Entre le 12 et le 15 février 2026, c’était la 13ème édition du festival Astropolis l’Hiver, la version qui compte peu de degrés, mais tout aussi caliente qu’Astropolis l’été. On y était, alors on vous raconte. Ça nous aura d’ailleurs permis d’éviter deux événements commerciaux : le vendredi 13 et la Saint-Valentin. Bien joué.
Oui, ce week-end c’était la Saint-Valentin. Mais ce week-end, à Brest, c’était surtout le théâtre d’un tout autre type de fête. Une fête pour les amoureuses et amoureux de musiques électroniques :Astropolis l’Hiver. C’est une version « on se les pèle un peu plus » du festival Astropolis — installé depuis 1995 —, mais toujours avec une programmation construite par et pour des passionnés. S’il manquait quelques degrés, ce ne sont pas moins de 45 artistes qui se sont occupés de réchauffer le cœur — et le corps — des festivaliers. Tsugi vous raconte deux jours de musique entre lives, DJ-sets, découvertes et redécouvertes.
Le live comme toile de fond
À peine le temps de poser nos valises que ça y est, nous nous retrouvons devant Le Fourneau, le Centre National des Arts de la Rue et de l’Espace Public, où prend place la soirée Factory 1. Depuis la rue, la musique vient attiser la curiosité des passants. C’est TSANGA qui vient de commencer son concert, le premier live d’une grande série pour cette 13ème édition d’Astropolis l’Hiver. Pendant une heure, le musicien nous a accueillis, guitare à la main, dans son univers surprenant mêlant pop, techno et new wave.
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Le lendemain, au tour de Technonsulting de prendre place sur cette scène, au plus proche du public. Les deux énergumènes en costard-cravate n’ont pas hésité à nous initier à leur « méthode techno » ultra corporate. Le but ? Offrir une session de consulting aux entreprises. Le tout ? Sur de gros kicks.
On l’aura compris, le live avait une place centrale cette année à Astropolis l’Hiver. D’autant plus quand la fête battait son plein. C’est ce qu’on a pu voir lors des deux soirées Bunker Palace, à La Carène. Ça a démarré fort avec le duo Cwtch qui, après avoir donné une masterclass de production l’après-midi, débarquait dans le club accompagné d’une ribambelle de machines. Évoluant également en solo sous leurs pseudonymes respectifs Fallen Tape et Pal Parallax, leur duo est représenté par DÔME, label défricheur d’Astropolis (qui vient d’ailleurs de sortir un disque Various Artists sur lequel Cwtch signe un morceau). Leur musique, à la croisée de nombreux genres — bass music, ambient, IDM, techno —, a fait vibrer le club.

De quoi chauffer le public avant l’arrivée d’un autre duo qu’on adore : Kaba & Hyas. L’un est rappeur, l’autre DJ et producteur et les deux nous ont prouvé que rap français sied à merveille au speed garage, à la bass music et au brekbeat. Pendant une heure, ils ont enchaîné leurs propres bangers —comme « Speed Up » ou encore « 4DAMOB » — Kaba s’est même autorisé une petite virée dans le public ! Le lendemain, au même endroit, nous assistions à un live survolté piloté par David Shaw and the Beat : guitares saturées, machines bien branchées, ambiance goth’, électro et new wave assurées.
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Mais on n’oubliera surtout pas de mentionner notre coup de cœur : Dylan Dylan. Celle qu’on a l’habitude de voir en DJ-set a surpris toute la foule avec son live. On a adoré danser sur ce savant mélange de house, de breakbeat, de bass, de techno et d’acid — mention spéciale pour le t-shirt « Viva Acid » qu’elle portait, ainsi que son morceau de closing house qu’elle a, d’un coup d’un seul, revisité en banger drum and bass. Un bien joli moment de fête.

L’art de clubber devant des DJs ultra éclectiques
La fête, l’art de clubber, ça passe aussi à travers le choix des DJs. Et cette année, on a été servis. Ça commençait fort le vendredi dans la Grande Carène avec une artiste DÔME, qu’on avait reçue chez Tsugi Radio dans l’émission d’Elona Prime : Topologies Sonores. On parle bien de Kanaille. Bien loin d’être nuisible, la DJ nous a offert un super moment de musique oscillant entre une multitude de genres de la house à la techno.
Elle a parfaitement ouvert la voie à Narciss qui a enchaîné les vinyles en passant également par tous les styles. La chaleur montait devant la scène de la Grande Carène, jusqu’à atteindre le climax pour accueillir le DJ MARRØN et sa techno hypnotique. S’il ne produit pas de musique, il sait parfaitement comment composer un DJ-set progressif pour le plus grand bonheur des festivalières et festivaliers. On aurait pu rester des heures. Entre-temps, on a été happés par le DJ-set ultra bien construit de Beatrice M. Pendant 1h30, iel nous a transportés à travers des tracks bass, dub, techno mais aussi ambient. En bref, une bande sonore parfaite pour danser en fermant les yeux.
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Le lendemain, difficile de choisir quel a été notre closing préféré. D’un côté, on avait la DJ originaire du Danemark Courtesy et son set complètement inspiré de la rave avec une sélecta de tracks acid house et UK garage. De l’autre, un b2b de plus de deux heures entre les iconiques CHLOÉ et Ivan Smagghe qui nous ont donné une leçon de techno très attendue de la part de nombreuses personnes dans le public. Bon ok, c’était clairement deux salles, deux ambiances, à la croisée entre deux générations d’artistes, mais, chez Tsugi, on adore ça.

Une super pause avec Superpoze
Enfin, entre tous ces moments de fête, on a pris une pause bien méritée à La Maison du Théâtre le samedi dans l’après-midi. Dans le bus, il y avait deux teams. Celles et ceux qui étaient excité(e)s d’inaugurer le nouveau Bus D pour aller à l’autre bout de la ville, puis celles et ceux qui faisaient le trajet pour voir Gabriel Legeleux, alias Superpoze. Sans grande surprise, nous étions de la deuxième équipe, même si le bus était super !
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En arrivant dans la salle remplie de sièges en velours rouge, on aperçoit la scène. En son centre, le cockpit que Superpoze s’est créé avec ses machines et claviers trône fièrement. Très vite, le compositeur arrive, prend le micro et raconte : « Pour l’anecdote, j’ai joué à Astropolis en 2013, sur le toit de La Carène », avant de nous souhaiter de passer un bon moment. Et c’est parti, pendant une heure, nous avons pu le voir interpréter son dernier album, Siècle qu’on a adoré chez Tsugi, en live. On doit avouer qu’on s’est pris une claque tant le disque est intense et cinématographique. Trigger warning : son morceau « Obsession » porte extrêmement bien son nom.

Et c’est ainsi qu’on termine ce live report, sur ce beau moment. Évidemment, on ne peut parler d’Astropolis l’Hiver sans mentionner qu’il s’agit d’une fête intergénérationnelle. Voir autant de personnes, de tout âge, célébrer les musiques électroniques, ça n’a pas de prix. On recommence l’année prochaine ?

























































































