Paloma Colombe aux platines © Gaétan Clément

Tsugi Podcast 584 : Paloma Colombe

À l’oc­ca­sion de son pas­sage au fes­ti­val Nouvelle(s) Scène(s) de Niort du 13 au 21 mars, la rési­dente de la webra­dio Le Mel­lotron d’o­rig­ine algéri­enne Palo­ma Colombe livre un mix épatant en hom­mage aux femmes kabyles.

Palo­ma Colombe est une DJ et doc­u­men­tariste dont le par­cours n’est que témoin de sa grande curiosité. La DJ, rési­dente de la webra­dio parisi­enne Le Mel­lotron, y ani­me l’émission Radio Amazigh. Avec Pierre Antoine-Piezanowski, elle a égale­ment crée le pod­cast Ecoute-la, qui inter­roge sur le rap­port à la sex­u­al­ité, à la colère ou à l’estime de soi des femmes. Des témoignages anonymes que Palo­ma Colombes asso­cie à des extraits d’artistes tels que Maria Carey, Salma Agha ou $afia Bahmed-Schwartz.

Sa musique est ain­si un genre hybride mêlant ses mul­ti­ples influ­ences allant de Rachid Taha à François de Roubaix. Kabyle d’origine, elle s’engage et met à l’honneur ce pan de sa cul­ture à tra­vers des sets ou le doc­u­men­taire Plan­et Malek, ren­dant hom­mage à l’artiste algérien Ahmed Malek.

Palo­ma Colombe garde la volon­té de con­ter une his­toire à tra­vers ses mix. Pour ce pod­cast, elle souhaite ren­dre “hom­mage aux femmes kabyles” en y asso­ciant ses “sons préférés du moment” comme Tsuz­ing, le col­lec­tif mex­i­cain NAAFI ou encore TSVI.

5 questions pour Paloma Colombe

Qui es-tu, d’où sors-tu, espèce de jeune ?

J’ai beau avoir gran­di à Paris, je ne me suis jamais sen­tie vrai­ment “parisi­enne”, d’ailleurs je ne sais pas trop ce que ce mot veut dire. Je vais en Algérie, d’où ma mère est orig­i­naire, dès que je peux, en plus de pas mal voy­ager… J’ai vécu un an à San Fran­cis­co en 2011.

Tu roules avec qui ?

J’aime être entourée de gens très dif­férents, dans la musique (chEEk Mag­a­zine, Nova, Le Mel­lotron…) mais aus­si de tous milieux, comme j’ai des cen­tres d’in­térêts qui vont de la réal­i­sa­tion de doc­u­men­taires aux pod­casts, et à mes engage­ments… C’est le grand écart per­ma­nent et c’est ce qui me plaît.

Ton son en trois mots (ou plus hein) ?

1. Sous influ­ences
2. Tripes et trip­pé
3. À toi de définir la suite

C’est quoi ce mix ? T’as mis quoi dedans ?

Je suis par­tie d’une volon­té de faire un mix en hom­mage aux femmes kabyles, mes aïeules, dont les voix, qu’on entend par­fois à peine, revi­en­nent fréquem­ment dans le mix. Elles sont la source de toute la société kabyle qui repose en elles : la trans­mis­sion de la langue, la cul­ture. Elles sont hyper fortes : de vrais rocs. Sur ce pos­tu­lat de base, je suis allée chercher des bouts d’en­reg­istrements sonores – avec mon grand-père, des extraits de doc­u­men­taires qui se passent en Kabylie, des chants kabyles –, le tout com­biné à mes sons préférés du moment qui évo­quent la puis­sance, la leur. J’ai con­stru­it le fil pour racon­ter à ma manière la vie de ces femmes-là. Une vie extrême­ment rude, de douleurs, de colères de frus­tra­tions. C’est romancé bien sûr, c’est mon inter­pré­ta­tion, ça repose sur ce qu’on m’a racon­té. Musi­cale­ment, on y trou­ve en vrac : Djur­du­ra, un extrait de chorale de femmes kabyles mais aus­si TSVI, DJ Haram, HAAi, Lemon­ick, Tzus­ing, Umfang, NAAFi, NKC, Cia­r­ra Black, Ben Shi­mol…

Tu comptes faire quoi lors de ton set au Nouvelle(s) Scène(s) Fes­ti­val ?

Un mix en puis­sance et sto­ry­telling comme celui-ci, si ça s’y prête !

 

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