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© Mock Media
28 novembre 2023

INTERVIEW|Mock Media, le supergroupe canadien

par Léa Formentel

Encore inconnus au bataillon et pourtant tous échappés d’autres groupes qui se sont déjà fait un nom dans le milieu du rock : les quatre membres de Mock Media ont répondu à nos questions —encore à l’hôtel— entre deux concerts, de Paris à Luxembourg. On a parlé de leur premier vrai album studio Mock Media II, sorti sur Meat Machine / Bigwax, de leurs inspirations et de leur passage à l’International le 19 novembre dernier.

 

A priori, lorsqu’on jette un œil à leur discographie, Mock Media en est à sa deuxième sortie de disque. D’où le nom simpliste de ce dernier : Mock Media II. Et pourtant, ni vous ni moi n’avons vraiment entendu parler de ce « supergroupe », formé par Garnet Aronyk (de Crack Cloud), Bennett Smith (de N0V3L), Austin Boylan (de Pottery) et Evan Aesen (de Painted Fruits). Et pourtant, ils avaient déjà un huit titres à leur actif. D’ailleurs, lorsqu’on leur a demandé ce qu’ils pensaient de ce surnom, ils étaient d’accord pour dire que : « C’est assez drôle et pourquoi ne pas le décrire comme ça ? C’est un peu satirique, mais amusant à la fois. » Benett, le batteur a même ajouté « J’adore ça !« . Et effectivement, après écoute de Mock Media II, on a un peu envie de les qualifier de supergroupe. Pourtant, entre Mock Media et Mock Media II, quatre années se sont écoulées : « Nous vivions tous dans des endroits différents. Certains d’entre nous allaient à la fac par exemple. » explique Garnet Aronyk. Pour finalement nous confier : « Evan, Austin et moi vivions à Montréal et nous l’avons auto-édité. On n’avait aucun soutien de la part d’un label et tout était très bricolé. Nous sommes les pires pour faire notre propre promotion, donc il n’a donc pas été diffusé à beaucoup de monde. On n’a pas donné de concerts pendant quatre ans à part dans une salle de notre ville natale (Vernon, Colombie-Britannique) pour Noël avec toute notre famille, mais c’était très intime comme concert. »

À cela, Benett ajoute que l’existence de N0V3L, groupe dans lequel il était, s’est arrêtée et que Garnet a quitté Crack Cloud récemment : « C’est un peu ce qui s’est passé pour nous tous durant ces quatre années. Maintenant, avec cette tournée et cet album qui est sorti et qui a reçu un bon accueil, on est très excités à l’idée de nous consacrer à plein temps à Mock Media. »

 

 

Il faut dire qu’avec ce nouveau projet, on serait prêt à parier que Mock Media a de très beaux jours devant lui. Mock Media II est un album qui va puiser dans plusieurs styles comme le style punk rock qui sert ici de cadre pour habiller leurs explorations agogiques à travers la pop, l’électronique et la musique folklorique du monde. Un éclectisme certes peu anodin mais qui vient titiller cette curiosité et donne envie d’en savoir plus. Pour ce qui est de l’écriture, le fait d’avoir tous eu un autre groupe que celui-ci au départ, ne semble pas avoir perturbé les quatre musiciens : « Je pense que c’est assez drôle que nous ayons tous joué dans d’autres groupes, mais nous avons tous grandi ensemble et nous avons commencé à jouer de la musique ensemble très récemment. » explique Garnet. Pourtant, on jurerait entendre des réminiscences de Crack Cloud ou N0V3L sur « Father of That Crime » si on devait choisir un exemple.

En ce qui concerne l’inspiration, les sources y sont multiples : « Je pense que l’inspiration est venue de beaucoup de choses différentes. Il n’y a pas une seule source, c’est un mélange de la vie pendant ces quatre années entre le premier album et celui-ci. Et les voyages, les films, les livres ou tout simplement la musique. raconte Garnet, ce n’est pas qu’il s’agisse de quelque chose de tangible, mais c’est la tentative de traduire un sentiment ou une émotion humaine dans une chanson. Je pense qu’aucune de nos chansons n’a de signification bien définie« .

 

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Le morceau d’ouverture « ILL« , avec sa ligne de synthé inspirée de Skrillex, truffée de samples et de cuivres bourdonnants, aborde par exemple le conflit entre la mentalité de la mafia et celle d’une secte en pleine ascension. Ou le bouillonnant « Father Of The Crime » —porté par la batterie frénétique de Smith— qui établit un parallèle entre la polarisation et la façon souvent réactive dont nous gérons nos relations. Sur « Touch The Ground« , le groupe se décharge complètement dans un doux purgatoire, allant chercher des éléments de la musique tribale. Difficile néanmoins de définir quelle compo est leur préférée :

Benett : « Ma préférée est « Touch the Ground » ou « Weight Is On ». Celle d’Austin est « Get on the Ship », il enchaîne, J’aime beaucoup que les gens aient des chansons préférées différentes. Parfois, quand on fait un album, tout le monde a la même chanson préférée, et il y en a une qui est bien meilleure que les autres. Je pense que cet album contient un éventail assez varié de chansons ce qui fait que les gens peuvent les aimer toutes. »

Garnet : « Je pense que ma préférée est probablement « Modern Vision » ou peut-être « Madness« . »

 

Et après ?

Après une ribambelle de concerts à travers l’Europe, entre Glasgow, Londres ou Hamburg leur dernière date au mois de novembre, les Canadiens ont eu le temps de faire un passage —remarqué— à Paris, dans la fameuse cave de l’International. Un concert effectué dès le début, sans le haut qui n’a pas manqué de faire réagir puisqu’ils se sont pris un « put some clothes on » (traduisez : rhabillez-vous !) entre deux chansons. À ce sujet, les différences culturelles entre Canada et France ont fait qu’à aucun moment, ils ne se sont posés la question (si ça pouvait être offensant), m’ont-ils rapporté. En dehors de ça, pour un dimanche soir le public était au rendez-vous et très réceptif : « La salle est un peu difficile avec le son et tout le reste, mais je me suis bien amusé. Je suis très heureux que tout le monde soit venu de Paris. J’ai été surprise que des amis soient venus aussi » déclare Benett.

Pour ce qui est de la suite, on n’a pas pu s’empêcher de demander si d’autres titres étaient déjà en cours d’écriture, puisqu’on en a pas eu assez des dix titres de Mock Media II. Ce à quoi ils ont répondu :  « Non, il y a quelques idées. On y pense sincèrement et on va commencer à faire des démos. » Patience.

 

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