La politique de Donald Trump pousse de plus en plus d’artistes et d’inconnus à composer et écrire des protest songs. Tsugi décrypte ce phénomène.
“Alex Pretti and Renee Good / Oh, Minneapolis, I hear your voice” (“Alex Pretti et Renee Good / Oh, Minneapolis, j’entends ta voix”) chante Bruce Springsteen sur la scène de First Avenue, le 30 janvier dernier.
Guitare à la main, harmonica à la bouche, la légende du rock américain entonne son nouveau morceau “Streets of Minneapolis”, écrit et enregistré en seulement 48h à la suite de la mort d’Alex Pretti et de Renee Good, deux citoyens abattus par l’ICE. Par sa rapidité de production et sa critique claire de la police des frontières américaines, le titre s’inscrit dans les protest songs. On les décrit comme des hymnes fédérateurs accompagnant les différents mouvements sociaux qui font partie de la tradition musicale américaine.
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Revival des protest songs via les codes de la musique folk
Un an après le retour de Donald Trump à la présidence des États-Unis, ces morceaux sont de plus en plus nombreux et populaires. Ce phénomène est particulièrement incarné par un style musical ayant toujours porté ces combats politiques : la folk. Joan Baez est ainsi retournée en studio pour enregistrer « No Kings », nom des manifestations anti-Trump et Billy Bragg a sorti « City of Heroes », un pamphlet contre la police des frontières américaines, pour ne citer qu’eux. Des codes repris aussi par une partie de la génération Z.
La preuve en est avec Jesse Welles, jeune guitariste et chanteur, devenu viral sur les réseaux sociaux avec “Join ICE”, une fausse propagande satirique cumulant des millions d’écoutes : “If you’re in a need of a gig that’ll help you feel big / Come with me and put some folks in detention / Just last week was kind of rough / I put a kid in cuffs” (“Si tu as besoin d’un travail qui te fera te sentir grand / Viens avec moi et mets des gens en prison / La semaine dernière était un peu dure / J’ai mis des menottes à un enfant”).
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Depuis, d’illustres anonymes sur les réseaux sociaux s’emparent également de ces ballades. Armés d’une voix chevrotante, d’une guitare ou d’un banjo, ils témoignent de leur peur, de leur colère ou de leur amertume face à l’administration Trump. Une tendance qui nous donnerait presque l’impression de (re)vivre les années 1960 au moment où les mouvements pour les droits civiques et les mobilisations contre la guerre du Vietnam, étaient accompagnés en musique par Bob Dylan (vous savez, le petit chanteur qui a été joué par Timothé Chalamet, l’année dernière dans le biopic A Complete Unknow) ou Joan Baez. Une tendance un brin passéiste qui donne parfois le meilleur, parfois le pire… On vous laisse juger.
@odin.scott.coleman A song for AP. Lots of love to ya all, keep fighting the good fight ✊ #folkmusic#banjo#folksinger#protestsong#countrymusic♬ original sound - odin.scott.coleman
@mrliamstjohn If there ever was a time for blowin the whistle. Now would be a good time. Out now on YouTube! #politics#protestsong#folkmusic♬ original sound - mrliamstjohn
@buffalo_nichols Argue with yourself #ice#folkmusic♬ original sound - Buffalo Nichols




























































