Nouvelles sorties en ce vendredi. Cette semaine, on écoute le R&B alternatif de James Blake, l’électronique de Alexis Taylor, le jazz de Flore Benguigui, la techno expérimentale de Polar Inertia, le rap de PHLP, la house de Rad&Co et la pop de Haute & Freddy.

James Blake – Trying Times

L’album de James Blake semble être un choix. Celui vers l’optimisme et la résilience (non, nous ne sommes pas à un séminaire de développement personnel). S’il commence de manière vulnérable avec de belles balades amoureuses aux subtiles modulations électroniques, à l’image de “I Had A Dream She Took My Hand”, il est complètement bouleversé en milieu d’album.

Le shift se situe précisément sur la deuxième partie du disque avec “Didn’t Come To Argue”. La voix de la chanteuse Monica Martin invitée sur le morceau se fait de plus en plus entendre. Comme si d’un coup le monologue amoureux s’ouvrait à l’autre. Alors James Blake crée une musique beaucoup plus enjouée à l’image du dansant “Rest of Your Life” et du breaké “Days Go By”. Sur celui-ci le chanteur le reconnaît “I can’t keep blaming you”. 

Alexis Taylor – Paris In The Spring

Il n’a pas fallu plus de deux écoutes pour que les doutes soient balayés et s’apercevoir qu’à 45 ans, Alexis Taylor avait enfin trouvé le truc. Ou retrouvé. Car son Paris In The Spring n’est pas loin d’être le meilleur disque que Hot Chip ait jamais sorti.

Voilà un album à la fois touchant et euphorisant, sans être forcément dansant, mais alternant dans un même souffle ballades électroniques et pop discoïsante, emprunts à la country et au dub – en témoigne cette étonnante et réussie reprise du classique des Stones “Wild Horses” façon reggae synthétique. (…)

Par Gérôme Darmendrail (lire la suite dans le Tsugi Magazine nº186)

Flore Benguigui & The Sensible Notes – i-330

En novembre 2024, Flore Benguigui expliquait son départ du groupe l’Impératrice et dénonçait auprès de Mediapart une pression, du sexisme ordinaire et des humiliations qui l’avaient impactée au point d’en perdre sa voix. Après avoir vécu cela, comment retrouver le plaisir et la passion de la musique ?

Peut-être en revenant vers son premier amour. Celui de Flore Benguigui est le jazz. Sur i-330 elle revisite à coups de synthés et de vocodeurs des standards du genre qui n’avaient plus été interprétés depuis les années 1930. La chanteuse modernise le genre tout en conservant son esprit puisque l’enregistrement a été fait entièrement en live, en seulement une semaine avec ses complices de la nouvelle formation The Sensible Notes

Polar Inertia – π

Avouons-le, π peut faire peur. Pas parce qu’il nous rappelle de mauvais souvenirs à l’école, mais plus par sa longueur. L’album dure 1h43 et certains morceaux durent plus de dix minutes. Pourtant une fois entrée dans cette quête, la dernière proposée par Polar Inertitia, entité on ne peut plus mystérieuse qui enchante la scène techno depuis 2011, impossible de vraiment en sortir.

Que ce soit grâce à la trance effrénée de “FRAME DRAGGING”, l’ambiance post-apocalyptique de “FLOATING MEMORY” ou la progression hypnotique de “SILENT MOTION”

PHLP – LUCAS

“Tous mes défauts dans un bocal, j’aimerais parfois les mettre”. PHLP entame de cette façon LUCAS, son premier album qui porte son prénom. Sur celui-ci, le rappeur a décidé de tout livrer, de la perte de sa mère (“MA VIE D’HIER” ) au regret de l’enfance qui n’existe plus (“SYCOMORE”) en passant par les filles qui lui ont brisé le coeur (“ADIEU L’AMOUR”).

Un disque qui montre de belles choses, d’une écriture imagée incisive à un travail de production très léché (“MAISON POSTURE”) même sur des morceaux aux accents pop (“JEU”). Chouette découverte. 

Rad&Co – Get Funky

Est-ce un rooftop à Marbella, une plage à Ibiza ou une penthouse à Saint-Tropez ? En tout cas, Rad&Co fait de la musique ensoleillée, une house qui, usons les grands mots, n’a pas peur du bonheur, ni de la luxuriance, surtout quand elle s’arme de voix soulful comme sur “Moving”.

Pour accompagner ce son décomplexé, le producteur convie également le rappeur Dredda et la chanteuse Palomae donnant un aspect dance et pop à l’EP. De quoi bien entamer le printemps. 

Haute & Freddy – Big Disgrace

L’un des duos les plus cool de la scène indie pop états-unienne sort son premier album Big Disgrace. La musique y est à l’image de cette pochette remplie de personnes et d’éléments : ornée, théâtrale et un tantinet too much. Dur parfois de s’y retrouver dans ce disque flirtant avec la pop des années 1980, la comédie musicale et la synthpop.

Mais dans ce mélange d’inspirations musicales, on passe tout de même un bon moment comme avec “Fields of Versailles”, tube aristo chantant avec ironie l’amour entre Louis XVI et Marie-Antoinette.