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Tsugi Podcast 610 : Nastia, une main de fer dans un gant de velours venue d’Ukraine

Fig­ure de la tech­no sur la scène d’Eu­rope de l’Est, l’Ukraini­enne Nas­tia, de son vrai nom Anas­ta­sia Topol­skaya, signe notre pod­cast 610, avec un mix com­posé d’une track­list 100% Nech­to, son tout jeune label. 

Rien n’ar­rête Nas­tia, ni même une pandémie. Ultra-prolifique, la DJ star s’ap­plique à tou­jours faire vivre la scène tech­no, notam­ment ukraini­enne, comme elle le peut, avec les sor­ties sur son label Nech­to, son émis­sion YouTube “True Talk” dans laque­lle elle inter­view des acteurs de la cul­ture rave ukraini­enne, ou avec son pro­jet audio­vi­suel “Scary Beau­ti­ful”, une série de sets filmés dans des lieux inso­lites en Ukraine. Une nou­velle vidéo Scary Beau­ti­ful est postée chaque semaine sur sa chaîne YouTube, dans l’ob­jec­tif de faire décou­vrir au monde entier non seule­ment les paysages ukrainiens, mais aus­si les artistes ukrainiens, dans ses sets où elle priv­ilégie des tracks locaux et des tracks Nech­to, son label lancé en décem­bre 2019.

Tou­jours dans la même veine, c’est encore une fois la scène de son pays natal et les artistes de son label Nech­to qu’elle met en valeur dans ce mix con­coc­té pour Tsu­gi. Un mix — évidem­ment — tech­no qui nous rap­pelle les nuits en ware­house du monde d’a­vant, et dans lequel Nas­tia nous fait décou­vrir en exclu­siv­ité quelques unre­leased à paraître sur Nechto.

Nastia

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Parle-nous de ton mix : qu’as-tu voulu faire ici ? Qui sont les artistes qui le composent ?

C’est un mix fait unique­ment avec des tracks issus de mon label Nech­to, la plu­part d’en­tre eux ne sont pas encore sor­tis. Le track d’in­tro­duc­tion est de VOIN ORUWU, un artiste ukrainien qui a signé le deux­ième EP de Nech­to sor­ti cet été. Il y a aus­si des tracks qui vont être joués dans mes sets Scary Beau­ti­ful, pour lesquels j’ai sélec­tion­né 50 démos et on en retrou­ve quelques unes dans ce mix. Et bien sûr il y a des artistes que j’adore comme Galaxy Lane, Lee Hol­man, Ini­go Kennedy… Le tout pour un mix tech­no hyp­no­ti­sant et trip­pant, avec quelques sons doux et de pro­fondes pul­sa­tions… Je pense que c’est un chou­ette voy­age. J’ai pris le temps de le tra­vailler et je suis plutôt con­tente du résul­tat. J’e­spère qu’il vous plaira, con­sid­érons le comme un show­case de Nech­to Records, et appré­cions ce moment de tech­no de qualité !

C’est un label conçu avant tout pour les DJs, pour leur pro­cur­er de la dance music à jouer devant les dancefloors.”

Tu as donc lancé le label Nech­to il y a un an, com­ment se porte-il ? 

Tout à fait. J’avais prévu de grandes choses pour Nech­to : on devait sor­tir sept EPs par an, en for­mat vinyle d’abord, puis un mois plus tard en dig­i­tal. Comme ça, les DJs qui mix­ent avec des vinyles auraient eu l’ex­clu­siv­ité sur les dis­ques pen­dant un mois, car c’est un label conçu avant tout pour les DJs, pour leur pro­cur­er de la dance music à jouer devant les dance­floors. Puis en mars la pandémie a tout stop­pé alors qu’on avait à peine eu le temps de faire grandir le label, donc j’ai décidé d’ar­rêter l’im­pres­sion de vinyles pour un temps car c’est assez coû­teux et comme je n’avais plus de gigs, je ne pou­vais pas cou­vrir les dépens­es des impres­sions. Mais je prévois de repren­dre tout cela l’an­née prochaine.

C’est la musique qui compte, et pas les noms, ni l’ex­péri­ence, ni la loca­tion géo­graphique… Que la musique. C’est tout.”

Reçois-tu beau­coup de bonnes démos ? 

