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© Pierre Snaps
2 février 2024

Lewis OfMan : « Pour cet album, je suis revenu au rock, à tout ce que j’écoutais plus jeune »

par Tsugi

Lewis Delhomme, remixé Lewis OfMan, est un éternel jeune fougueux dans le paysage électronique français. Que ce soit en featuring avec Carly Rae Jepsen, ou à la production pour Rejjie Snow ou Vendredi Sur Mer, mais aussi et surtout en live… le musicien fait souvent sensation. À l’occasion de son deuxième album Cristal Medium Blue, prévu pour le 9 février, on est partis lui poser deux-trois questions (voire un peu plus).

Par Léa Crétal et Olivia Beaussier


En 2022, Lewis Ofman sortait son premier album Sonic Poems. Un recueil de pop dansante, synthés funky, sauterie 1990s comme un joli bonbon acidulé. Déjà connu pour ses talents de producteur, Lewis OfMan impressionne seul sur scène lors de sa tournée internationale (on s’était fait surprendre à Rock en Seine il y a deux ans). Il revient cette année avec un deuxième album, Cristal Medium Blue, dont il a déjà dévoilé trois titres : ‘Hey Lou’, ‘Frisco Blues’ et ‘Highway’. Lewis est retourné puiser dans l’enfance, où il a retrouvé son désir de plus de liberté et de spontanéité. Un album qui sent la guitare, le voyage et la légèreté. On en a discuté avec lui.

Lewis Ofman

@ Pierre Snaps

 

Il s’est passé deux ans depuis ton album Sonic Poems. Qu’est-ce qui a changé depuis ?

Cristal Medium Blue est un album qui n’a rien à voir et que j’adore. Il n’est pas électronique, mais quasi-entièrement acoustique. Le live aussi a changé ; je suis avec un groupe maintenant. Je ne serai plus au clavier mais à la guitare électrique, alors que j’ai tourné avec mes trois synthés pendant cinq ans. C’était super, mais au fond de moi, je savais que ça allait bouger.

 

Tu qualifies cet album de ‘disque-concept’. On a l’impression que le fil rouge est l’idée d’un voyage. Tu confirmes ?

Oui ! C’est un album que j’ai fait à Los Angeles et pendant la tournée. C’était une vibe. J’étais tout seul et j’ai réussi à me créer une espèce de routine, dans une ville qui n’est pas la mienne. En plus, Los Angeles est un endroit où tu regardes par la fenêtre en écoutant de la musique et tu es directement inspiré x2000.

 

Ça ressemblait à quoi, une journée type pendant ta routine d’enregistrement à Los Angeles?

J’étais chez une amie qui avait un garage où je dormais. J’essayais de me réveiller vers huit ou neuf heures du matin. Ensuite, je marchais dix minutes jusqu’à Sunset Boulevard. Je prenais un café puis j’arrivais au studio vers onze heures. Au studio, je n’avais pas accès à tout ce que voulais, c’était un peu contraint. Mais c’était parfait, comme ça je ne me laissais pas envahir par des réflexions du type « ah mais on pourrait essayer tel ou tel truc! » Ce qui était super aussi, c’est que j’étais tout seul. Il n’y avait pas d’autres personnes dans le studio, pas même de personnel. Il n’y avait aucun regard posé sur moi.

 

A lire aussi sur tsugi.fr : Lewis Ofman sort son premier album Sonic Poems un recueil de morceaux pop et dansants 

 

Quelles ont été tes inspirations pour cet album?

Pendant l’été 2022, j’ai vécu une sorte de rupture. Et en général dans ce cas-là, on fait un peu un retour à soi. Je suis revenu à tout ce que j’écoutais quand j’étais plus jeune. J’ai écouté beaucoup de rock des années 60 et 70, des trucs de Woodstock… Ça a inspiré Cristal Medium Blue.

Lewis Ofman

@ Pierre Snaps

 

Dans le nouvel album, il y a des titres entièrement instrumentaux. Penses-tu que les instruments en disent parfois plus que les mots ?

Oui, c’est plus abstrait. Avec des mots, il y a plus de paramètres. Il y a la façon de dire le mot, quel mot on a choisi… C’est un casse-tête. Les mots emprisonnent forcément un sens, alors que les instruments permettent à plus de gens de pouvoir s’identifier.

Lewis Ofman

@ Pierre Snaps

 

Cristal Medium Blue est ‘guitare-centré’, alors que ton premier album est plutôt ‘synthé-centré’. Qu’est-ce qui change quand on fait un album où les guitares dominent ?

La guitare, c’est plus ‘rêveur’.  Je trouve aussi que c’est un instrument plus loose et moins funky. Alors qu’avec le synthé, mes mains frappent instinctivement le clavier. C’est aussi un instrument que je connais beaucoup moins. Sur un synthé, peu importe qui touche une note, ce sera toujours la même. Avec une guitare, il y a différentes manières de toucher une corde. Donc forcément, il y a une façon de jouer qui est plus aventureuse. Ça te met en contact avec la mélodie elle-même.


Tu parles souvent d’un rêve avec Picasso qui a inspiré ton premier album. Comment met-on un rêve en musique ? 

Ce n’est pas quelque chose qu’on intellectualise vraiment. D’ailleurs, Cristal Medium Blue est un album pour lequel il n’y a eu quasiment aucune réflexion. C’était spontané. Typiquement, j’ai toujours rêvé d’utiliser un clavecin dans une chanson. Or dans le studio où je travaillais, il y avait un clavecin. Je m’en suis servi, ça a donné le morceau « Get Fly ». C’est venu comme ça. Après, il y a quand même des morceaux réfléchis : pour « Cruising », qui dure sept minutes, il y a eu un petit chantier.

 

Tu as une tournée européenne et américaine de prévue. Tu as hâte ? 

J’ai un peu peur. Maintenant je suis avec un groupe alors qu’avant, tout était centré sur moi. Je ne serai plus au clavier mais à la guitare, donc ça sera différent. Parfois, je finissais presque en pont quand je jouais au clavier, mais je ne vais pas faire ça avec mes guitares (rires).

 

… C’est la surprise pour toi aussi, en fait.

C’est la surprise pour tout le monde, oui ! Ce nouveau live, c’est un spectacle. Il y a un début, une fin et toute une histoire au milieu. C’est pour ça qu’on joue aux Bouffes du Nord, dans un théâtre. Les gens vont être assis. Ça reste un concert, donc bien sûr c’est dansant, mais il faut plutôt le voir comme quelque chose d’introspectif.

 

Penses-tu déjà à de futurs projets ?

Peut-être (rires). En ce moment, mon cerveau est détruit à cause de tout ce qu’il faut organiser. Quand tu gères un groupe de quatre, il faut tout mettre en place pour que chacun soit mesuré et préparé pour la styliste, pour le clip, l’album… En revanche, j’ai commencé une sorte de projet de collage. En septembre dernier, j’ai joué à Séoul et suis revenu avec plein de vinyles, de compilations de breakbeats… Je sample des trucs et je m’impose des contraintes : par exemple pas plus de cinq pistes dans le morceau et pas d’effets (sauf des compresseurs et des EQ). C’est pas mal, comme un sudoku, pour passer le temps un peu.

 

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Cristal Medium Blue sort vendredi 9 février

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