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18 juin 2024

Nooriyah, le son du Maghreb et du Moyen-Orient au sein du club

par Léa Crétal

Née en Arabie Saoudite, élevée au Japon et désormais installée à Londres, la DJ Nooriyah s’impose comme l’une des nouvelles figures de la scène électronique anglaise. Son mot d’ordre : valoriser les musiques traditionnelles du Moyen-Orient et du Maghreb en créant une passerelle avec le monde du club. Portrait. 

nooriyah

© DR

Si les clubbers agitent une multitude de keffiehs comme étendards au-dessus de la mêlée et que les youyous résonnent malgré les basses, peu de place au doute : vous êtes probablement en plein DJ-set de Nooriyah. Originaire d’Arabie Saoudite, la DJ a grandi au Japon avant de prendre ses quartiers dans la capitale anglaise, où elle conquiert la scène club grâce à un métissage musical, influencé par ses origines saoudiennes.

À l’instar du chanteur syrien Omar Souleyman, du groupe Acid Arab mais aussi de Guedra Guedra, Zaatar ou encore Deena Abdelwahed… Nooriyah hybride les sonorités traditionnelles du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord avec la musique électronique, pour un résultat solaire et fédérateur. Elle a créé le projet ‘Middle of Nowhere’ à Londres en 2022 grâce auquel elle organise des soirées et offre un espace d’expression aux diasporas au sein de la culture club. Et la recette marche plus que bien : en témoigne sa session Boiler Room, qui cumule aujourd’hui près de 4,5 millions de vues sur Youtube.

 

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Pour l’occasion, Nooriyah avait misé sur un line-up composé à 100% d’artistes originaires de la région SWANA (Asie du Sud-Est dont Moyen-Orient, et Afrique du Nord) avec la DJ et productrice libano-britannique Saliah, le Saoudien Mooving Still (basé à Dublin) ainsi que le Suisso-Tunisien Pekodjinn. De son côté, Nooriyah avait ouvert son DJ-set de façon iconique en invitant son père à jouer un solo d’oud, juste avant qu’elle ne s’empare des platines et amorce sur « Ana Dammi Falastini » de Mohammed Assaf.

En plus d’échauffer les foules, Nooriyah prodigue aussi quelques cours d’histoire de la musique. Dans une série de vidéos postées sur son compte Instagram, elle fait découvrir à ses abonné-es comment des classiques des musiques du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord ont été repris puis utilisés dans les musiques occidentales (notamment rap et r&b), mais aussi bollywoodiennes (oui, oui).

Sages comme des images, on a nous-même attentivement suivi la leçon donnée par Nooriyah. Et voilà ce que l’on en a retenu : le DJ britannique TroyBoi a samplé les musiciens libanais Bendaly Family, tandis que le rappeur américain Jay-Z a quant à lui déjà samplé le chanteur égyptien Abdel Halim Hafez. Idem pour la chanteuse Aaliyah, qui a repris la chanteuse algérienne Warda. DJ et exploratrice de samples, donc, mais pas encore productrice (à l’exception d’un edit). Alors on croise les doigts pour que Nooriyah passe le cap un de ces jours et qu’on puisse profiter de ses productions personnelles.

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