Juan Atkins, Kevin Saunderson et Derrick May (à droite) au Detroit Masonic Temple en 2017. ©PeRshGo

Le père de la techno Derrick May visé par des dizaines de témoignages d’agressions sexuelles 

Le pro­duc­teur et DJ améri­cain, l’un des trois pères fon­da­teurs de la tech­no de Detroit Der­rick May, est visé par plus d’une trentaine de témoignages regroupés par Michael James, ancien col­lab­o­ra­teur de l’artiste. Par­mi ces témoignages qui nar­rent des faits de vio­lences sex­uelles, cer­tains remon­tent aux années 1980. 

Le mou­ve­ment #MeToo con­tin­ue sa per­cée dans le monde de la musique élec­tron­ique : après Erick Moril­lo, c’est au tour de Der­rick May d’être au cœur d’une polémique l’ac­cu­sant d’a­gres­sions et har­cèle­ments sex­uels sur des dizaines de femmes. Con­sid­éré comme l’un des pères de la tech­no de Detroit (avec Kevin Saun­der­son et Juan Atkins), le DJ âgé de 57 ans se serait forgé tout au long de sa car­rière inter­na­tionale une répu­ta­tion de pré­da­teur sex­uel, passée sous silence jusqu’à aujour­d’hui : « Der­rick May a des his­toires venant de partout sur la planète. […] À chaque endroit où Der­rick May a été booké, quelqu’un a une his­toire con­cer­nant son incon­duite sex­uelle. »

À chaque endroit où Der­rick May a été booké, quelqu’un a une his­toire con­cer­nant son incon­duite sex­uelle.”

C’est ce qu’af­firme sur Face­book son ancien ami et col­lab­o­ra­teur Michael James, qui a pris le rôle de porte-parole des pré­sumées vic­times de Der­rick May : « Je porte depuis longtemps le poids de nom­breux témoignages de vio­ls de femmes com­mis par Der­rick May. Depuis que j’ai pub­lié pour la pre­mière fois à ce sujet le jour de Thanks­giv­ing 2019. Elles ont con­tin­ué à venir m’écrire comme je le postais tous les jours en jan­vi­er 2020, essayant de mon­tr­er au monde qui est vrai­ment Der­rick May », écrivait-il dans un de ses nom­breux posts Face­book dans lesquels il dénonce les crimes sex­uels qu’au­rait com­mis le DJ améri­cain depuis 40 ans, en relayant des témoignages. Michael James en aurait reçus une trentaine.

À cela s’a­joutent d’autres témoignages pub­liés par d’autres sources sur les réseaux soci­aux.

 

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L’av­o­cat de Der­rick May a nié toutes les accu­sa­tions, tax­ant Michael James de menteur. Cer­tains sou­ti­en­nent cette ver­sion, affir­mant qu’il s’ag­it d’un règle­ment de compte car Der­rick May ne l’au­rait pas crédité pour le morceau « Strings of Life », dont la par­tie instru­men­tale au piano a été com­posée par Michael James. Le con­cerné a quant à lui posté deux mes­sages sur Face­book. D’abord celui-ci, mar­di : « La jalousie engen­dre la haine, la haine engen­dre la colère, la colère engen­dre les men­songes, les men­songes engen­drent l’imbécile qui serait si téméraire de les utilis­er tous comme des out­ils pour attein­dre ses objec­tifs ! ». Puis un com­mu­niqué offi­ciel hier soir signé par son avo­cat, affir­mant que « ces déc­la­ra­tions sont man­i­feste­ment fauss­es, diffam­a­toires et cal­culées pour ruin­er la car­rière pro­fes­sion­nelle de Der­rick May. […] De plus, Der­rick May n’a jamais été arrêté, ni même con­tac­té dans le cadre d’enquêtes con­cer­nant des accu­sa­tions de crime, jamais. Michael James est motivé par les rede­vances qu’il pense être les siennes pour le morceau « Strings of Life » de Der­rick May. » (Voir le post entier en fin d’ar­ti­cle).

 

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La Paris Elec­tron­ic Week, qui se tien­dra les 24 et 25 sep­tem­bre, a préféré annuler l’in­ter­ven­tion de Der­rick May « en atten­dant un éclair­cisse­ment de la sit­u­a­tion ». L’évène­ment organ­ise par ailleurs une table ronde autour du sujet « Bal­ance ton corps : sor­tir les musiques élec­tron­iques des sys­tèmes de dom­i­na­tion », qui pour­ra être suiv­ie depuis Face­book en livestream. Un thème qui ne pou­vait trou­ver meilleur écho dans l’ac­tu­al­ité.

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