L’ORCA dévoile son nouveau rapport mettant en avant l’apport économique et sociale des structures indépendantes sur les artistes et les employés de label. 

Près d’un an et demi après sa création, l’association Organized for Recorded Culture Arts (ORCA) a dévoilé son nouveau rapport concernant l’impact social et économique des labels indépendants. Rédigé par le Center for Music Ecosystems, il analyse les données, datant de l’année 2023, des neufs labels les plus importants du marché européen et américain tels que Because Music, !K7 Records, Sub Pop ou encore Ninja Tune

77% des bénéfices redistribués aux artistes

En 2023, ces labels indépendants ont investi au total 134 millions de dollars, soit environ 114 millions d’euros dans l’accompagnement de 569 artistes et ont généré des revenus à hauteur de 239 millions de dollars, soit environ 204 millions d’euros. Des chiffres qui montrent leur capacité à créer une “valeur financière durable”, tout en ayant de véritables avantages pour les artistes. 

À commencer par la rémunération puisque 77% des bénéfices générés cette année-là ont été rédistribué aux artistes. Ceux-ci seraient même moins dépendants du streaming et plus à même de réaliser des ventes physiques (25,9% contre 16,4% pour le reste de l’industrie de la musique, selon l’IFPI) et de la synchronisation, soit l’utilisation de musique par des créations audiovisuelles (7,4% contre 2,2%, selon l’IFPI). De plus, les artistes signés par ces labels indépendants ont vu leurs abonnés sur Spotify augmenter de 44% entre 2023 et 2025. 

Des structures plus inclusives

Ainsi, ces labels indépendants auraient un avantage sur le développement des carrières des artistes, leur permettant à la fois de se démarquer des plateformes saturées par les nouveautés musicales et de fédérer des communautés prêtes à investir dans des objets physiques tels que les vinyles ou les CDs. 

Mais, les avantages ne bénéficient pas uniquement aux artistes mais également aux employés de ces labels. Selon le rapport, ils seraient 83% à “bénéficier d’avantages sociaux” dans “un secteur où la précarité de l’emploi est courante”. De plus, les labels indépendants seraient plus inclusifs, 31,5% des postes de direction seraient occupés par des femmes contre 13,2% pour le reste de l’industrie. 

Une étude en trompe l’oeil ?

Pour Patrick Clifton, directeur exécutif de l’ORCA, le rapport montre qu’ “une vision à long terme, le développement d’un artiste au fil du temps, la prise de risques créatifs et l’émergence de nouveaux sons qui façonnent l’industrie musicale” a des retombées positives et durables à la fois pour les artistes et pour les labels. 

Soulignons tout de même que ce rapport n’est pas représentatif de l’intégralité de l’écosystème des labels indépendants. Il ne se concentre que sur les données de neuf labels à la renommée internationale et provenant uniquement des continents nord-américain et européen. Dans le numéro 179, Tsugi racontait à travers quatre témoignages l’économie fragile des labels indépendants.