Oui, j’é­coute moi-même tout ce que les gens envoient à [email protected]. Je dirige tout toute seule de A à Z, et je reçois beau­coup de bonnes démos faites par de jeunes artistes. Hon­nête­ment, je m’en fiche du nom de l’artiste, de son statut, ou de quoi que ce soit : si la musique est bonne, je la sors. N’im­porte qui peut sor­tir de la musique sur mon label, n’im­porte qui qui a un tal­ent, qui fait un effort pour créer de la musique qual­i­ta­tive, qui y met de l’idée… Si je sens un groove, si je crois en cette musique, je la sor­ti­rai, peu importe le reste. C’est là tout le principe de mon label : c’est la musique qui compte, et pas les noms, ni l’ex­péri­ence, ni la loca­tion géo­graphique… Que la musique. C’est tout.

En styles, c’est surtout de la tech­no, mais aus­si de l’elec­tro, du bro­ken beat et des choses plus mélodiques et atmo­sphériques que j’u­tilise sur mon pro­jet Scary Beau­ti­ful. D’ailleurs toute la musique util­isée sur ce pro­jet sor­ti­ra dans un album sur Nech­to l’an­née prochaine.

Nastia

©Pashkovskiy

Que prévois-tu pour l’avenir de Nech­to ? Des évènements ? 

Oui, je prévois beau­coup de grandes choses, on a l’am­bi­tion de lui don­ner une image de mar­que et on va organ­is­er des show­cas­es dès l’an­née prochaine. J’ai déjà quelques dates bookées pour de gros évène­ments en Ukraine. Cette année a mon­tré com­bi­en j’ai du courage pour organ­is­er des évène­ments mal­gré le con­texte, j’ai des résul­tats géni­aux donc je suis très inspirée et je vais faire d’au­tant plus l’an­née prochaine. Aus­si, j’e­spère que j’au­rai à nou­veau la pos­si­bil­ité de voy­ager à tra­vers le monde avec les évène­ments Nech­to, pour amen­er des artistes ukrainiens avec moi. Je veux leur don­ner l’op­por­tu­nité de faire des tournées avec moi, et les book­er à des évène­ments pour mon­tr­er au pub­lic qu’ils sont plus que des noms, qu’ils méri­tent vrai­ment qu’on s’y intéresse, tout autant que les artistes célèbres. Je pense que les jeunes artistes sont plus intéres­sants que les head­lin­ers, donc j’u­tilise mon pou­voir — celui d’être moi-même une head­lin­er — pour amen­er de nou­veaux noms sur les scènes. Ce sont mes plans pour les prochaines années avec Nechto.

Je pense que les jeunes artistes sont plus intéres­sants que les headliners.”

Quelle est la dif­férence entre Nech­to et Pro­pa­gan­da, le pre­mier label que tu as fondé ? 

Pro­pa­gan­da avait pour voca­tion de sor­tir des vinyles unique­ment. Je l’ai fondé en 2013 et j’ai décidé de le fer­mer l’an­née dernière pour com­mencer Nech­to. Les deux sont com­plète­ment dif­férents : Pro­pa­gan­da était plus con­ceptuel, tout était super cher et de très bonne qual­ité, c’é­tait de la musique pour les col­lec­tion­neurs. Nech­to fait des dis­ques pour les DJs, moins chers, à amen­er partout avec eux, en soirées et en clubs… Ils sont à utilis­er comme de véri­ta­bles instru­ments, et non pas à con­serv­er à l’abri dans un boiti­er par­mi une pré­cieuse col­lec­tion comme c’é­tait le cas avec Propaganda.

Track­list : 

1. VOIN ORUWU — Sunray
2. Incor­rect Waves — Zero Visibility
3. Splin­ter (UA) — Locked Up
4. Galaxy Lane — First Contact
5. Symo­nenko — Max4live
6. #BSKD — Grav­i­ty Ruins
7. VSEGDA MNOGO ‑Weak­ness
8. Fleiss — Har­mo­nia Nectere Passus
9. #BSKD ‑Danc­ing With Shadows
10. Lee Hol­man — Foot­prints on the Moon
11. Metarøs — Сlosed Area
12. HI‑C — Blade Runner
13. Ini­go Kennedy — Trees Fell In Brody

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