En ce week-end qui s’annonce bien ensoleillé, quoi de mieux que découvrir de nouveaux projets ? Attrapez votre enceinte et une petite boisson bien fraîche pour découvrir les sorties de la semaine. Au menu : la cold wave de u.r.trax, l’évolution sonore de Casablanca Drivers, le dark R&B de Lolo Zouaï, les pépites du label COD3 QR, la voix douce d’aupinard, le rock lumineux de Pop Crimes, les métamorphoses personnelles d’Egide, la talky trance de Liv del Estal et le chant de Gia Margaret.

u.r.trax – the party is where u.r 

De la batterie de son enfance aux algorithmes cold wave, u.r.trax a fait de la différence sur son terrain de jeu. Elle définit son style comme « 1 % de tout plein de trucs », où les sous-sols techno peuvent reprendre des codes de la pop.

Elle livre aujourd’hui the party is where u.r. sur le label Because Music. Conçu en mouvement, entre deux avions et des chambres d’hôtel, ce disque place sa voix au cœur d’un univers où le réel percute le digital. Fidèle à une philosophie du partage, elle convie BEA1991, LEGIT GIRL DJ, Petit, Sentimental Rave et Vladimir Dubyshkin pour décloisonner les genres. Avec cet opus, u.r.trax affirme une identité sensuelle et un goût pour la liberté.

Casablanca Drivers – Protocol

Un an seulement après leur dernier album, Tabloid, Casablanca Drivers fait son retour avec Protocol, un disque de dix titres qui marque une étape dans son évolution sonore. Pour franchir ce nouveau palier, la formation corse a choisi de s’entourer de figures bien connues de l’industrie avec le producteur Nit, qui remplace leur ancien producteur Max Baby sur ce projet, tandis que l’esthétique visuelle est confiée au réalisateur Alex Courtes, garant d’une identité graphique forte.

Ce changement de direction artistique permet au groupe d’affiner sa signature en plongeant plus profondément dans les textures électroniques, sans pour autant renier ses racines rock. Ce nouvel album a été taillé pour la scène. C’est d’ailleurs au Bus Palladium que le groupe viendra présenter Protocol lors d’une release party le 6 mai prochain.

Lolo Zouaï – Reverie

Après deux ans de silence et de métamorphose, Lolo Zouaï revient avec Reverie, un album en forme de réconciliation intime. Pour la première fois, l’artiste explore ses racines françaises et algériennes avec des sonorités R&B, hip-hop et des échos plus orientaux. Sa voix, naviguant entre français et anglais, guide le projet qui se veut introspectif.

En assumant sa triple identité — entre Paris, San Francisco et Alger —, elle délaisse les standards américains pour une création plus personnelle. Cette reconnexion avec la Francophonie se voit aussi à travers ses collaborations avec Dinos, Lous and the Yakuza et disiz. En bref,  Reverie dessine le portrait d’une artiste qui a décidé d’embrasser sa polyculture. Un récit nécessaire dans une époque qui a cruellement besoin de ce genre de pont.

COD3 QR (Various Artists) – [QR]D.114.AQRFR.26 

Laurent Garnier réunit la famille COD3 QR pour une nouvelle compilation digitale. Works Of Intent, activiste de la scène underground anglaise, ouvre le bal avec « Black Ribbon », un titre aux sonorités techno et pop. Il est suivi par le producteur français Jules Wells, habitué des labels de Détroit, qui signe ici le morceau  « Hey!! » . Le vétéran belge Marco Bailey, actif depuis le début des années 1990, complète ce début de projet avec « Dust on my Soul », un titre aux accents breakbeat.

Le disque explore ensuite différentes esthétiques : l’électro-tech de Madben, l’approche texturale du Bordelais Lois (FR), ainsi que les rythmes hypnotiques de Kmyle, qui intègre des mélodies légères sur « Attrape-rêves ». Enfin, Electric Rescue s’associe au rappeur Abd Al Malik et au violoncelliste Gaspar Claus pour « Les démons périodiques ». Ce morceau annonce l’album d’Electric Rescue prévu sur le label pour octobre prochain.

aupinard – spleen. Social Club

Entre bossa nova, R&B et jazz, aupinard impose un style encore trop peu exploré en France. Porté par une voix feutrée, au plus près du micro, voici son premier album : spleen. social club

Sur ce format de 12 titres, les drums dictent un tempo qui force le hochement de tête, même quand le spleen nous guette. Côté casting, aupinard a vu les choses en grand : on croise Ino Casablanca — clairement l’artiste du moment, un feat pas si étonnant quand on connaît le passif entre les deux artistes — mais aussi la voix lumineuse d’Anaïs Cardot et le R&B de Sonny Rave. En bref, aupinard prouve qu’il était enfin prêt pour ce premier album, une bande sonore idéale qui accompagnera vos soirées de printemps et d’été.

Pop Crimes – Bright Lights

Si le rock en 2026 peut sembler être un vestige du passé, Pop Crimes nous prouve le contraire. Ce quatuor parisien crée un espace de liberté où les tourments de l’âge adulte se transmutent en pop songs électriques. Après avoir posé des bases post-punk et garage avec un premier album en 2023, le groupe franchit une nouvelle étape avec Bright Lights.

Enregistré en live pour capturer l’énergie de l’instant, ce nouveau disque dévoile une facette plus lumineuse du groupe parisien. L’album se compose de ballades électriques aux accents britanniques. Pop Crimes navigue avec une aisance nouvelle, portée par un songwriting renforcé par l’expérience de la scène.

Egide – Correspondances

L’histoire d’Egide, c’est d’abord la fusion entre Judith, Antoine et Wilfrid. Après s’être fait remarquer en 2022 avec Daisy Danse, le trio est passé à la vitesse supérieure entre 2025 et 2026, lâchant des singles au compte-gouttes pour préparer le terrain de leur premier long format : Correspondances.

Bossé pendant trois ans, l’album explore leurs métamorphoses et ces fameux rendez-vous manqués qui façonnent une vie. Côté sonorités, le groupe s’est entouré de Julien Ribeill pour injecter une bonne dose de French Touch et de nu-disco dans leur indie rock synthétique. Egide est revenu avec un projet où l’émotion se vit forcément dans le mouvement.

Liv del Estal – Fragile Hardcore

Oubliez la candidate de télé-crochet sagement rangée : Liv del Estal a fait voler les étiquettes en éclats. Depuis ses premiers pas en 2020, la Franco-Argentine a opéré une transformation vers la scène électronique. La talky trance, un genre qu’elle a elle-même baptisé pour fusionner l’acide, la techno et l’eurodance dans une même musique.

Avec son nouvel EP Fragile Hardcore, elle dessine un paysage sonore hybride, entre la frénésie de la drum & bass et une mélancolie atmosphérique. C’est une musique qui peut paraître à la fois brute et vulnérable, faite pour les cœurs qui battent trop vite.

Gia Margaret – Singing

Après avoir été contrainte au silence par une blessure aux cordes vocales, Gia Margaret a repris le micro pour nous livrer Singing, son premier album vocal depuis 2018. Durant ses années de mutisme, l’artiste de Chicago s’est forgé un nouveau langage à travers l’ambient et le piano instrumental.

Pour ce disque, Gia Margaret s’est entourée de Guy Sigsworth et Sean Carey. L’album mélange des éléments variés, comme des chants grégoriens et des scratchs, tout en restant cohérent. Après une période de doute et un passage par la musique instrumentale, elle revient ici au chant. Ce détour semble avoir affiné son approche, permettant à sa voix de trouver une place plus juste au milieu de textures.