­tait plus facile­ment. Main­tenant les pro­duc­teurs sont très nom­breux. Donc c’est for­cé­ment plus com­pliqué. Mais ceux qui doivent ressor­tir du lot y arrivent tou­jours. Quand on a quelque chose à dire, on trou­ve tou­jours le moyen de se faire enten­dre.

Quel regard portes tu sur les nou­veaux pro­duc­teurs ?

Je trou­ve que la scène française est super. Il y a toute une jeune généra­tion très créa­tive comme Laake. Il ose établir des ponts incroy­ables entre piano et hard­core et ça marche. Cela a peut être déjà été réal­isé par le passé, mais lui y arrive avec beau­coup de dex­térité. C’est flu­ide, à la fois vio­lent et joli. Shlø­mo égale­ment pos­sède une pat­te très per­son­nelle, Zim­mer aus­si a déjà son pro­pre vocab­u­laire avec une élé­gance que je trou­ve remar­quable.

 

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Est-ce que l’on te demande sou­vent des con­seils ?

Pas vrai­ment des con­seils mais j’échange beau­coup avec cette généra­tion qui a décou­verte les machines, on a du grain à moudre, parce que l’on aime beau­coup ça.

Quels con­seils donnerais-tu aux douze final­istes du BPM Con­test 2020 ?

De ne pas avoir la paresse de vouloir absol­u­ment entr­er dans le moule et de faire de la musique d’assemblage comme on en entend beau­coup en soirée. Ça marche bien à 5h du mat’ avec beau­coup de strob’, mais il faut se don­ner les moyens de sor­tir des rails. Il faut expéri­menter, c’est ce qui manque aujourd’hui. Mais ceux qui sor­tent du lot se font d’autant plus remar­quer.

Sinon le con­fine­ment ça se passe bien ?

Je tra­vaille sur une musique de film. Et puis je devais sor­tir un pre­mier sin­gle en jan­vi­er et un album un peu plus tard. J’étais un peu en panique sur les délais mais je pense qu’il n’y a plus de prob­lèmes main­tenant. Bien sûr c’est très flip­pant ce virus, mais je n’ai jamais pu me pos­er comme ça sur une longue péri­ode pen­dant un mois à la cam­pagne au soleil avec per­son­ne autour. Je suis dans un état d’esprit un peu spé­cial. Je me réveille, je vais courir, et après je fais de la musique jusqu’au soir.

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