HIstoire d’un club : le Tango, du bal musette au bal des travs…

Ce n’est ni une boîte branchée ni un lieu à la mode, on ne s’y mon­tre pas mais on s’y amuse. Tour à tour musette, gay, kitsch, afro, et par­fois un peu de tout ça à la fois, le Tan­go est à bien­tôt 120 ans un des tré­sors les mieux cachés de la nuit parisi­enne.

Ven­dre­di 13 juin 2014, dans la petite rue Au Maire, métro Arts‐et‐Métiers, au coeur de Lit­tle Wen­zhou, le plus vieux quarti­er chi­nois de Paris, une trentaine de per­son­nes fait la queue sur le trot­toir, l’ébriété légère. En ligne de mire, une étrange façade noire coif­fée d’un accordéon mul­ti­col­ore et des inscrip­tions “Tan­go, boîte à fris­sons”. Ce soir‐là, ce haut lieu du kitsch et de la vie noc­turne gay accueille le Bal des travs dont il n’est pas néces­saire d’expliquer le con­cept. À l’intérieur, hormis un fumoir flam­bant neuf, rien ne rat­tache l’endroit au XXIe siè­cle : piste de danse en bois entourée de nom­breuses ban­quettes rouges et petites tables, étroite scène devant mur mate­lassé, rideaux rouges, boule à facettes… La foule, encore clairsemée, est habitée de quelques répliques fidèles de Con­chi­ta Wurst, dont la vic­toire à l’Eurovision un mois plus tôt n’en finit plus de réjouir. Alors que le DJ passe un vieil Aman­da Lear, on dis­tingue un stand maquil­lage, où, démys­ti­fi­ca­tion totale, on décou­vre que ces créa­tures noc­turnes sont pour cer­taines chauves sous leurs per­ruques cha­toy­antes. Si dans les toi­lettes on dis­tribue gra­tu­ite­ment gel et lubri­fi­ant, l’ambiance est plus à la bonne humeur col­lec­tive qu’à la grasse drague. Le Tan­go cul­tive le kitsch comme garant d’un esprit bon enfant, qui en a fait depuis dix‐huit ans un lieu culte du gay Paris, antithèse des branchées Flash Cocotte ou Mort aux Jeunes. Du jeune post‐ado provin­cial en pleine éman­ci­pa­tion au vieux pédé désireux de s’encanailler, le Tan­go est un refuge, une dimen­sion par­al­lèle où le paraître passe après le reste et où l’on s’amuse sur de la var­iété française des cinquante dernières années, des pop­stars inter­na­tionales d’aujourd’hui et d’hier en oubliant tout souci d’épier le voisin.

UN LIEU GENIAL ET KITSCH

Mais le Tan­go, qui fêtera bien­tôt ses 120 ans, a vécu mille vies : danc­ing à boug­nats, musette pail­lette, rendez‐vous branché… L’une de ses épo­ques les plus flam­boy­antes est à met­tre au crédit d’un des saints patrons des branchés des années 80, Serge Kruger. Dandy punk touche‐à‐tout, anti­mondain précurseur de modes en tout genre, Kruger était, dans les années 70, l’aîné de la bande des Halles, un petit groupe de punks noc­turnes (qui comp­tait dans ses rangs Yves Adrien et Alain Pacadis, plumes fon­da­men­tales du jour­nal­isme rock). Son apparte­ment de la rue aux Ours où se déroulaient des soirées mémorables était l’un des épi­cen­tres du Paris under­ground de l’époque. En 1981, Kruger lança Radio Tchatch, sa radio pirate, où il tour­nait le dos au rock pour aller chercher avant tout le monde les per­les de ce que l’on n’appelle pas encore la “world music” : cumbia, musique haï­ti­enne, sal­sa… Son chemin jusqu’au Tan­go ne sera pas sans détours. “Une amie m’en avait par­lé comme d’un lieu musette génial et kitsch, genre ‘c’est moche donc c’est bien’, à l’opposé d’un endroit con­tem­po­rain qu’on aimerait au pre­mier degré”, racon­te au télé­phone Kruger, retiré à Bor­deaux depuis deux ans. 

