Sortez les fleurs et les écouteurs. À la veille de la Saint-Valentin, Tsugi livre ses albums de la semaine. Ce vendredi, on écoute la bande originale de Charli XCX, l’hyperpop de Danny L Harle, la techno remplie de basses de DJ Physical, la folk pop de Ásgeir, la techno hardgroove de ANNĒ et Sera J, la soul de Chet Faker puis le rap de Ledbyher.

Charli XCX – Wuthering Heights

Frustrant Wuthering Heights. Au premier abord, il y a eu l’illusion. “House” en collaboration avec John Cale, ou encore “Wall of Sound” dessinaient les contours d’une bande originale gothique et pop, la promesse d’un savoureux mélange entre sonorités stridentes et mélodies autotunées.

Ensuite, est venue la réalité. Finalement, la BO du film Hurlevent d’Emerald Fennell est placide et mielleuse, composée de titres oubliables, à l’image de “Dying for You” ou encore de “Seeing Things”. On finit par se consoler (ou ronger notre frein) avec “Funny Mouth”, dernier morceau du projet et esquisse de ce que l’on aurait aimé entendre. 

Danny L Harle – Cerulean

Avec Cerulean, Danny L Harle livre sur le label XL Recordings son premier “véritable” album studio, the “big one” selon ses propres dires. Le projet du cofondateur de PC Music convie un casting XXL. On retrouve, entre autres, PinkPantheress qui déroule sur “Starlight”, titre aux accents gabber, Oklou et MNEK alliés sur le titre aux sonorités house “Crystallise My Tears” et Caroline Polachek, fidèle collaboratrice du producteur, apportant sa voix cristalline sur “Azimuth” et “On & On”.

Danny L Harle n’oublie pas de s’illustrer en solo, explorant les profondeurs avec “Teardrop in the Ocean” ou “O Now Am I Truly Lost”.

DJ Physical – Pernel 

Deux ans après avoir sorti Hack Me I’m Famous avec Olympe4000, projet qui avait beaucoup plu à la rédaction de Tsugi, DJ Physical livre son nouvel album Pernel. La recrue de Steer Management, label du DJ Trym, mélange techno, garage et breakbeat pour un résultat bouncy à l’image de Down the Alley et de Slim Ace”, ou encore hypnotique sur “Too Lit To Quit” avec DJ Bigspin. Le producteur fêtera la sortie de son album au Badaboum — où il est résident —, ce samedi, en compagnie de Special Request et de Anaco.

Ásgeir – Julia

Cela fait douze ans que Ásgeir s’impose, album après album, sur la scène musicale pop-folk. Pourtant, c’est sur Julia que l’Islandais chante, pour la première fois, ses propres textes et non la poésie de son père, Einar Georg Einarsson. Le tout donne un ensemble vulnérable et délicat marqué par la silhouette fantomatique d’un ancien amour auquel le producteur semble s’adresser tout du long. Un projet à l’ambiance nostalgique qui mélange productions acoustiques et pulsions synthétiques à l’image de “Universe”, berceuse enroulée de nappes électroniques. 

ANNĒ & Sera J – Symbiosis III

ANNĒ et Sera J reviennent avec le troisième volume de leur série Symbiosis commencée en 2023 sur le label allemand Mutual Rytm. Encore une fois, pas de morceaux en commun de la part du duo grec de techno, mais deux mondes évoluant en harmonie, l’un à côté de l’autre. Coup de cœur pour “Dementia”, fusion de boucles hypnotisantes et de pulsions acid, “A Taste of a Real Woman”, titre sensuel aux sonorités old school ou encore “Similar Minds”, hardgroove implacable. 

Chet Faker – A Love For Strangers 

L’interprète et compositeur australien revient cinq ans après son dernier album original Hotel Surrender. Sur A Love For Strangers, il chante l’amour perdu, alternant morceaux avec rythmiques breakés et sonorités analogiques (“1000 Ways” ou “Far Side of the Moon”), mais aussi morceaux plus acoustiques, au piano (“Can You Swim?”), au saxophone (“Remember Me”) ou encore à la guitare (“Inefficient Love”). L’ensemble, mélancolique, mais réconfortant, consolera les cœurs tristes, surtout grâce à “The Thing About Nothing”, ballade lumineuse accompagnée de la voix éthérée de aLex vs aLex.

Ledbyher – The Elephant 

La nouvelle pépite de la scène rap undergroud londonienne dévoile l’EP The Elephant. Dans ce disque éclectique, les basses saturées côtoient des productions scratchées, des rythmiques jersey ou encore des sonorités hyperpop. Un mélange des genres où Ledbyher navigue avec naturel et facilité accompagnée sur “YU” par son acolyte irlandaise Biig Piig et sur “THE SAME” par le rappeur 5EB.