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© Spagat / Juliette Zybura / Richard Dumas
28 novembre 2023

Trans : les artistes du cru 2023 et son directeur nous parlent du mythique festival rennais

par Corentin Fraisse

Comme chaque année, l’institution rennaise des Trans accueille son lot d’artistes en devenir, venus de toute la planète. On a discuté avec son emblématique directeur et programmateur Jean-Louis Brossard, explorateur des avant-gardes depuis quarante ans… Mais on a aussi voulu le son de cloches des artistes/projets programmés cette année : voilà Canblaster, Girls in Effect et Diskopunk.

 

Les Trans, c’est du 6 au 10 décembre. Toutes les infos et les billetteries en suivant ce lien

 

Les Trans par Jean-Louis Brossard

Comment ça se présente ?

JL Brossard : Ça se présente bien, pour le moment tout va bien ! Je suis plutôt en promo, puis la tournée des Trans a commencé avec des artistes rennais. Il y en a eu deux- trois dates…Le mois de novembre, c’est comme octobre, ou de février-mars : il y a beaucoup de concerts. Ce sont des périodes très riches. Donc  on n’a pas le temps de s’ennuyer ! La programmation va bien, les réservations aussi.

 

Comment on raconterait les Trans à quelqu’un qui n’y a jamais mis les pieds ? C’est quoi l’esprit des Trans ?

JL Brossard : Les Trans, c’est pouvoir aller un peu vers l’inconnu, aller découvrir des artistes qu’on ne connaît pas, dont on a souvent même jamais entendu parler. Tout cela dans une bonne ambiance. Il y a plein de concerts gratuits en ville, mais quand tu vas au Parc Expo, c’est comme une ville dans la ville. Avec ses bars, ses restaurants, ses quatre scènes complètement différentes, ses beaux lives, son bon son. Je pense qu’on fait quelque chose d’assez formidable, et le public est au rendez-vous. On fait 60 000 personnes avec aucun artiste connu. C’est dingue.

 

Y’a-t-il une idée directrice cette année ?

JL Brossard : Les gens se retrouvent dans la programmation, il n’y a pas vraiment un style de musique qui est plus représenté qu’un autre… Après, les gens me disent « Jean-Louis, il y a vachement plus de rock cette année ! » Oui, mais il y en avait déjà l’an dernier. À une époque, les gens disaient « Les Trans, c’est un festival électro ! » parce qu’il y avait quelques DJs, effectivement, mais sans voir qu’à côté, il y avait autre chose.

 

Oui pour le coup, vous étiez parmi les premiers festivals sur les musiques électroniques avec notamment Rave Ô Trans…

JL Brossard : Bien sûr ! Et puis c’était les soirées Planète après… Mais les gens ne voyaient que ça, et se disaient peut-etre « Ah non, c’est pas mon truc, j’y vais pas ! » alors qu’il y avait déjà plein d’autres styles de musique : hip-hop, rock…

 

Comment s’est construite la programmation cette année ? Est-ce qu’il y avait une envie, une ligne directrice ?

JL Brossard : Il n’y a jamais de ligne directrice justement, c’est ça qui est formidable. C’est aussi la surprise même pour moi, quand j’écoute un son, que je vois un groupe, j’ai un flash, je dis : « Voilà, c’est ça que j’ai envie de faire ! » Je suis comme ça. Je vais pas mal sur des festivals de showcases comme l’Eurosonic au Pays-Bas, The Great Escape à Brighton… Je voyage, j’ai un bon réseau et je reçois énormément de choses. Des gens m’appellent, des musiciens aussi, pour me parler de leurs potes. Tu n’arrêtes pas, t’es sans arrêt en train d’écouter de la musique. Il n’y a pas un moment où ça commence, et où ça s’arrête. Ça n’existe pas.

 

À lire sur tsugi.fr :: Le festival Eurosonic entame la 20ème année de son programme défricheur

 

Et ça se passe comment pour la sélection finale des artistes et des projets qui se retrouvent dans la programmation ? Comment ça se passe pour les sélectionner ?

JLB : Ça marche aux coups de cœur à chaque fois. Si j’aime, je contacte. Et si le groupe est dispo, on y va. C’est aussi simple que ça.

 

Cette année, entre autres choses, il y a quelques artistes électroniques. Forcément, ça nous touche un peu plus chez Tsugi. Il y a eu une programmation qui est pas mal féminine aussi, c’était une volonté de votre part ?

JLB : Non, pas vraiment. Pas conscient peut-être. Les femmes sont là depuis très longtemps. S’il y a du talent, j’ai envie de programmer. C’est vrai qu’il y a de plus en plus de filles, surtout en musique électronique, depuis pas mal d’années déjà. C’est vrai que l’an dernier, il y avait beaucoup de filles DJs. Il y en a aussi cette année, mais pas que.

 

Même si c’est « tous des coups de coeur », il y a peut-être des noms qui vous ont particulièrement marqué ? 

JLB : La programmation se divise en deux parties. La partie d’artiste que j’ai déjà vus, c’est peut-être un quart, ou un tiers. Et l’autre partie, ce sont des groupes que je n’ai jamais vu jouer -et qui, parfois- n’ont jamais joué. C’est aussi ça les Trans. Par exemple avec Son Parapluie, qui est un projet parisien.

 

Et côté électronique ?

JLB : Certains artistes vont montrer aux Trans une création exceptionnelle. Il faut se rappeler qu’on était les premiers à faire le cube d’Etienne de Crécy. Quand on l’a montré au trans, après on l’a vu partout… C’était vraiment une première, au niveau de la créa autour d’un live électronique.

