Depuis plusieurs jours, des artistes appartenant à la scène hard techno — dont certains étaient représentés par l’agence STEER Management — font l’objet d’accusations de violences sexistes et sexuelles (VSS). Il est déjà important de rappeler qu’il s’agit d’accusations relayées publiquement, sur les réseaux sociaux, sans qu’aucune décision judiciaire n’ait été prononcée. Témoignages, @bradnolimits, déprogrammations, @metoodjs… Tsugi fait le point sur la situation.
Ce qu’il s’est passé ce week-end du 21 février 2026 a eu l’effet d’une bombe. Sur Instagram, des DJs et producteurs — évoluant sur la scène hard techno — sont mis en cause pour des faits de violences sexistes et sexuelles. Depuis le vendredi 20 février, de nombreux témoignages sont relayés par le compte @bradnolimit. Aux commandes ? Un ancien salarié (jusqu’en août 2025) de l’agence STEER Management — agence qui représentait les artistes qui font l’objet d’accusations comme : Shlømo, Basswell, Odymel et CARV. Évidemment, hard techno et VHSS ne sont pas corrélées, ces violences concernent toute l’industrie musicale.
- À lire aussi sur tsugi.fr : La hard techno est-elle devenue la musique préférée des masculinistes ?
Peu après la publication des témoignages, STEER a posté deux communiqués sur son compte Instagram. Le premier, daté du vendredi 20 février, assure que l’agence prend ces accusations « avec le plus grand sérieux » et qu’elle a « engagé une analyse approfondie des éléments avancés ». Le lendemain, dans une seconde publication, STEER annonce sa décision de « suspendre [ses] collaborations avec les artistes visés ». Le dimanche, tandis que de nouveaux témoignages trouvaient leur place sur le compte de @bradnolimit, toutes et tous les artistes avaient quitté le roster de STEER Management.
Réactions de la part des artistes mis en cause
Si nous relayons ces accusations rendues publiques sur les réseaux sociaux, et, qu’aucune décision judiciaire n’a à l’heure actuelle été prononcée, certains artistes mis en cause se sont exprimés sur leur compte Instagram. Sur sa story, Shlømo a dénoncé : « une campagne de calomnie et de diffamation fondée sur des informations mensongères », avant d’écrire qu’il choisit de « [se] mettre en retrait ces prochaines semaines afin de [se] consacrer aux démarches nécessaires ».
- À lire aussi sur tsugi.fr : Ce que dit le rapport sur les VSS dans la Culture rendu par le parlement
De son côté, CARV, qui aurait envoyé des photos à caractères sexuels non consenties à des femmes via ses réseaux sociaux, dit vouloir « être honnête à propos de ce qu’il s’est passé ». Il explique : « J’ai eu des conversations privées avec plusieurs femmes. Ces messages devenaient explicites, et j’ai envoyé des photos intimes de moi-même. Je tiens à préciser qu’il n’y a eu ni comportement non consenti ni acte criminel, mais cela ne justifie en rien la situation. J’étais marié à cette époque. »
Le DJ et producteur suisse Odymel s’est lui aussi exprimé sur Instagram, une « prise de parole à laquelle il réfléchit depuis plusieurs mois ». Il affirme : « Une personne avec qui j’entretenais des relations consenties (…) m’a rapporté des faits, qui se seraient, selon ses explications, produits pendant mon sommeil, durant un épisode de somnambulisme dont je n’ai absolument aucun souvenir. » Les médecins qu’il aurait consultés auraient décrit cela comme : « un épisode de somnambulisme à caractère sexuel (autrement dit, sexsomnia) ». Une enquête préliminaire serait en cours.
Boycott massif en cours
Depuis quelques jours, un boycott massif de la part de la scène électronique se met en place. Plusieurs festivals ont retiré les artistes concernés de leur programmation, comme : Le Bon Air, Madame Loyal, Glitch Festival, Verknipt, Teletech, Impact Techno et bien d’autres. Des artistes prennent également la parole. C’est le cas de la DJ et productrice VTSS qui, avant que le Glitch Festival ne s’exprime, écrivait sur X vouloir annuler son b2b avec Odymel.
De son côté, le collègue de Shlømo sur le podcast HEADSHOT a également brisé le silence sur son compte Instagram. Via un communiqué, il explique avoir « pris connaissance des accusations parlant des personnes du milieu, dont celles qu'[il] fréquente, notamment une personne de [son] entourage avec qui [il] collabore », avant de poursuivre : « les accusations dont il fait l’objet sont graves et la parole des victimes est importante, j’ai donc pris la décision de cesser mes activités avec cette personne. »
Vague de solidarité pour les victimes de VSS
Si cette affaire bouleverse la scène, elle a également lancé une vague de solidarité pour les victimes de VSS et permet de mettre fin à l’omerta. Le silence ne règne plus. On a vu naître, par exemple, le compte Instagram @metoodjs, un dispositif d’écoute qui invite les victimes à témoigner dans un cadre safe et les redirige vers des membres d’association et/ou des psychologues compétent·es. Plus qu’un simple relais, les équipes derrière cette page Instagram offrent un réel soutien psychologique pour les personnes qui témoignent.
Autre association qui s’est exprimée : Au-delà du club. Le « laboratoire de recherches pour des nuits plus inclusives » a écrit dans sa story que : « ces violences ne sont pas nouvelles » et qu’il « travaille depuis des années sur leur dimension systémique en documentant où et comment elles s’exercent à partir de témoignages anonymisés recueillis lors de cercles de paroles organisés avec Réinventer la nuit et Consentis ». Au-delà du club demande des « actions concrètes, un soutien massif aux associations de terrain, et une protection réelle des victimes dans leur processus de dénonciation et de reconstruction ».
- À lire aussi sur tsugi.fr : SAFER, sur le terrain contre les VSS en milieu festif
Cela résonne avec le témoignage de la DJ Chippy Nonstop, également partagé dans sa story. Elle écrit : « Cela fait des années que des femmes dénoncent les violences dans cette scène, et leurs préoccupations ont été ignorées, minimisées ou discrètement étouffées. » À suivre.




























