À l’époque à Paris, le Palace, club mythique lancé par Fab­rice Emaer, est roi de la nuit. Mais la mode est fluc­tu­ante, et alerté par un vent défa­vor­able, Emaer fait appel à Kruger pour ani­mer les ven­dredis. “Une propo­si­tion inre­fus­able même si je n’étais pas équipé. À la radio je pas­sais des ban­des mag­né­tiques, des gens me prê­taient leurs col­lec­tions, je les enreg­is­trais et les leur rendais. J’ai demandé à Fab­rice de me pay­er ce que me coûterait d’emmener mes énormes mag­né­to­phones. Il me lance la soirée en grande pompe, le tout‐Paris chicos est là, bran­chouilles, min­istres, 3 000 per­son­nes. À la fin de chaque morceau, la salle entière lève les yeux vers ma cab­ine et applau­dit. Fab­rice m’invite à fêter ça au Sept (célèbre club‐restaurant de la rue Saint‐Anne dont Emaer est aus­si pro­prié­taire, ndlr) comme un prince qui vient offrir un grade aris­to­cra­tique à son vas­sal. C’était par­ti sur des roulettes.”

Mais l’idylle ne dur­era que quelques mois : le pub­lic vient pour du dis­co, Kruger les déroute avec ses musiques du monde. “Je demande un pan­neau pour que les gens com­pren­nent que s’ils veu­lent de la dis­co il faut aller au Priv­ilège, l’antenne privée et select au sous‐sol du Palace. Mon pan­neau ne vient pas, Fab­rice me dit que les clients se plaig­nent et tout s’arrête. Je reviens, curieux, le ven­dre­di suiv­ant et je vois ce pan­neau que j’avais réclamé et dans la cab­ine un pote à moi qui pavane en car­i­cat­u­rant mes musiques. Il pose les morceaux sim­ple­ment côte à côte alors que j’ai une règle, les morceaux doivent s’emboîter pour for­mer un paysage, comme les mots, qui sinon font juste un dic­tio­n­naire. Enragé, je demande à par­ler à Fab­rice, qui arrive, rougeaud et m’assure : ‘C’est moi qui vais lancer la sal­sa en France.’ C’en est trop pour le fier Kruger qui se sou­vient alors du fameux Tan­go. “J’y ai filé directe­ment, j’ai vu la vieille der­rière son bar, sans un chat, lui ai par­lé de ma radio et lui ai demandé quand on com­mençait. Elle m’a répon­du ‘ven­dre­di prochain’. Quand arrêterons‐nous ? ‘Quand ça ne marchera plus.’ En deux sec­on­des nous avions signé un genre de con­trat à vie.” Le pre­mier ven­dre­di Kruger fait une annonce sur Radio Tchatch sans se faire trop d’illusions. “Pour­tant ce soir‐là il y avait la queue, sur 500 mètres, à majorité des Noirs, une sur­prise totale.”

Le suc­cès se con­fir­mant, Kruger aban­donne son mag­né­to ampli­fié et se con­stitue une col­lec­tion de dis­ques pour finale­ment pren­dre d’assaut le Tan­go qua­tre soirs par semaine, pen­dant sept ans. Il y per­pétue l’exercice entamé sur Radio Tchatch, “ma musique était comme le pollen du monde, tel une abeille je ramas­sais les plus belles fleurs du monde pour en faire une gelée royale”. Et le temps n’a fait qu’amplifier la magie des sou­venirs. à la dif­férence de la pop­u­la­tion du Palace, le pub­lic du Tan­go est plus hétéro­clite. “C’est comme quand on peut aller au Viet­nam par exem­ple et qu’on voit des êtres d’une autre nature que la nôtre, en masse. Après quelques min­utes d’inquiétude, ça a été une fra­ter­nité totale. J’ai décou­vert la véri­ta­ble ami­tié, bien supérieure à celle de mes copains bran­chouilles de l’époque, qui étaient au fond des hyp­ocrites, se voulant des anti‐beaufs abso­lus alors qu’ils allaient devenir les pires incar­na­tions du genre, en fab­ri­quant du prêt‐à‐porter de luxe ou de la pub. Les ven­dredis et samedis soir au Tan­go, il y avait tou­jours 600 per­son­nes entassées par 40 degrés, c’était sub­lime, tout le monde dan­sait et riait, jamais une bagarre. Les quelques célébrités qui pas­saient fuyaient, l’endroit ne vous procu­rait aucune val­ori­sa­tion sociale, on n’était pas là pour se mon­tr­er.”

