Le bilan de l’année 2025 du SNEP (Syndicat National de l’Édition Phonographique) confirme la croissance du marché français de la musique, l’essor du marché physique et la domination des services de streaming dans la consommation de musique. Décryptage.
La traversée du désert de l’industrie musicale, ayant eu lieu entre 2002 et 2015, semble désormais loin. Selon le bilan 2025, dévoilé le 18 mars dernier, par le Syndicat National de l’Édition Phonographique (SNEP), le marché français de la musique enregistrée réalise une croissance de 3,9% avec un chiffre d’affaires total de 1071 milliards d’euros, soit une trajectoire en continu depuis 2015.
Malgré ces données encourageantes, le syndicat précise cependant que l’industrie du disque française n’est pas revenue à son niveau pré-crise du disque. En tenant compte de l’érosion monétaire liée à l’inflation, le chiffre d’affaires de cette année n’est qu’à 56% du record historique enregistré en 2002.
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La France, pays « propice à la prise de risque »
“L’un des principaux motifs de fierté tient à la place qu’occupent les artistes produits en France et plus particulièrement les artistes émergents” a félicité Alexandre Lasch, directeur général de la Snep. En effet, les artistes produits en France concentrent les trois quarts des volumes du top 200 et près de deux tiers des nouveautés du top 100. Du côté des talents émergents, ils étaient cinq en 2025 à classer un premier album dans le top 20, bien plus que leurs voisins européens : un seul au Royaume-Uni et en Allemagne, aucun en Italie.
Une domination franco-française due au “savoir-faire remarquable des labels” et à un “environnement propice à la prise de risque” selon Alexandre Lasch. Le directeur général du SNEP prend pour exemple le crédit d’impôt à la production phonographique, la copie privée, un système qui reverse à chaque achat d’une clé USB ou d’un disque dur externe, une part minime et forfaitaire aux créateurs, artistes, et producteurs, le quota de chanson française à la radio établi à un seuil minimal de 40% ou encore le soutien du Centre National de la Musique.
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Hausse du marché physique
Ce bilan confirme aussi deux tendances observées depuis plusieurs années. À commencer par l’essor du marché physique, en hausse pour la deuxième année consécutive avec 205 millions d’euros de chiffre d’affaires, sa meilleure performance en 25 ans. Une performance qui augmente de 5% (contre 1,3% en 2024). Principal moteur de cette dynamique : les ventes de vinyles. Elles représentent un tiers du marché physique avec un chiffre d’affaires de 113 millions d’euros, soit une hausse de 15%. Une consommation portée en majorité (41%) par une population jeune (15-34 ans). Le CD reste cependant premier en termes de volume avec plus de 8 millions de disques vendus.
Dix ans après l’intégration des services de streaming dans les classements français, le bilan confirme également leur rôle de pilier dans l’industrie de la musique. Le marché pèse plus de 702 millions d’euros et progresse de 5,4%. En France, plus de 12,7 millions de Français sont abonnés à une offre de musique premium.




























































