L’association Youth Music a dévoilé en décembre 2025 Just the Way It Is, un rapport sur la place des jeunes créatifs au sein de l’industrie musicale du Royaume-Uni. L’organisme veut développer des espaces safe et justes face à la précarité et aux discriminations liées au monde de la musique dans son pays. 

En décembre 2025, un rapport de l’association Youth Music, qui œuvre pour la protection des jeunes artistes (photographes, musiciens, graphistes…) au sein de l’industrie musicale au Royaume-Uni, a été dévoilé. Titré Just the Way It Is ?, le rapport regroupe 19 témoignages de jeunes de 18 à 25 ans, complété par 50 personnes ayant répondu à un sondage instantané, réalisé sur leur réseau social. 

Accompagnés du syndicat Musicians’ Union et de l’association Music Guardians, ils dressent un constat — quelque peu — inquiétant sur la situation des jeunes travailleurs dans l’industrie musicale de l’Union Jack. Il devient même alarmant lorsqu’on évoque le cas des femmes, des personnes queer ou des personnes racisées. 

La précarité, première cause du silence

Les individus de 16 à 34 ans représentent 43% de la main-d’œuvre, mais, comme l’explique le rapport, “une culture des bas salaires et du travail non rémunéré les freine”. Par manque de moyens ou de temps, les jeunes travailleurs acceptent des postes sous-payés et peu professionnels. Le manque de stabilité, la peur du licenciement font que 77% des acteurs de l’industrie musicale n’osent pas dévoiler les comportements abusifs de leurs collègues.

Cela monte même à 88% pour les personnes en free-lance, enclines à plus d’instabilité à cause de leur statut, et donc moins de protection. La signature abusive d’accord de confidentialité est un moyen récurrent pour faire taire les plus précaires “Ils sont utilisés à mauvais escient pour empêcher les jeunes créatifs de dénoncer les mauvaises conduites, y compris le harcèlement”, détaille le rapport. 

« Les efforts en matière de bien-être et de diversité font davantage l’objet de discussions que d’actions concrètes »

Selon le rapport, 32% des femmes musiciennes ont déjà été harcelées sexuellement, tandis que 43% des musicien·nes LGBTQIA+ sont plus enclin·es aux comportements dépressifs que les autres (30%). Des comportements qui peuvent se mêler à des discriminations raciales, où 94% des musiciens noirs, britanniques d’origine caribéenne ou africaine en ont déjà été victimes. La jeunesse racisée en est alors la première cible, avec 54% des apprentis et stagiaires qui sont issus de milieux “noirs, asiatiques et ethniquement diversifiés.”

Les associations cherchent à interpeller directement l’industrie, pour aider à changer profondément la face B de la musique britannique : “Les agences pensent qu’elles peuvent simplement parachuter différentes personnes dans les mêmes structures et ne réalisent pas qu’elles doivent d’abord changer… Les efforts en matière de bien-être et de diversité font davantage l’objet de discussions que d’actions concrètes. Et lorsque ces actions sont mises en œuvre, elles ne sont souvent pas suffisamment réfléchies”, pointent-elles dans ce rapport. 

Pour consulter le rapport, c’est juste ici