LES MECS DANSAIENT DANS LES COULOIRS

Le pub­lic se com­pose à 80 ou 90 % d’Africains, d’Antillais et de Lati­nos, peu enclins à con­som­mer au bar, au grand dés­espoir de la pro­prié­taire qui s’octroie la total­ité des chiffres du bar alors que Kruger se garde les ventes des tick­ets d’entrée. Le reste est com­posé de branchés qui ont suivi Kruger dans sa folle aven­ture. Et aus­si, à en croire Kruger, d’une nuée de femmes. “Quand je par­tais à 6 heures j’avais tou­jours le choix entre quelques divines fiancées qui m’attendaient, jalous­es à se deman­der qui l’emporterait.” Jan­i­na, une habituée du Tan­go à l’époque, se sou­vient. “C’était com­plète­ment dif­férent des autres boîtes. Ce qui mar­quait en pre­mier c’était la chaleur. Dès qu’on arrivait, on était en nage. Il y avait tou­jours un monde fou, une piste de danse pleine. La pop­u­la­tion était plus lati­no et black, c’était beau­coup moins cosy et chic qu’ailleurs. Et Kruger était pour moi un des plus beaux hommes de la Terre, j’avais le béguin, il dan­sait incroy­able­ment bien, sen­suel, fasci­nant et il était tou­jours avenant, con­nais­sait les habitués. Mais il m’intimidait, tou­jours entouré des plus belles filles du monde, toutes voulaient couch­er avec lui. Nous, on s’agitait des heures durant sur des dans­es sud‐américaines effrénées avec des Blacks trop beaux qui nous bran­chaient, nos copines et moi étions émoustil­lées, on y allait tou­jours avec une exci­ta­tion cer­taine. La lib­erté sex­uelle était plus grande à l’époque : c’était une boîte dont on repar­tait sou­vent accom­pa­g­né (rires).”

 

