Les beaux jours commencent à débarquer dans nos vies, et les sorties de la semaine sont là pour les accompagner ! Au programme, le retour aux sources de Modeselektor, la compilation caritative de War Childs Records, les dessins animés préférés de Flying Lotus, la technique du master DJ Pone, l’île artificielle de 15 15, la pop dystopique de FRAUDE, l’énergie punk de Catchy Péril et la spiritualité détonnante de Gildaa.
Modeselektor – Classics Vol. 1 (We tried hard and failed again… enjoy!)
Modeselektor vient de dévoilerClassics Vol. 1 (We tried hard and failed again … enjoy!). Une chose est sûre : ils ne sont pas fachés avec la nostalgie. Pour ce disque, le duo a choisi de dépoussiérer ses vieux ordinateurs Apple — encore sous macOS9, système d’exploitation développé à l’aube des années 2000, c’est pour dire le niveau d’anthologie — et de retrouver les enregistrements de leur album Happy Birthday, sorti en 2007.
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Ainsi, le morceau “The Black Block” devient “Blockchain”, une version techno plus brute que la précédente. Les titres IDM sont toujours plus immersifs, à l’image de “Blessed Speed” ou “Z-line”. Mention spéciale à “This Track Kills Fascism”, et sa double ambiance cathartique.
War Childs Records – HELP(2)
Il y a deux jours, un nouveau communiqué de l’UNICEF indiquait que “sept enfants ont été tués, et 28 autres blessés au cours des dernières 24 heures dans le cadre de l’escalade des hostilités au Liban”. Les enfants sont les premières victimes collatérales des guerres. L’association War Child International a décidé, 30 ans après sa première compilation, de réitérer l’exercice. L’ensemble des bénéfices de HELP(2) sera reversé à l’organisme qui œuvre pour la protection des enfants en temps de guerre.
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Une trentaine d’artistes ont répondu présents. Parmi eux, le retour d’Arctic Monkeys. Mais aussi Kae Tempest, The Last Dinner Party ou encore Damon Albarn. On s’arrête volontiers sur “Nothing I Could Hide”, performance poignante de la chanteuse Arlo Parks, ou la reprise du morceau de Sinéad O’Connor, “Black Boys on Mopeds” par le groupe Fontaines D.C — et dont le texte n’a jamais été aussi d’actualité.
Flying Lotus – BIG MAMA
De Kamasi Washington au groupe Hiatus Kayobe, en passant par Thundercat, le label de Flying Lotus Brainfeeder est devenu, en 20 ans, un terrain d’expérimentations de premier choix. Désormais, c’est à son tour de se tester lui-même avec BIG MAMA, première sortie officielle sur son propre label, après des années de sorties chez Warp.
Le résultat : des échantillons breakcore et IDM, d’une durée de 15 secondes chacun, fusionnés ensemble pour donner des morceaux comme “CAPTAIN KERNEL” ou “IN THE FOREST – DAY”. On a même le droit à une version sans interruptions de l’EP, puis qu’il est devenu la bande-son d’un film réalisé pour l’occasion en stop motion, par le duo Rymdrelage.
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Le disque représente avant-tout une odyssée animée. Nostalgique de l’époque Nickelodeon des années 1990 (notamment le studio d’animation Spümcø, qui réalisait de nombreux dessins animés pour la chaîne, comme Ren & Stimpy) le producteur a demandé à Christopher Ian Macfarlane, dessinateur de personnages de cartoon, d’illustrer sa pochette. On retrouve aussi l’influence des Simpsons, dont l’artiste est un fan de la première heure.
DJ Pone – Bass Culture
Trente ans de carrière au compteur et un retour à la case départ et à l’amour de la mixtape pour DJ Pone. Avec Bass Culture, le Parisien se fait manifestement plaisir : 10 titres (dont une intro et quatre interludes) expédiés en 19 minutes où pointe tout son art du collage sonore. Sans jamais affoler le compteur de BPM ni verser dans l’abstract, Pone évolue sur une ligne de crête : être parfait techniquement sans virer à la démonstration et oublier la musicalité. Le parfum des premiers DJ Shadow flotte dans l’air.
