La scène musicale bordelaise est en deuil. Après 15 ans de concerts, de fêtes, de festivals et d’expérimentations artistiques, le lieu culturel flottant ferme ses portes. Cela survient trois semaines après l’annonce d’une fermeture administrative de deux mois que l’IBOAT allait subir de plein fouet. Tristesse absolue.
« Touché coulé », peut-on lire sur le comte Instagram de l’IBOAT. Les équipes viennent de le confirmer à travers un communiqué : après ses deux mois de fermeture administrative, le club sur l’eau, qui perdurait depuis 15 années malgré les difficultés quotidiennes, ne rouvrira pas ses portes. Pour rappel, le lieu culturel subissait une fermeture administrative prononcée par la préfecture de Gironde à cause de faits d’agressions sexistes et sexuelles survenus entre ses murs.
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Accusé de ne pas avoir réagi, l’IBOAT se défendait via un autre communiqué. “Notre équipe est intervenue sans délai”, écrivaient-ils sur Instagram, “l’auteur présumé a été identifié, exclu du lieu et remis aux forces de l’ordre”. Après l’annonce de cette fermeture administrative d’une durée de deux mois, un référé a été introduit devant le Conseil d’État, dans le but de faire annuler la décision. Le tribunal a rejeté la demande. Les équipes dénonçaient déjà « une décision qui détruit plus qu’elle ne répare ». Eh bien, nous y sommes, trois semaines après, l’IBOAT n’est plus. Il n’aura pas fallu beaucoup de temps.
« L’IBOAT n’était pas une discothèque, il était une scène »
Ce n’est pas qu’un lieu festif que Bordeaux perd, c’est un pan de sa scène musicale entier. L’IBOAT, c’était des concerts, des rendez-vous musicaux expérimentaux, plusieurs festivals et, évidemment, des nuits fiévreuses. C’était un lieu défricheur où de jeunes artistes ont fait leur premiers pas en côtoyant les grands, un lieu où des collectifs sont nés, un lieu qui soutenait la culture locale.
Du côté du public, grand nombre de jeunes bordelaises et bordelais y ont découvert l’art du clubbing et les musiques électroniques. Même si l’éclectisme musical qualifiait L’IBOAT, il les portait en étendard, ces musiques électroniques, sans se faire engloutir par quelconques trends. Ça nous manquera beaucoup.
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Enfin, Tsugi a une grande pensée pour toutes les équipes. Même si l’IBOAT a traversé des tempêtes, mais n’a finalement pas survécu au naufrage, les souvenirs, eux, perdurent. Merci pour ces moments de musique, de fête, de découverte et de joie.


























































