Après sept années de bon­heur com­plet, la pro­prié­taire annonce à Kruger qu’elle vend l’immeuble. Une vraie douche froide pour celui qui avait entre‐temps aban­don­né ses autres activ­ités (une mar­que de fringues et un mag­a­sin de hi‐fi, King Music, avec le futur créa­teur de Sur­couf Olivi­er Dewavrin). En atten­dant que la vente se fasse, Kruger con­fie l’animation de ses soirées au Tan­go à d’autres et se met en quête d’un club à lui. Il trou­ve Le Canal, 1 000 mètres car­rés près du métro Stal­in­grad. Deux ans de négo­ci­a­tions pour le per­mis de con­stru­ire, de “ban­quiers véreux et de faux entre­pre­neurs”avant que le bâti­ment ne brûle quelques semaines avant son ouver­ture. La pro­prié­taire du Tan­go lui pro­pose de repren­dre ses soirées, il est trop abat­tu. Neuf ans après ses débuts, il se sépare défini­tive­ment du Tan­go et se voit refiler les rênes du Moloko, à Pigalle, où il invente le con­cept de self‐DJ : le pub­lic choisit la musique qui passe via un juke­box. Un suc­cès, “mais j’avais sac­ri­fié ce que j’avais de plus beau, cette musique fab­uleuse que je maîtri­sais totale­ment. Alors je n’y foutais jamais les pieds, j’errais la nuit en Corvette avec mes musiques dans les oreilles.” Il appa­raît aujourd’hui que sans Kruger, sa radio Tchatch et son Tan­go, Nova n’aurait sans doute pas été celle qu’on con­naît. De Nova, juste­ment, et de son fon­da­teur, Jean‐François Bizot, Kruger garde des sou­venirs amers, loin de l’image que le fon­da­teur d’Actuel a lais­sé à la plu­part de ceux qui l’ont ren­con­tré. “Je l’ai con­nu alors qu’il n’était qu’un fils de mil­liar­daire. Il n’était pas accep­té dans notre bande de branchés, il en a dévelop­pé une amer­tume qu’il a traduite en allant s’installer rive gauche et en se lançant dans Mai‐68 mais nous doutions de sa sincérité. Puis il a com­mencé à pom­per lit­térale­ment un jour­nal améri­cain en lançant Actuel, il refu­sait de pub­li­er Yves Adrien ou Alain Pacadis. Je lui ai dit que c’était un tor­chon de hip­pie, il a envoyé des mecs pour me cass­er la gueule. Puis il a fait Nova, un truc douloureux parce qu’il y a par­fois un bon morceau, mais qui est générale­ment suivi par un hen­nisse­ment de cheval bran­chouille. Cette radio bobo pré­ten­tieuse m’a tou­jours insup­porté. Il était jaloux de Radio Tch­tach, il n’a jamais réus­si à avoir cette authen­tic­ité, cette alti­tude, je le dis sans for­fan­terie. Quand l’ancêtre du CSA a rayé Tchatch de la carte de la FM au milieu des années 80, je suis allé voir Jean‐François, qui avait sou­vent fréquen­té les fêtes que j’organisais chez moi, et je lui ai dit ‘es‐tu d’accord pour me pass­er une émis­sion d’une heure ou deux par semaine ?’. Il m’a demandé de pass­er un test, j’en rigole encore, j’ai fait une heure d’enchaînement, tous les mecs dan­saient dans les couloirs mais il m’a dit que ça n’allait pas être pos­si­ble : c’est hon­teux. Entre marins, quand il y a un naufragé, on le prend à bord.” Un point de vue auquel Jean– François Bizot n’est mal­heureuse­ment plus là pour répon­dre.

SURTOUT PAS DE TECHNO

Au départ défini­tif de Kruger en 1992, le Tan­go con­tin­ue à faire du Kruger, mais la pop­u­la­tion déserte le lieu et la clien­tèle noire aus­si. C’est en 1995 qu’Hervé Lat­apie, à l’époque pro­fesseur et activiste des caus­es LGBT décou­vre l’endroit. ”J’avais lancé l’idée d’un bal gay musette auprès du Cen­tre gay et les­bi­en où je mil­i­tais. La moitié des gens m’avait presque craché dessus, les autres, comme moi, en avaient ras le bol de la défer­lante tech­no et étaient heureux de renouer ave cette vieille tra­di­tion des bals inter­lopes. Au même moment se lançaient d’ailleurs le bal de l’Élysée Mont­martre ou les Fol­li­vores, l’envie d’une con­vivi­al­ité, de chan­son française, de musette, du ringard et du pas ringard, mais pas de tech­no.” En jan­vi­er 1995 se tient le pre­mier bal au Tan­go, l’association Gais Musette est créée et la soirée se déplace, du Bal­a­jo aux Folie’s Pigalle. En sep­tem­bre 1997, Lat­apie prend la direc­tion offi­cielle du Tan­go mais choisit de ne l’ouvrir que le week‐end. Il engage son pre­mier DJ en jan­vi­er 1998, jusqu’à aujourd’hui il n’y en aura que deux, les équipes du Tan­go ne bougent pas, alors que les généra­tions se suc­cè­dent dans le pub­lic. Un des pre­miers tracts des Gais Musette ren­seigne la philoso­phie du lieu. “Le Paris gay s’est uni­formisé, les déci­bels à out­rance, les fan­tasmes sur papi­er glacé et des formes de sec­tarisme : filles d’un côté, garçons de l’autre, plus de 35 ans non mus­clés non admis, inté­grisme musi­cal tech­no…” Le Tan­go sera pour les beaux et les moches, les branchés et les ringards, les gays et les les­bi­ennes… Le Tan­go ver­sion Lat­apie est en deux temps : de 22 h 30 à 0 h 30 les dans­es à deux, pop­u­la­tion moins nom­breuse, plus âgée, on passe d’un tan­go à une valse sur des musiques var­iées. À 0 h 30, le madi­son, dan­sé en ligne par un pub­lic appliqué, annonce le début du club, les lumières bais­sent. On danse sur Alizée, Dal­i­da ou Brit­ney Spears. Par­fois, le DJ s’autorise une rup­ture en pleine nuit, “une valse, Annie Cordy ou le sir­ta­ki. Ces moments de partage col­lec­tifs sont l’âme du lieu”