Cette année il y aura une première, c’est The Caracal Project… Il y a le passage de Creeds, projet nantais, qu’on accompagne aussi, plutôt dans la musique Hard Techno presque Gabber, ça y va !

Il y aussi un petit duo que j’aime beaucoup, qui s’appelle Girls In Effect. On m’avait envoyé un de leurs mixes et c’est le meilleur que j’ai pu écouter depuis longtemps. Il y a aussi Swooh et Mind Against qui vont faire des lives avec une créa ; Canblaster bien sûr… Et puis évidemment Jacques : il m’a appelé, on a discuté pendant une demi-heure, il avait un super souvenir de son concert au trans, il y a 5-6 ans, où il était sur l’estrade DJ, avec tous ses petits objets. Il flippait grave avant de monter sur scène, et puis après ça a été un gros carton, le mec est génial… Là, il a un projet vraiment particulier qui s’appelle VideoChose !

 

Y a-t-il un passage obligatoire à Rennes ?

JLB : J’aime bien mon disquaire Blindspot, qui ne fait que du vinyle. Il y a de tout : de la musique industrielle, électronique, du rock, « musiques du monde »… Si tu veux trouver aussi le dernier Born Bad Records, Bongo Joe Records, ils ont beaucoup de choses. On s’y sent bien. L’endroit est chaleureux, les deux disquaires sont super, il y a trois platines pour écouter des disques : c’est le bonheur absolu.

 

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Les Trans par Canblaster

1/ Qu’est-ce qui fait des Trans Musicales un festival à part ? Que vous connaissiez bien l’événement, ou pas

Canblaster : La surprise de nouveaux artistes avec une promesse de qualité. C’est rare d’arriver à un festival et de connaître moins de trois noms !

 

2/ Qu’est-ce qu’on peut attendre de ton/votre passage aux Trans ? Qu’est-ce que tu nous réserves ?

Canblaster : Je ramènerai mes synthés Osmose et OB6 et mon système modulaire, pour y jouer des tracks de ma récente mixtape GENESIS. Et surtout présenter mon nouvel album qui sortira en 2024. Ce sera la première fois que je monte sur scène en live depuis plusieurs années, et l’achèvement de trois ans de travail, de recherche sur les synthés et les modulaires. C’est très U, breaké, inspiré par les raves anglaises. Mais en même temps avec les accords, les samples et l’émotion qui caractérisent le son français. Sans oublier les références à la culture électronique et japonaise, chères à mon coeur.

3/ Quel nom/artiste/projet t’attire le plus dans la programmation des Trans 2023 ?

Canblaster : J’arrive un jour plus tôt pour voir Jacques, qui présente son nouveau live. On a beaucoup travaillé ensemble par le passé et je sais qu’il va jouer un morceau sur lequel nous avions bossé ensemble. Et sinon, avant tout pour me faire surprendre !

 

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Les Trans par Diskopunk
1/ What makes the Trans Musicales a festival apart? Whether you know the festival well or not
Diskopunk : On a beaucoup entendu parler des Trans depuis des années, via notre bookeur/euse Kalle. Parmi les festivals centrés sur l’émergent, c’est celui qu’on voulait le plus faire… et ça depuis longtemps. Ca arrive enfin ! On s’est toujours sentis proches de la France, parce que chez vous il y a une longue tradition de « punkifiage » du disco. C’est comme rentrer à la maison, alors même que c’est seulement notre deuxième concert en France. 
 
2/ What can we expect from your visit to the Trans? What do you have in store for us?
Diskopunk : On demande souvent à notre public du soir « who the fuck invited Diskopunk? » Parce que les gens sont rarement prêts pour cette expérience. Si tu n’es pas prêt à te faire éclater par la force brute suédoise et une certaine idée du « sensuel boogie », ça pourrait faire mal. Donc faut s’attendre à ce que pas mal de gens soient blessés.
 
3/ Which name/artist/project attracts you most to the Trans 2023 program ?
Diskopunk : On garde un oeil sur Thumpasaurus depuis quelques temps. Ils ont capté quelque chose, donc à nouveau hâte de les voir.

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Les Trans par Girls in Effect
1/ Qu’est-ce qui fait des Trans Musicales un festival à part ? Que vous connaissiez bien le festival ou pas
Girls in Effect : La sélection hyper pointue des Trans fait qu’il est à part. C’est un festival qui permet la découverte, on fait confiance à l’équipe de programmation et on se laisse guider. Ça nous fait vraiment plaisir de voir une programmation avec des noms qu’on ne voit pas partout et qui viennent de partout dans le monde. On connaît le festival de réputation, mais ce sera une vraie première pour nous et on a hâte !
2/ Qu’est-ce qu’on peut attendre de votre passage aux Trans ? Qu’est-ce que vous nous réservez ?
Girls in Effect : Pour nous, un set c’est une mission à suspense et pleine de rebondissements! Une fois nos cravates enfilées, on s’infiltre sur la scène avec un seul objectif : vous faire transpirer. Nous serons bien évidemment armées de notre selecta electro, break & ghetto house agrémentées de quelques guilty surprises. Tout individu immobile sera immédiatement neutralisé. 🔫
3/ Quel nom/artiste/projet vous attire le plus dans la programmation des Trans 2023 ?
Girls in Effect : Yamé pour la douceur / Roni pour galoper / Maraboutage pour « bounce »… Mais tout est à découvrir ! On va surtout se laisser guider par notre curiosité.

Pour rappel, les infos et les billets c’est par ici ! Rendez-vous aux Trans dès le 6 décembre
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