Des comptes techno et queer bannis d’Instagram, Meta accusé de censure

par | 29 08 2025 | news

Depuis quelques jours, une série de suppressions de comptes Instagram frappe les milieux alternatifs. Des collectifs techno, queer et fetish voient leurs profils disparaitre du réseau social, sans explication de la part de Meta et a priori sans enfreindre aucune règle de la plateforme.

Le 20 août, Gegen Berlin — collectif techno réputé pour ses soirées queer et inclusives — dénonçait dans un communiqué la suppression de son compte et de ceux de ses membres. Un sort similaire semble avoir été réservé à plusieurs acteurs de la scène alternative européenne : notamment La Culottée, collectif de fêtes électroniques queer ; Subverted, label queer de techno industrielle ; ou encore Replicant Events, dédié aux sous-cultures et musiques alternatives. À Hong Kong, le Mihn Club a également vu son profil supprimé après avoir diffusé des contenus queer.

Et la vague de suppressions ne s’arrête pas au milieu festif, puisque la militante écologiste Mathilde Caillard — alias MC danse pour le climat — a elle aussi perdu son compte, toujours sans justification.

Dans le cas de Replicant Events, les premières suppressions ont touché les pages @Forensics, vitrine de leurs soirées techno fetish et @ReplicantEvents, le compte officiel de leur société de production. Quelques jours plus tard, ce sont les profils de leurs événements Tech Noire et Marché Drag, ainsi que celui de l’artiste Ghost Elektra qui ont disparu du réseau social. Résultat : la perte de leurs principaux canaux de communication, une chute de visibilité et des billetteries fragilisées — autant de menaces pour la survie financière et la réputation de ces collectifs.

Meta (qui détient Instagram) de son côté, n’a annoncé aucun changement dans les règles d’Instagram et n’a pas réagi publiquement aux protestations. Gegen Berlin dénonce une « censure assumée » et pointe les « biais » algorithmiques de la plateforme. 

Replicant Events parle pour sa part « d’attaques personnelles et ciblées », issues d’une politique de modération jugée « discriminatoire ». Son président, Lenny Cartwright, a précisé dans un échange de mails avec la fondatrice de You’re in qu’ « Aucun nouveau contenu n’avait été publié, à l’exception d’un message exprimant notre soutien au peuple palestinien ».

Les collectifs dénoncent « l’hypocrisie » de Meta. Rappelant par exemple que le latex, le cuir et les esthétiques fetish sont tolérés sur des comptes de magazines de mode ou lors de tapis rouges, mais censurés dès qu’ils apparaissent dans le cadre de soirées techno queer. 

Les demandes de révision humaine envoyées à la plateforme n’ont pour l’instant pas été satisfaites. Face à l’impasse, Gegen Berlin et Replicant Events ont entamé des démarches judiciaires avec leurs avocats. En attendant, ils appellent à la solidarité et invitent collectifs, influenceurs et créateurs de contenus bannis à se rassembler pour faire front commun.