Le groupe new yorkais entamait sa tournée européenne à Paris au Bataclan. Un concert auquel Tsugi se devait d’assister. On vous raconte !
Geese est très attendu. C’est la première chose qu’il faut savoir en entrant dans ce Bataclan fourmillant de moustaches, de blousons en cuir et d’accents américains. Le groupe de rock aux inspirations blues et jazz new-yorkais, mené par le chanteur Cameron Winter, a sorti Getting Killed en septembre dernier. Et depuis, il se trimballe une certaine hype. Preuve en est, les billets des deux concerts parisiens ont été complètement sold out. Mais alors, Geese en live, est-ce que c’est bien ?

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Westside Cowboy : une première partie qui donne le ton
La soirée a débuté avec Westside Cowboy. Le quatuor indie rock de Manchester est arrivé à 20h pétante pour réaliser la première partie du concert. Quatre zikos aux dégaines d’adolescents, vêtus de t-shirts, venus défendre avec assurance leur statut de futur espoir du rock anglais et leurs deux EP, This Better Be Something Great et So Much Country ‘Til We Get There.
Pour les accompagner, des rideaux de velours bleu et des lumières kaléidoscopiques qui donnaient, avec le parquet de la salle du Bataclan, l’illusion d’être au concert du bal de fin d’année d’un lycée américain. Sensation renforcée par “I’ve Never Met Anyone I Thought I Could Really Love (Until I Met You)”, morceau aux accents nostalgiques pulsé par une énergie rock. Durant trente minute, le groupe a fait vibrer le public avec le cathartique “Strange Taxidermy” ou “Can’t See”. À la fin, ils se sont réunis à quatre autour d’un micro, remerciant la salle comble et fêtant un joyeux anniversaire à l’une de leurs amies.
File de toilettes autogérée et début de concert
Puis est venue la cacophonie de l’entracte. Avec un premier petit miracle : la file des toilettes autogérée pour les filles — en réalité les toilettes du Bataclan sont mixtes — allait plus vite que celle des garçons. De quoi égayer l’ambiance, entre analyse d’une part de ce mystérieux phénomène, réflexions d’Américaines qui découvrent la vie ou plutôt la France, “the toilets are so filthy” et un franchouillard qui en avait vraisemblablement marre d’attendre dans sa ligne, “izit a mix toïlet ?”.

Un condensé du meilleur (et du pire) de l’amitié franco-américaine avant que les très attendus — on ne cessera de le répéter — Geese arrivent. Le deuxième miracle est advenu à 21 heures. Cinq personnes débarquent sur scène. Une femme et quatre hommes. La plupart semblent excités, saluent le public, avant de se placer derrière leurs instruments : une basse, deux claviers, deux guitares, une batterie et un micro. Seul l’un d’entre eux semble plus raide que les autres, dans son monde, c’est Cameron Winter.
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Flegme et improvisation
Pourtant c’est lui qui lance le concert. Un “Bonsoir”, la batterie de Max Bassin qui s’affaire, la guitare d’Emily Green qui s’enclenche et Cameron Winter qui chante les paroles prophétiques de « Husbands » : “I’ll repeat what I say / But I’ll never explain”. La foule devient folle. Tout est résumé là. Le chanteur restera droit, grand, flegmatique, à jouer de sa guitare quand le public, lui, s’époumonera tant qu’il peut, connaissant les paroles par cœur. De ce pacte tacite entre le groupe, dans une forme de retenue et le public, dans une profusion de sentiments, naît une symbiose particulière. Énergie que l’on retrouve justement dans Getting Killed, album fait de chaos et de tension.
Mais revenons au concert. L’électricité de “Husbands” laisse place à “Getting Killed”. C’est là que la fête commence, que le public piétine et que la voix nasillarde de Cameron Winter s’emporte. Le morceau, à l’image des autres, laisse toute sa place à l’improvisation avec ces longues plages de guitare imaginées de façon très talentueuse par Emily Green. Tout le monde passe, objectivement, un très bon moment.
Etreintes et communion
Puis, saturations de guitare et riffs nerveux se font entendre. Les photographes sont poussés hors du crash. Pour cause, “100 Horses” enflamme le public qui se tempère ensuite lorsque arrive “Half Real”. Des grands gaillards se prennent dans les bras et quelques larmes coulent sur cette ballade pimpée de quelques vocalises et improvisations à la guitare. Cameron Winter est toujours droit, grand et magnétique.

Retour aux choses sérieuses, avec “2122”, le seul morceau avec “Cowboy Nudes” de leur précédent album 3D Countryà avoir été joué. Lumières rouges tapageuses, ruptures de rythme et pogos font rage dans la salle. De quoi pousser Cameron Winter à demander d’un français charmant “ça va” une fois le calme revenu, avant d’entamer “Cobra”. Un morceau où, encore une fois, le public chante à ne plus en pouvoir. Une communion qui se fera encore plus forte sur “Au pays du cocaïne”, tube de l’album joué un peu plus tard.
Rappel et fin
Mais le public en redemande, en veut plus. Alors le chanteur se place derrière le clavier. “Long Island City Here I Come” : le morceau que l’on attendait le plus. Une montée nerveuse, une voix chevrotante, une fièvre qui grimpe, et surtout une guitare qui s’éclate. Des gens se prennent pour des rockstars et se font porter par la foule. Les plus valeureux s’enfoncent dans la masse quand les autres s’en écartent soigneusement. C’est le bordel mais c’est la fin.

Geese part sous les applaudissements et une standing ovation puis revient pour un dernier rappel. Le riff langoureux de « Trinidad » se fait entendre, “There’s a bomb in my car” scande la foule. Cette fois-ci, c’est bien la fin.


























































































