C’est vendredi, jour de sorties ! Aujourd’hui, on écoute la house de Daphni, la techno de UFO95, les explorations électroniques de Louen Poppé, le noise rock de Mandy, Indiana, l’electronica de Louise Roam, le rock d’Ulrika Spacek, la fast techno de MZA et l’expérimentale analogique de Hanna & Robbie.
Daphni – Butterfly
Une boucle de piano, une nappe baléarique, un sample disco appuyés par un beat house nerveux qui démarre sans attendre, les morceaux de Butterfly ont rarement besoin de plus de deux secondes pour se présenter et accrocher l’oreille, même si quelques titres plus sombres et hypnotiques dans la deuxième partie du disque peuvent nuancer ce constat.
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L’album aurait été pensé pour être joué dans un club en particulier, l’Open Ground, situé à Wuppertal, dans la Ruhr en Allemagne, terrain de jeu idéal pour l’artiste canadien, de taille moyenne et doté d’un sound system incroyable…
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Par Gérome Darmendrail
UFO95 – A Brutalist Dystopian Society vol.2
Dans les années 1950, le brutalisme est une utopie. L’utilisation brute du béton et l’absence d’ornements incarnent la reconstruction de la société, le désir de vérité émanant des populations après la Seconde Guerre Mondiale. Cette idée n’est plus.
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Tombés en désuétude, les grands bâtiments froids incarnent désormais une dystopie. Celle-ci est mise en musique en 2024 par UFO95 sur le projet A Brutalist Dystopian Society, et renouvelée aujourd’hui dans un deuxième volume, né, tout simplement, parce que l’ “inspiration ne s’est jamais vraiment arrêtée”. Ici, pas de fioriture, mais une techno froide et sombre sur “Resolution 1”, cinématographique et groovy à l’image de “Radiation”, déchaînée sur « Pulsation 2 ». Addictif.
Mandy, Indiana – URGH
On ne peut que sourire à l’écoute de “Sevastopol”. Qui aurait pour idée de commencer un album, qui déjà s’appelle URGH, par un morceau aussi criard, fabriqué de basses archisaturées et de voix surpitchées. En somme, de bruit.
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Les hurluberlus du jour s’appellent Mandy, Indiana, un groupe de noise rock fou portée par la Française Valentine Caulfield et ses compagnons anglais : le guitariste et producteur Scott Fair, le claviériste Simon Catling et le batteur Alex McDougall. De la musique qui va n’importe où, et qui ne nous tient absolument pas la main. Une vraie régalade, comme disent les jeunes.
Louise Roam – Là où passe la nuit
Il y a des alias qui se méritent. En 2015, Aurélie Mestres a choisi Louise Roam pour son projet d’electronica intimiste. Après trois EP, et en parallèle de ses musiques de films et créations visuelles, la voilà qui aboutit à un premier album auquel le terme d’errance (en anglais « roam ») colle parfaitement.
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Au-delà de la thématique nocturne, c’est bien son propre inconscient que la musicienne cherche à traverser, armée de quelques synthétiseurs, son piano, son violon et sa voix…
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Par Antoine Gailhanou
Louen Poppé – Parasites
“Microfibre” pose le ton avec ces bruits de liquide métamorphosés en lignes de basse. Parasites, du producteur Louen Poppé, est un EP qui transite entre deux mondes, d’un côté, une musique électronique douce et contemplative, de l’autre, un club qui n’est jamais très loin.
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C’est lui qu’on semble entrapercevoir derrière la flûte lancinante de “Gulp”, l’acid nostalgique de “Mum”, véritable pépite du projet, et le breakbeat de “Kwaak”. Le producteur d’origine bordelaise est accompagné sur ces quatre titres par Awir Leon et Sapphist Eye, auteur·ices de deux remixes.
Ulrika Spacek – EXPO
“Dans une ère d’hyperindividualisme, nous sommes fiers de dire que c’est notre effort le plus collectif” déclarait le groupe de rock à l’annonce de la sortie prochaine d’EXPO.
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Composé entre Londres et Stockholm, où est parti vivre Rhys Edward, le chanteur du groupe, ce quatrième album est un patchwork de guitares, de pads de batteries et de mélodies lancinantes. Coup de cœur pour “Build a Box Then Break It” et “Weights & Measures”, véritables réussites d’un album, dont l’ensemble est parfois un peu trop homogène.
MZA – A Little Bird Told Me
La productrice parisienne sort A Little Bird Told Me, son premier LP publié sur son nouveau label Z Series. On y retrouve ses influences trance et fast techno avec des morceaux aux rythmes rapides comme “Bite Me Softly” et “Rage Against The Clock”, puis des titres plus percussifs, ensorcelants portés par un univers sonore immersif, presque primitif.
On pense aux cris pulsés qui interviennent sur “Fast & Curious” et “Roots Run Deep” ou encore à la ligne de basse lancinante de “Heat Rising”.
Hanna & Robbie – Planet 42
Voilà une sortie que l’on avait manquée. Pas le temps pour les regrets, comme dirait l’autre, surtout que la vie, qui ne s’est jamais résumée à un vendredi de janvier, nous offre la possibilité d’une session de rattrapage. À l’ordre du jour, Planet 42, album du duo Hanna & Robbie, publié sur le label bordelais Grape City Records, fondé par Alpine DJ et Juniore.
Sonorités analogiques, guitares saturées, voix lancinantes : l’album prend son temps, emprunte au rock industriel en déroulant une ambiance mystique et menaçante avant de prendre le chemin du club sur l’acid “Spear Out” et le tourbillonnant “Gate 42”.

















































































