Dans une interview accordée au média The Hollywood Reporter le 30 janvier dernier, le vice-président d’Apple Music Oliver Schusser a affirmé qu’en 2025, la plateforme a signalé plus de deux milliards de faux streams majoritairement générés par IA. Malgré une démonétisation systématique, la fraude s’élève à plus de 17 millions de dollars.

Plus de deux milliards de faux streams (dont la majorité provient de morceaux générés par des plateformes d’IA comme Suno) ont été recensés par Apple Music en 2025, soit 17 millions de dollars de fraude. C’est ce qu’annonce le vice-directeur du service, Oliver Schusser, dans les colonnes de The Hollywood Reporter, le 30 janvier dernier. De l’argent perdu, ou réinjecté directement “dans le bain pour que cela revienne aux artistes” précise le vice-président. 

Une amélioration des outils de détection

La déclaration fait suite à la mise à jour des outils antifraude du service de streaming. Depuis sa mise en place en 2022, le système prévoyait des redevances contre les fraudeurs — lorsque les auteurs étaient retrouvés — de 5 à 25% de l’argent perçu grâce aux faux streams. Désormais, on passe de 10 à 50% (par exemple, si la fraude s’élève à 1 000 000 de dollars, l’amende peut monter jusqu’à 500 000 dollars). Apple Music n’a pas de service d’écoute gratuite avec pub, comme le propose Deezer ou Spotify. Les taux de fraudes sont donc plus bas, mais, en contrepartie, le coût de diffusion d’un morceau est plus élevé. 

Dans son entretien, Oliver Schusser rappelle que le géant américain utilise l’intelligence artificielle pour améliorer l’écoute des utilisateurs. Des outils comme AutoMix sont censés apporter une meilleure expérience d’écoute, avec des choix personnalisables — du moins quand ça ne bug pas. Il interroge ensuite la place de l’IA dans le monde de la musique : “Est-ce la composition ? Est-ce la production ? Est-ce que c’est juste la voix ? J’encourage les labels à agir ensemble pour savoir quelle devrait être la position et la politique de l’industrie à ce sujet.”

Deezer leader du combat contre les faux streams 

Son homologue français chez Deezer, Alexis Lanternier, a annoncé fin janvier que sa plateforme réussit, elle, à démonétiser 85% des streams artificiels. Grâce à son outil de détection des musiques générées par IA, 60 000 morceaux ont été reconnus comme frauduleux pendant le mois de janvier, soit 39% du nombre de morceaux mis en ligne chaque jour sur le service.

Deezer a d’ailleurs choisi de breveter son système de détection, pour inciter davantage ses concurrents à se lancer dans la chasse aux faux streams. À l’heure où certaines majors signent des contrats avec des entreprises spécialisées en machine learning (sous-ensemble d’IA plébiscité pour sa capacité à apprendre de ses erreurs en intégrant de nouvelles données, comme ChatGPT) le combat semble loin d’être gagné.