Un album, deux avis. Aujourd’hui sur le ring, le nouvel album de Black Dice, Mod Prog Sic. Fight !Â
Chronique issue du Tsugi 144 : Voyage sur la planète ambient, disponible en kiosque et à la commande en ligne.

Benoît Carretier

Je rebondis d’autant plus volontiers sur tes mots, mon cher collègue et néanmoins ami, que je suis d’accord avec toi. Effectivement, Black Dice «a mis de l’eau dans son bruit ». Je suis aussi d’accord avec ton utilisation (par défaut) du terme «pop» (certains utilisent le terme «avant-pop» pour qualifier ce courant pop d’avant-garde, mais on ne va pas se lancer dans une guerre sémantique). Avec Animal Collective et d’autres, Black Dice fait partie de ces groupes (que nous avons souvent défendus à Tsugi) qui tentent de renouveler le genre pour l’amener ailleurs, le régénérer et on sait à quel point ces expérimentations réputées inaudibles finissent toujours par nourrir des productions autrement plus populaires. Le problème commence quand j’écoute le disque. Est-ce par lassitude ou mauvaise humeur que ces «beats hip-hop qui tournent au ralenti, basses déformées qui occupent tout l’espace, convulsions rythmiques, bribes de vocaux absurdes » me semblent aujourd’hui franchement pénibles ? Black Dice a beau se faire moins extrême et plus abordable sur cet album, ses cavalcades bruitistes me paraissent aussi crispantes que dépassées. Je dis cela en ayant conscience qu’en d’autres temps (ou d’une autre humeur) j’aurais été beaucoup moins sévère. Mais comme tu le rappelles toi-même, c’est leur septième album et cela fait vingt ans qu’ils «déconstruisent » la pop. En clair, j’ai l’impression d’avoir entendu ça cent fois et j’en ai marre. Désolé. Bon, après, ce n’est que mon avis et je ne veux dégoûter personne d’un groupe dont les ambitions me semblent tourner méchamment en rond.
Alexis Bernier
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