Pour les habitués, le Tan­go ce sont aus­si des créa­tures étranges, sim­ple cliente comme Jazz, nounou (le jour) trans, queue‐de‐cheval tirée, sac à main posé sur l’intérieur du coude qui hante les lieux et demande aux clients de la pren­dre en pho­tos devant le décor du lieu. C’est surtout Madame Hervé, per­son­nage d’entremetteuse cam­pé par Lat­apie lui‐même. “C’est par­ti d’une boutade : j’essaie d’être présent en salle, de met­tre en rap­port les gens, alors on m’appelle ‘l’entremetteuse’. Pour la Saint‐Valentin 2000, je me suis trav­es­ti et ça a été un tel suc­cès que j’étais pris au piège (rires). Je ne le fais plus que deux fois par mois, c’est pénible, je vieil­lis, il faut se maquiller, trou­ver des robes…” Pour coller à l’esprit bal, le Tan­go est ryth­mé par les soirées thé­ma­tiques : le bal des céli­bataires, où Madame Hervé joue les cupi­dons, le bal de la marine, le fameux bal des travs, les soirées effeuil­lage… “J’ai des sou­venirs impériss­ables, nous avions fait venir Mado, la grande drag queen du Québec, j’ai fait remon­ter sur scène Bam­bi en 2007”, on a même pu y crois­er Björk ou Sylvie Jolie, incog­ni­to.

BARRICADES ET THES DANSANTS

Aux débuts du Tan­go, Hervé s’était mis en tête d’organiser les jeud­is soir des con­certs d’accordéon. Le con­cept n’a pas pris mais le lieu en a gardé son sous‐titre offi­ciel, la “boîte à fris­sons”, nom qu’on don­nait à l’instrument dans les années 30. Autre échec, vite oublié, des bals auvergnats qui lui per­me­t­tront de ren­con­tr­er quelques vieux loups des musettes qui l’aident à combler les trous de l’histoire du Tan­go. Le lieu est né cabaret en 1725, à son niveau fut érigée une bar­ri­cade pen­dant la révo­lu­tion de 1848. L’endroit devint débit de bois­son, siège social d’une asso­ci­a­tion de musi­ciens auvergnats, dont l’un finit par trans­former le lieu en bal‐musette en 1896. La tra­di­tion musette per­dur­era jusqu’à nos jours, mal­gré les change­ments de pro­prié­taires, les trans­for­ma­tions du quarti­er (les très nom­breux autres bals ont tous dis­paru) et le pas­sage de Kruger.

Le coeur de mil­i­tant d’Hervé ne s’est pas dis­sous dans la nuit : les dimanch­es il laisse place à des asso­ci­a­tions qui y organ­isent des thés dansants. “Dès 1997 le Tan­go a aidé les asso­ci­a­tions LGBT non sub­ven­tion­nées à se faire un peu d’argent en organ­isant des événe­ments. C’est comme ça que sont apparus par exem­ple les pre­miers chars asso­ci­at­ifs à la Gay Pride.” Aujourd’hui le Tan­go per­dure et alors que le quarti­er a muté, la Boîte à fris­sons sem­ble figée dans le temps. Il est exacte­ment aujourd’hui ce que cette jeune femme décrivait à Kruger trente ans plus tôt : un lieu au kitsch assumé, où l’on se rend sans pavan­er, mais où l’on s’amuse sou­vent plus qu’ailleurs.

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