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@ Affiche officielle / Amazon Prime Video
8 janvier 2024

Gabber et violence : que donne le film ‘Hardcore never dies’ ?

par Léa Crétal

Sorti en novembre dernier, le film néerlandais Hardcore never dies raconte l’histoire de deux frères issus des classes populaires au moment de l’émergence de la scène gabber aux Pays-Bas. Au programme, quelques clichés : des tempos à 200 bpm, beaucoup de drogue et pas mal de violence.

Lauréat du Golden Film Award, Hardcore never dies est un plongeon au coeur de la culture gabber. Le film prend place dans les banlieues populaires de Rotterdam et raconte l’histoire de deux frères. L’un a pour ambition de devenir pianiste ; l’autre est dealer et va initier son cadet à la scène gabber, aux raves et à la drogue.

 

hardcore never dies

@ capture d’écran du teaser officiel / youtube


Le film a été réalisé par Jim Taihuttu, compositeur et DJ néerlandais. En tant que membre du groupe Yellow Claw, il s’est produit au festival Tomorrowland en 2013 et a collaboré au cours de sa carrière avec Martin Garrix, DJ Snake et Diplo (rien que ça). Avec
Hardcore never dies, il a enfilé sa deuxième casquette : celle de scénariste et réalisateur, pour nous immerger dans la culture gabber.

Dans ce film les personnages arborent les coupes de cheveux typiques du mouvement : boules à zéro ou crânes à demi-rasés, assortis d’une queue de cheval tirée. En survêtements, lunettes rondes et Nike Air Max, ils s’entraînent à danser le hakken (cette danse rapide et martelée pratiquée par le public) devant leur miroir ou en rave. Et qui dit teuf gabber, dit parfois drogues dures. Alors Hardcore never dies, c’est aussi beaucoup de scènes de défonce.

 

 

De par son titre et sa thématique, Hardcore never dies semble faire un clin d’œil au documentaire sur le célèbre festival gabber Thunderdome never dies. Mais à la différence de ce dernier, le film de Jim Taihuttu ne prétend pas présenter de faits authentiques. Il s’agit plutôt de mettre en scène un récit fictionnel, dans un univers drame/thriller qui doit garder le spectateur en haleine pendant près de deux heures.

 

À lire également sur tsugi.fr : ‘Thunderdome never dies’, le docu sur la grand-messe hardcore hollandaise

 

À celles et ceux qui espèrent trouver dans ce film une vision documentaire de la musique gabber : ne vous méprenez donc pas, car le terme « hardcore » renvoie plutôt au recours à la violence et à l’usage excessifs de drogues, qu’au genre musical. Entre cocaïne, kétamine et bastons, le film dépeint en fait une histoire sinistre de délinquance… où la scène gabber sert davantage de toile de fond que de sujet principal. De quoi alimenter les stéréotypes autour de cette sous-culture.

C’est d’ailleurs l’un des reproches qui peuvent être faits au film : plutôt que de déconstruire les représentations négatives dont la scène gabber souffre, il représente une histoire d’excès et de brutalité qui risque de renforcer l’amalgame gabber-drogue-violence. C’est un peu dommage, car on aurait bien aimé y voir des profils plus diversifiés du public. Et bien que le film ne déjoue pas les stéréotypes, la qualité de sa réalisation et le talent des acteurs en font définitivement un film à voir. 

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