On espère que ce 27 mars 2026 restera gravé dans les mémoires. Cette semaine, on écoute la musique club inclassable de Fcukers, la pop électronique de Robyn, le post-club de Nene H, la pop Motown de Raye, la techno mentale de Molécule, le sampling de Lord Funk et la dream pop du duo Pirogue.
Fcukers – Ö
Se réapproprier la musique de ses aînés, c’est finalement un peu ce que tous les artistes font. Mais il y a une marge entre le faire de façon presque mécanique, calculée ou de façon spontanée, tel celui qui fouille dans le bac à vinyles de ses parents ou d’un disquaire, et qui a l’impression, en tombant sur un disque écouté par des millions de personnes avant lui, d’exhumer quelque chose de rare et inédit, mais peu importe, car seule compte l’excitation de la découverte.
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Un enthousiasme, une spontanéité, que l’on retrouve clairement dans le premier album de Fcukers, dont la musique, très années 1990, dégage paradoxalement quelque chose de très frais. (…)
Par Gérome Darmendrail (lire la suite dans le Tsugi Magazine n°186)
Robyn – Sexistencial
Le ton est donné dès la pochette : Robyn nue (et un peu floue !), les bras en l’air, affiche un sourire orgasmique. Le premier album depuis 2018 de la chanteuse de “Dancing On My Own” est un concentré de plaisir en neuf chansons.
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Dans Sexistential, Robyn rappe sur un beat entre house de Chicago et R&B. Interrogée par son médecin sur qui elle aimerait comme donneur pour sa PMA, elle révèle dans les paroles : « Well, Adam Driver always did kinda give me a boner. » L’air de rien, souligner qu’une femme de plus de 40 ans peut désirer, être désirée, élever seule son enfant et être une star internationale est en soi une affirmation puissante et bienvenue. (…)
Par Antoine Dabrowski (lire la suite dans le Tsugi Magazine n°186)
Nene H – Second Skin
Conçu durant une période de rupture amoureuse, Second Skin s’est dessiné au fil de cette période de reconstruction. Rédempteur, quasi-prophétique, ce disque neuf titres représente chez Nene H, son talent à soigner, en musique, ses maux et ses crises existentielles. Alors, comme lors de son premier long format Ali, rendant hommage à son père, la productrice continue son travail d’émancipation, où les idées se transforment en son brut, de la future bass à la techno.
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Si “Where was i” reprend les schémas ambient du premier album, la suite se déconstruit petit à petit, au fil des kicks et des snares, comme sur “Deliverance”, titre club puisant dans des sonorités d’Asie du Sud-Est.
Raye – THIS MUSIC MAY CONTAIN HOPE
La sextuple gagnante des Brit Awards 2024 gravait son nom dans le marbre avec son album My 21 Century Blues. Un premier album qui mêlait influences pop, R&B, soul, trap, dance music autour de sujets assez lourds, comme l’emprise de son précédent label, ou les violences sexuelles. Raye est toujours emprise a autant d’anxiété, mais tente désormais d’y trouver le remède, avec THIS MUSIC MAY CONTAIN HOPE.
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Une dose allongée de bonne humeur, malgré la solitude qu’elle peut traverser dans sa vie, comme dans “I Will Overcome.”, où elle compare sa chute imminente à une nuit d’ivresse seule dans Paris. La solution serait peut-être sa musique pop, infusée des classiques du label Motown, notamment sur “Beware… The South London Lover Boy” ou sur “Goodbye Henry.”, sa collaboration avec la légende de la soul Al Green.
Molécule – A:R
Nos oreilles ne pouvaient être que ravies, lorsque le son “AAhh” sorti il y a quelques semaines, signait le retour d’une techno dont seul Molécule a le secret. Le producteur, après moult aventures parmi les raggaeman de Kingston (avec son album RE-201) et de field recording — enregistrement de terrain — avec des glaciers et des océans, revient vers des horizons plus mental avec A:R.
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Le disque fait écho à ses derniers moments passés entre la capitale française et Cancale, son lieu de résidence, au cœur du Pays de Saint-Malo. Un EP de cinq titres, où kicks et basses riment avec les marais salants et les sols limoneux des côtes bretonnes.
Lord Funk – More Orgasms
L’”Indiana Jones du Vinyle” comme on le surnommait dans le Tsugi Magazine n°180, présente More Orgasms. Un disque qui puise ses racines dans les tréfonds de la funk, du sampling de voix et de percussions. Lord Funk, qui a la réputation d’avoir abreuvé les plus gros producteurs américains, de DJ Premier à Kenny Dope, sait comment s’y prendre lorsqu’il faut manier les 33 tours avec précision.
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Il invite sur “First Crush” son compère de toujours, Guillaume Atlan (The Supermen Lovers) ainsi que la chanteuse Shahdo, au rythme de 15 échantillons de batteries qui se succèdent ardemment. On pense également à “Too Hot to Stop”, véritable hommage à la culture funk des années 1960.
Pirogue – Idésia
Qu’est-ce que cela donne lorsqu’on mélange la voix de Laurent Voulzy et la sensibilité d’un groupe comme Khruangbin ? Vous obtenez Pirogue, duo formé par Will et Paul. L’un est bercé par les disques de Pink Floyd et de My Bloody Valentine, tandis que l’autre se prend aux riffs de Jimi Hendrix, puis part étudier la musique au Berklee College of Music de Boston.
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Idésia, leur premier album, est une véritable ballade aux accents dream pop, notamment sur “Cavalière de l’aube”, où les rêves d’amour se confondent aux bruits des vagues. Un voyage langoureux, tantôt rythmé par des morceaux comme “L’île de la nuit” qui rappelle les sonorités d’un projet comme Moon Safari, du duo Air.

























































