Avant-dernière date d’une mini-tournée européenne passée par la Belgique, les Pays-Bas et l’Angleterre, le groupe belge se produisait à Paris salle Pleyel. Un live puissant et dansant, qui tenait autant du concert de rock que du DJ-set.

Par Gérome Darmendrail

À la fois Cerbère et Sisyphe. Inlassablement, le vigile revient avec sa petite lampe torche prier les gens de ne pas danser dans les allées. Immanquablement, d’autres reviennent, qui ne tiennent plus devant leur siège. Ils aimeraient bien rallier la petite fosse qui sépare la scène des premières places « orchestre », mais là encore, le vigile fait signe que non. C’est le seul inconvénient de la vénérable et superbe salle Pleyel quand elle accueille de la musique dansante : trop de sièges.

L’automne dernier, All Systems Are Lying promettait un album de rock sans guitares, mais le septième album de Soulwax offrait un peu plus que ça. Des riffs sans guitares, mais aussi des envolées acid, des mélodies pop, des basses disco, trait d’union limpide entre cultures club et rock. Une jonction encore plus palpable sur scène en ce vendredi soir.

Concert de rock ou DJ-set ?

Tournant le dos au public pour mieux mettre en avant les imposants contrôleurs en acier — signés Hackin’ Toys — qu’ils manipulent, les deux frères Dewaele sont accompagnés de leur fidèle bassiste Stefaan Van Leuven et de la chanteuse Leima Leyton. Mais surtout de trois batteurs, Igor Cavalera, Aurora Bennett et Blake Davies, installés en hauteur sur des échafaudages, véritables attractions d’un show qui ressemble autant à un concert de rock qu’à un DJ-set.

De la puissance, du groove, quelques passages un peu plus hypnotiques ou posés, mais pas de temps mort. Les morceaux, beaucoup issus du dernier album, de Any Minute Now et de Nite Versions, s’enchaînent pendant près d’une heure et demie sans pause, si ce n’est au bout d’une vingtaine de minutes pour une séquence un peu étonnante où une voix off explique de façon didactique le fonctionnement des contrôleurs.

Public bien habillé, mais prêt à se déhancher

Les frères Dewaele ne sont pas des bêtes de scène, et la voix de David, quand il se saisit du micro, manque parfois un peu de muscle, mais ces travers sont largement compensés par l’élégance du duo, de sa scénographie, et l’énergie qui se diffuse dans la salle. Le public, beaucoup de quadras qu’on imagine avoir découvert Soulwax à l’époque de 2manydjs, pas mal d’Anglais aussi, était d’ailleurs à cette image : bien habillé, parfois même chic, mais prêt à se déhancher sans réserve. Il a été servi, avec en peak time le toujours imparable « NY Excuse ». « Meilleur concert de 2026 ! », dira quelqu’un en sortant, non sans une pointe d’humour. Pourquoi pas ? Soulwax a déjà placé la barre très haute.