Face à l’anxiété que procure 2026, certains préfèrent s’imaginer en 2016. Profitons de cette tendance nostalgique pour nous replonger dans des albums sortis il y a dix ans tels que Grande Ville Records Vol.1, projet du collectif parisien mêlant R&B, musique électronique et rap français. 

La pochette de Grande Ville Records Vol.1 prête à sourire. Déjà, parce qu’il n’y a jamais eu de deuxième volume, contrairement à ce que son titre indique, et que sa couverture modeste, un collage flou de photos qui semble avoir été réalisé dans un bar, n’indique pas grand-chose qui vaille. 

Pourtant, réécouter cette mixtape, et les dix morceaux qui la composent, permet de se (re)plonger dans une émulation. Celle d’une scène parisienne à la croisée des chemins entre musique électronique, rap et chanson française. Un mélange d’artistes qui ne font pas la“même musique”, mais qui partagent une “vision commune” et qui “avance(nt) dans le même sens” comme l’explique Jimmy Whoo aux Inrockuptibles, à la sortie du projet. 

Grande Ville, studio et collectif

Le producteur de musique électronique fait partie des débuts. En 2012, il lance avec Fox et l’ingénieur du son Kezo le studio Grande Ville Records. Installé à Montreuil, il devient le terrain d’une partie de la scène rap francophone, Kekra, Prince Waly, 13 Block, et internationale, Drake, Skepta ou encore Lil Uzi Vert

En parallèle, le studio est aussi un collectif, composé de noms prometteurs. Il y a EDGE, la Cool Connexion, un duo formé des rappeurs Jazzy Bazz et Esso Luxueux, les chanteuses Bonnie Banane et Sabrina Bellaouel, les producteurs Loubenski, Monomite, Lonely Band et Johnny Ola ainsi que les fondateurs du studio, Kezo et Jimmy Whoo

Grande Ville, grandes connexions

Le 8 décembre 2016, sort Grande Ville Records Vol.1. Le projet est le reflet des différentes influences apportées par chacun des membres, un laboratoire à ciel ouvert où l’on retrouve musique électronique, pop-rock, inspiration R&B ou encore rap synthétique. Parmi les pépites de ce projet, “I Want You”, petit bijou romantique (un brin pleurnichard aussi, avouons-le), “Maboul” morceau pop entêtant, “Potion”, sensuelle concoction de Bonnie Banane et Kezo, “Got” du mystérieux Zürich. Si l’ensemble est hétérogène, à l’image de nombreux projets collectifs, il donne à voir ce que les artistes de Grande Ville sont capables de créer, et préfigure la suite.

En effet, il n’y aura pas de deuxième volume, l’entité montreuilloise ne s’affirmera plus sous son nom de collectif mais elle continuera à collaborer, à participer aux projets des uns et des autres, on pense entre autres à Nini de Bonnie Banane conçu avec Monomite, Private Club, album commun entre Esso Luxueux, Jazzy Bazz et EDGE, ou encore 220 du groupe The Hop. Elle s’insérera également auprès d’autres artistes : Myth SyzerIchon, Laylow ou encore Muddy Monk. Grande Ville Records Vol.1 est une trace sonore de cette effusion groupée, une archive réconfortante en ce début d’année 2026.