Chronique à retrouver dans le Tsugi numéro 186
15 15 – Mārara
Mãrara est la terre que des pêcheurs auraient trouvée après avoir écouté les murmures d’un coquillage, alors que leurs familles mourraient de faim. En voulant trouver quelques poissons, ils sortèrent une île de l’eau. Une légende que le groupe 15 15 a façonné de toute pièce. Un faux havre de paix qui a donné le nom de l’album, Mārara. Composé de trois parisiens, Julia, Marvin, Robin, et deux tahitiens, Tsi Min et Ennio, le quintet a travaillé sur divers projets, avant de sortir un premier disque sous leur nom actuel, Nevaneva, en 2018.
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Leur univers s’est façonné, et la volonté de chanter en anglais, en français puis en tahitien est restée intacte. Depuis leurs premiers EP, le but reste de créer toute une mythologie au travers de leur musique et de leurs influences. Toutes ces histoires sont portées par le dancehall et le rap d’un “Take Off Late”, ou le folk d’un “Queen’s Goodbye”. Les interludes laissent la place au hīmene et au ūtē, chants traditionnels tahitiens. En français, on dit que c’est un voyage qui vaut le détour.
Le portrait de 15 15 par Angèle Chatelier est à retrouver dans le Tsugi numéro 186
FRAUDE – Dose 01
Lorsque le consumérisme bat de l’aile, FRAUDE décide d’enfiler son meilleur costume-cravate pour affronter le désenchantement de notre planète. Dose 01 est la toute première injection du trio, mêlant influences metal du premier, musique expérimentale du second, scène drag et cabaret burlesque du côté du chanteur.
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Pour tout avouer, ce projet de cinq titres s’écoute trop rapidement. Lorsque cette pop dystopique et industrielle se dissémine dans votre sang, des inspirations de Dépêche Mode, de Nine Inch Nails, ou de Sexy Sushi vous sembleront étrangement familières. Pour cela, écoutez “Happily Ever After” ou “Ride to Hell”, vous comprendrez.
Catchy Péril – Catchy
Catchy Péril, c’est une musique hyper captivante, profondément punk et qui sonne ultra bien, à l’image du nom du groupe. Mais bien sûr, lorsqu’on entend les premières notes de “I like it hard”, on n’oublie pas leur côté glam rock et aussi synthwave sur “Epilepsie”.
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Catchy, c’est le nom de leur deuxième disque, et ça aussi, ça sonne plutôt bien, lorsque l’on voit ce que les quatre musiciens ont à nous proposer. Terminées les sonorités disco du premier disque, par contre, on pousse à fond le côté psyché’. Il y a comme de l’”Electricity” dans l’air, vous ne trouvez pas ?
Gildaa – Gildaa
Petit disclaimer : préparez-vous à entrer dans la peau de Gildaa, alter ego de Camille Constantin Da Silva. L’artiste est née en 1994 d’une mère chanteuse de jazz et d’un père percussionniste, entre Paris et Rio. Et il y a Gildaa, née quelques année après, qui narre les histoires de sa famille. Dans une interview pour le média La Face B, la musicienne explique que Gildaa “se réincarne depuis sept générations, toujours à peu près au même moment […] Et là, j’ai la sensation qu’on est toutes les deux ensemble et qu’on s’entraide”. Quatre ans de recherche après des études de théâtre et de clown, pour parvenir à ce premier album, Gildaa.
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“Vela Velha” nous emmène sur les traces de son arrière-grand-mère Teresa, infirmière en hôpital psychiatrique, et pratiquante des rites vaudou au Brésil. Le titre “Alma Gemea” nous transporte, lui, par sa voix et les cordes de sa Kora, instrument originaire du Mali. “Pensées diluviennes” nous surprend par ses textes mêlant le français et le yorùbá. Sur scène, il paraît que les deux entités ne font qu’une. Une prestation qui risque de vous chambouler pour les sept vies à venir.






















































