La seizième édition du festival de la Philharmonie de Paris ne laisse plus rien au hasard. Une bonne semaine de concerts, du 27 juin au 5 juillet prochains, où le raï rencontrera l’électro psychédélique, mais aussi l’oud (un instrument ancestral du Moyen-Orient), le rap ou l’hyperpop. Un événement de grande classe, à l’esprit profondément DIY. 

Ce n’est pas tous les jours que la Cité de la Musique ouvre son musée, ses salles de concerts, et son rooftop pour prolonger la fête une bonne partie de la nuit. On n’est pas sûrs que l’acoustique soit aussi ambitieuse que dans la grande salle Pierre Boulez, mais alterner les formats acoustiques, modulaires, analogiques dans un bâtiment de cette envergure, c’est la classe. Petit tour d’horizon de cette prochaine édition. 

Les soirées Club Days Off et leurs programmations ambitieuses

Le cinquième étage de la Philharmonie, habitué des réceptions cosy dans son grand salon, va devoir faire de la place pour accueillir clubbers et clubbeuses. Parce que ce n’est pas un, deux, mais trois DJ-sets qui sont prévus pour la première soirée Club Days Off, le 28 juin prochain. Au programme : Bianca Oblivion ramènera le clubbing de Los Angeles, empreint de ses propres influences baile funk, reggaeton et jersey club. Le collectif parisien Halfpipe Records viendra casser le break (oui, c’est un pléonasme) une nouvelle fois — et peut-être ses planches de skate. Naomi, animatrice de l’émission À L’Écoute sur Apple Music, résidente chez Rinse France et fondatrice de Naomi Radio nous fera le plaisir d’allier musiques électroniques et rap, avec des rythmiques afro-caribéennes et britanniques. 

Vous pensiez être au bout de vos surprises ? La seconde soirée du samedi 4 juillet promet un show hybride entre concerts et DJ-sets. La rappeuse Cortisa Star balancera ses barz dysphoniques, au rythme des alarmes drillesques et des basses sur-boostées. On continue notre odyssée numérique, avec le live de la productrice française ultra caro. Installée à Londres, elle revient pour exposer son univers lo-fi, saupoudré d’hyperpop — et d’hypers en tout genre. L’ovni finlandais Emma DJ nous fera le plaisir de terminer ce long travail plastique, en dénaturant l’atmosphère de la Cité de la Musique avec ses productions à l’acide hyaluronique — façon de parler — et sa technique abrasive de sampling. 

Mais aussi, des concerts uniques et inédits

Avant la nuit, il ne faut tout de même pas oublier de passer sa journée à se délecter de toute la magie sonore que nous offre le festival. Pete Doherty revient carrément jouer avec son groupe Babyshambles, inactif depuis presque 13 ans, dès l’ouverture du festival — après avoir reformé The Libertines, un plaisir de le voir en forme. Après cette mouvance punk, place à la rage de Uzi Freyja et Juste Shani, qui proposeront un concert rap à faire pâlir les aficionados de répertoire classique — ce qui est assez punk, finalement. 

Pendant que Sofiane Saidi se chargera de nous faire découvrir le raï dans toutes ses formes, et tou·tes ses représentant·es, de l’artiste Mohamed Lamouri aux DJs La Louuve et Hadj Sameer.Tomora, le néo-duo formé par la chanteuse AURORA et Tom Rowlands (moitié des Chemical Brothers) sera chargé de faire vibrer l’enceinte de la salle Pierre Boulez — ça promet d’être intense. On a hâte de rencontrer le génie DIY de Nourished By Time, et ses productions aux confins du R&B, du hip-hop expérimental et de la musique électronique, ainsi que les commères norvégiennes de Smerz, présentes le même soir, pour jouer leur pop expérimentale et éthérée. 

Et ce n’est pas tout, avec le chanteur belge d’origines égyptienne et libanaise Tamino, la folk américaine et solaire de Alela Diane, et beaucoup d’autres pépites, à retrouver sur le site du festival. Pour passer par la case billetterie ? C’est juste ici